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Voyage en foret amazonienne avec les Indiens Aymaras et Quechuas

Voyage en foret amazonienne avec les Indiens Aymaras et Quechuas

Pays magnifique, d’une incroyable biodiversité, la Bolivie abrite – comme huit autres pays d’Amérique du Sud – une partie de la forêt primaire d’Amazonie.

Porte d’entrée de l’Amazonie bolivienne, Rurrenabaque est située dans la province du Béni, ville dortoir sans aucun attrait. Les agences de tourisme y sont aussi nombreuses que les hôtels et proposent toutes de multiples formules de séjours vers la « Selva » ou les « Pampas ». Mais aucune ne vous proposera une immersion totale dans la forêt et l’univers des Indiens Aymaras et Quechuas comme l’Ecolodge de Chalalàn, qui pratique en outre un tourisme écologique et humain.

Descente sur le fleuve Béni

Le voyage commence au petit matin sur le Béni, fleuve large et puissant dans lequel un petit bateau à moteur pour six personnes lutte pour avancer. Sur les berges, les arbres rivalisent pour capter la lumière du soleil, tandis que leurs racines affleurent pour aller chercher l’eau du fleuve. Eux qui paraissent si solides sont en réalité bien fragiles et se couchent facilement en cas de forte tempête. La lutte est alors âpre, dans la forêt primaire, pour prendre la place du géant déraciné et se hisser vers la lumière.

Au mois de mai, des touches de couleur rose se distinguent dans les nuances de vert de la forêt: ce sont les fleurs des arbres de mai, qui ne fleurissent qu’à cette époque de l’année. Il est parfois possible de croiser un singe hurleur qui traverse le fleuve à la nage ou un jaguar venu se désaltérer, mais les voyageurs sont toujours accompagnés par des perroquets inséparables. Après un premier arrêt pour payer les droits d’entrée du parc Madidi, propriété de la communauté de Chalalàn, et un second pour faire une pause déjeuner, le voyage continue sur le fleuve Tuichi, plus étroit, sur les bords duquel se trouve l’Ecolodge.

La découverte de l’Ecolodge et de son lac

Lorsque le bateau s’arrête, rien n’est visible depuis la rive. Il faut encore marcher 30 minutes pour arriver au lodge. Des porteurs transportent les bagages des touristes, qui peuvent ainsi profiter à loisir de leurs premiers pas dans la Rain Forest. Puis, au bout du chemin de terre, c’est tout à coup l’émerveillement. Alors qu’une jeune fille s’approche pour offrir aux nouveaux arrivants un jus de fruit désaltérant, ceux-ci découvrent le lodge : des cabanes de bois très confortablement aménagées, au toit en feuilles de palmiers, entourées d’arbres fruitiers, près d’un immense lac d’eau douce. Tout a été entièrement construit avec les matériaux de la forêt que la communauté est seule autorisée à exploiter. L’électricité est produite à partir de l’énergie solaire et de l’eau du lac. L’eau utilisée pour les sanitaires et la cuisine est également recyclée.

La communauté, dont le village San José de Uchupiamonas se situe à trois heures de bateau supplémentaires en remontant le fleuve, est propriétaire du parc Madidi et en a l’entière gestion. C’est pour cela qu’il est intéressant de passer par son agence: elle est la seule à pouvoir vous emmener aussi profondément dans la forêt. Pour retenir leurs jeunes et leur offrir du travail, une raison de rester, les Indiens de Chalalàn ont décidé de se lancer dans le tourisme tout en protégeant leur patrimoine naturel et culturel. Le projet a commencé dans les années 1990 et ne cesse de prendre son essor. Tous les bénéfices reviennent à la communauté, qui investit dans l’Ecolodge autant que dans le village avec la construction de services nécessaires.

La forêt amazonienne et sa faune

Les journées s’écoulent entre de longues balades en forêt, la tête toujours levée vers la cime des arbres ou évoluent les singes hurleurs, les singes araignées aux longs bras et les adorables petits singes écureuils. On les entend arriver de loin avant de les voir, à la recherche de fruits dont ils sont très friands. N’étant pas chassés dans le parc, ils poussent l’audace jusqu’à venir se nourrir des fruits des arbres qui entourent les cabanes. Poussés par la curiosité, certains prendront le temps d’observer les observateurs du haut de leur perchoir – envahisseurs aujourd’hui respectueux de leur territoire -, tout en dévorant un fruit.

Il ne faut pas non plus négliger de regarder au sol : les fourmis coupeuses de feuilles dont les colonnes s’étendent sur des centaines de mètres, les fourmis rouges qui vivent en symbiose avec l’arbre du diable auquel on attachait autrefois les contrevenants à la loi de la communauté et les grandes fourmis guerrières noires dont la piqûre, douloureuse, soulage les douleurs d’arthrite. Au détour d’un chemin, il est possible de tomber nez-à-nez avec une famille de cochons sauvages. Mais les visiteurs ont plus de chance de les sentir et de les entendre que de les voir. Le jaguar, grande figure mythique de la forêt amazonienne, est bien sûr présent, mais il faudra être très chanceux pour le voir.

L’après-midi, après un délicieux et copieux repas puis une bonne sieste dans un hamac, les guides emmènent les visiteurs sur le lac pour se détendre et profiter paisiblement du spectacle de la nature. En fin de journée, des familles de singes se rassemblent sur les branches des arbres pour dormir et passer la nuit. Les caïmans, eux, se réveillent pour chasser, et les boas glissent le long des branches en quête de leur dîner tandis que le soleil se couche sur la cime des arbres.

Les plus courageux ressortiront la nuit pour rendre visite à une voisine peu sociable qui préfère ne sortir que le jour tombé et ne pas être dérangée. Elle habite à 50 mètres des cabanes, au pied d’un arbre, et ne montre ses pattes velues que si elle entend du bruit devant sa tanière, pensant qu’il s’agit d’un insecte. La tarentule fait peur car elle souffre d’une mauvaise réputation. Mais comme tous les habitants de cette forêt, elle ne veut que survivre, et la communauté de Chalalàn nous montre, s’il en fallait la preuve, que tous les habitants de cette planète peuvent cohabiter en bonne intelligence, dans le respect les uns des autres, à condition de le vouloir.

Pour information :

www.chalalan.com

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