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Visiter une eglise Le tourisme religieux un loisir parfois complique

Visiter une eglise Le tourisme religieux un loisir parfois complique

Souvent fermées faute de paroissiens, les églises de France, qui sont propriétés publiques, servent de plus en plus à des usages culturels.

En visite dans un village de la France profonde. Le soleil tape dur. Là-bas une petite église romane gentiment blottie entre les maisons. Merci Seigneur, de l’ombre ! Vous approchez : catastrophe, la porte est fermée ! Pas d’ombre, pas d’église, pas de visite… Sous le porche, une affichette indique les horaires des messes et en bas : “Pour la visite, demander la clé à Mme X. Troisème maison à gauche en montant”. Trop chaud. Que faire ?

Les églises, propriétés publiques

En France, une église ancienne (datant au moins d’avant la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905) est le plus souvent propriété de la commune et “affectée” au culte catholique. Les cathédrales sont propriétés de l’Etat. La commune (ou l’Etat) entretient le gros-œuvre et même un peu au-delà (chauffage, électricité…). Le reste est à la charge de l’affectataire, c’est à dire, dans la pratique, du diocèse.

C’est le curé qui dispose normalement de la clé de l’église. Mais étant donné le manque de prêtres et le nombre d’église dont chaque curé a la charge, la clé reste le plus souvent à la mairie ou chez la personne qui s’occupe de l’entretien.

La visite est libre et gratuite

Pas facile dans ces conditions, de faire le tour d’un petit bijou roman à la porte close. Alors si vous voulez visiter une église fermée, même si vous n’êtes pas porté sur la religion, résignez-vous, faites un effort et allez-y à l’heure de la messe ! Avant et après la cérémonie, vous aurez le loisir de faire votre petit tour.

D’après la loi de 1905 aucun droit de visite ne peut être perçu, excepté par la commune et uniquement pour la visite d’objets mobiliers classés abrités dans l’édifice. Il arrive pourtant de plus en plus souvent que l’accès aux édifices ou aux objets abrités soit payant, de manière plus ou moins détournée.

Par exemple, en Allier, le tryptique du maître de Moulins est accessible gratuitement dans une sacristie de la cathédrale… mais on vous suggère avec insistance de verser une obole laissée à votre discrétion. A Roquemaure (Gard) l’employée de mairie ne vous donnera la clé que contre un droit d’entrée fixe. Quand aux tours de Notre-Dame de Paris, essayez donc d’y monter sans payer !

Il y a donc des accommodements non seulement avec le ciel, mais surtout avec la terre, les communes et même l’Etat, qui trouvent bien lourd l’entretien d’églises où les fidèles sont rares mais qu’ils ne peuvent néanmoins utiliser pour autre chose que le culte.

La culture au secours du patrimoine religieux

Mais là aussi, il y a un peu de jeu dans la règle : Bien que les églises soient “affectées” au culte, les concerts, souvent prestigieux, y sont fréquents, sous le vague prétexte de musique sacrée. Ils servent à financer une partie de l’entretien. Une goutte d’eau dans les frais énormes d’entretien et de restauration, pris en charge dans des dossiers complexes impliquant les communes, les conseils généraux, les paroisses et souvent les monuments historiques.

Les fidèles s’y mettent aussi. Moins nombreux qu’autrefois, mais plus impliqués dans la gestion de la paroisse, ils ont à cœur de maintenir leur église ouverte autant que possible, surtout si elle est jolie. Des associations pour la défense de tel édifice se créent un peu partout. On organise des concerts, des expositions, on vend parfois de petits objets, pour financer une couche de peinture qu’un paroissien bricoleur passera lui-même.

D’une manière générale, l’utilisation culturelle des églises devient si courante que certains ont pu écrire qu’elles se “muséifiaient”. Cette utilisation entraîne des conflits plus ou moins larvés entre autorités culturelles et religieuses, chacun cherchant à défendre ses droits d’utilisation de l’édifice. Mais en attendant, les églises vivent !

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