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Visiter AzayleRideau le diamant de la vallee de la Loire

Visiter AzayleRideau le diamant de la vallee de la Loire

Azay-le-Rideau est, avec Chambord, Blois et Chenonceau, l’un des châteaux de la Loire les plus prestigieux. Visite de ce monument de la Renaissance.

Azay-le-Rideau ressemble à un diamant, avec ses façades finement sculptées qui se reflètent dans les eaux calmes de l’Indre. Sa silhouette, relevée de tourelles et de lucarnes, est connue dans le monde entier.

Pourtant, entre incendies et abandons, ce vaisseau de pierre posé sur l’Indre, entre Tours et Chinon, n’a pas connu une histoire de tout repos.

Le château de Ridel et Azay-le-Brûlé

Le premier château d’Azay fut construit en 1119 par Ridel (ou Rideau), un chevalier de Philippe Auguste.

En 1418, pendant la guerre de Cent Ans, alors que Charles VII passe à Azay, il est insulté par des Bourguignons qui possèdent le château. En représailles, le roi fit incendier le bâtiment et exécuter le capitaine bourguignon, ainsi que 350 soldats.

Le village et son château garderont le nom d’Azay-le-Brûlé jusqu’au XVIIIe siècle.

Les lumières de la Renaissance

A la fin du XVe siècle, Martin Berthelot, trésorier du roi, entre en possession du domaine. C’est son fils, Gilles, à la fois trésorier et maire de Tours, qui décide de reconstruire le château. Les travaux durent de 1518 à 1523. L’édifice devient l’un des plus beaux de l’époque. C’est aussi l’un des plus innovants ; l’escalier, par exemple, n’est pas une vis hors-d’oeuvre comme à Blois (1515), mais il est à rampes droites superposées à l’intérieur du château.

Le château, très inspiré par les demeures de plaisance à l’italienne, garde toutefois quelques caractéristiques très françaises, comme la hauteur de ses toits, ses tourelles et son faux chemin-de-ronde. Le donjon du château médiéval est par ailleurs conservé.

Une exécution, un roi et deux abandons

En 1527, cependant, le cousin de Gilles Berthelot est exécuté et les propriétaires quittent le château pour s’exiler à Metz. Lorsque Gilles Berthelot meurt en 1529 à Cambrai, sa femme Philippa essaie sans succès de le récupérer, mais l’édifice a été confisqué par le roi. Celui-ci le donne finalement en 1535 à l’un de ses capitaines, Antoine Raffin.

Ce dernier n’occupe le château qu’à partir de 1547. Il faut dire que l’édifice, abandonné pendant six ans, a été en partie dépouillé de ses richesses par un intendant royal.

Antoinette Raffin, ancienne dame d’honneur de Marguerite de Valois (la “Reine Margot”) et petite fille d’Antoine Raffin, s’y installe en 1583 avec son mari et remet la décoration intérieure au goût du jour.

Arthus, fils et héritier d’Antoinette, y reçoit en 1619 le roi Louis XIII. La femme d’Arthus, Françoise de Souvré, est alors la gouvernante du futur Louis XIV.

Jusqu’à la Révolution, le château reste aux mains des Raffin et de leurs descendants, mais il est de moins en moins occupé et tombe peu à peu dans l’abandon.

Les marquis de Biencourt

En 1791, Azay est acheté par Charles de Biencourt, maréchal, député de la noblesse aux Etats Généraux puis de l’Assemblée constituante. Celui-ci, intéressé par les progrès agricoles de la fin du XVIIIe siècle, fait surtout rénover les communs et les parties servant à l’agriculture.

C’est son fils, Armand François de Biencourt, qui entreprend à partir de 1825 la restauration du château. Il fait rétablir les sculptures murales qui avaient été en partie détruites, redécorer les intérieurs à la mode de la Renaissance et, surtout, détruire les derniers vestiges médiévaux.

Ces derniers, situés à des coins du château, sont remplacés par des tourelles semblables aux autres tourelles d’angle construites à la Renaissance. L’ensemble devient alors parfaitement symétrique.

Le parc est également réaménagé : on en fait un jardin à l’anglaise et on creuse les miroirs d’eau dans lesquels les façades peuvent se refléter. Un pavillon chinois et une terrasse furent même élevés sur la façade sud, mais ils ont tous deux été détruits dans les décennies qui suivirent, afin de rendre son authenticité à l’ensemble.

Le château est par ailleurs classé aux Monuments historiques en 1840. Le marquis de Biencourt reçoit à ce titre des subventions pour ses travaux de rénovations.

On doit aux marquis de Biencourt la restauration de plusieurs des plus belles salles du château, comme le grand escalier, la grande salle et l’appartement royal, où aurait dormi Louis XIII lors de son passage et meublé dans un style XVIIe.

Ils ont également aménagés dans le goût du XIXe siècle une bibliothèque ainsi qu’un salon, tous deux laissés tels quels depuis.

En 1899, toutefois, les Biencourt sont ruinés et contraints de vendre le château, qui échoit à l’Etat en 1905.

Azay : un château, mais aussi une petite ville

A l’orée du parc du château s’étirent les petites rues d’Azay, commune typique de Touraine avec ses maisons en tuffeau, ses rares demeures médiévales à colombages, son église au portail roman…

L’ensemble est plutôt petit mais très agréable à parcourir. La cité compte un certain nombre de restaurants et de galeries d’art.

Les rives de l’Indre permettent elles aussi une petite promenade, entre sous-bois, pont et moulin à eau.

Si vous désirez de plus amples informations sur le château et la ville d’Azay-le-Rideau, vous pouvez consulter le site de l’office du tourisme de la ville ainsi que le site officiel du château.

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