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Une nouvelle reforme des retraites en 2010 Un pari risque pour le gouvernement

Une nouvelle reforme des retraites en 2010 Un pari risque pour le gouvernement

Le calendrier prévoyait un nouveau rendez-vous en 2012. Nicolas Sarkozy veut ouvrir le débat sur les retraites dès la mi-2010.

Lancer un nouveau chantier sur la réforme des retraites dès 2010, en pleine crise économique, est-ce bien raisonnable ?

Lever tous les tabous

Nicolas Sarkozy souhaite aborder tous les sujets : la durée de cotisation, la pénibilité et… l’âge de la retraite. Jusqu’à présent, aucune réforme n’avait remis en cause le départ à la retraite à 60 ans. Or, dans les faits, la réforme de 2003 qui a entériné l’allongement des cotisations à 42 ans – au lieu de 40 ans – d’ici 2012, rend de plus en plus difficile un départ à la retraite à taux plein dès l’âge de 60 ans. Le gouvernement projette également de revoir certains avantages accordés aux mères de famille.

Les sujets qui fâchent

Rien n’a évolué depuis le rendez-vous manqué de 2008. La négociation sur la pénibilité au travail est bloquée à cause d’un patronat qui se refuse à faire des propositions acceptables. Les organisations syndicales revendiquent la mise en place d’un dispositif de départ anticipé en faveur des personnes exerçant un emploi pénible et qui, de ce fait, voient leur espérance de vie amoindrie. L’emploi des seniors est un autre point de discorde. Seuls 38 % des 55-64 ans sont en activité. Sur cette question, syndicats et patronat ne sont pas parvenus à trouver un consensus l’an dernier. Or, la crise actuelle rend ce sujet un peu plus sensible.

Les conditions d’un débat constructif

Pour éviter une crise sociale profonde, la refonte du système de retraite doit s’accompagner de mesures concrètes. L’une des pistes de travail consisterait en une augmentation graduelle et modérée des prélèvements sur la retraite pour tendre vers un équilibre, tout en préservant le pouvoir d’achat des retraités. Il appartient également au gouvernement de favoriser la réussite de négociations nationales entre les partenaires sociaux sur la pénibilité, l’embauche et le maintien dans l’emploi des seniors, l’amélioration des conditions de travail avec une réelle prise en compte de phénomènes sociétaux (le stress, le harcèlement au travail).

Opter pour la solution de facilité qui consisterait à retarder l’âge du départ à la retraite serait une erreur. Les conséquences d’une telle mesure se feraient au détriment de l’Unedic qui devrait alors indemniser plus de chômeurs âgés de plus de 60 ans. Et de nombreux seniors deviendraient allocataires du RSA. De plus, les organisations syndicales qui ont signé la réforme Fillon de 2003 considèreraient une telle annonce comme une véritable trahison.

La France ne peut s’exonérer d’une nouvelle réforme des retraites pour assainir les régimes déficitaires et garantir un système fiable aux générations futures. L’exercice est périlleux mais pas impossible dès lors que le gouvernement accompagne son dispositif de véritables mesures en faveur de la reprise économique et de l’emploi. Il devra aussi faire entendre raison à un patronat peu enclin à faire bouger les lignes.

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