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Une autre facon dapprendre a respirer pratiquer lapnee

Une autre facon dapprendre a respirer pratiquer lapnee

A la fois technique de respiration et de préparation mentale, l’apnée n’intéresse pas seulement les adeptes de la chasse ou de la photo sous-marine.

Chaque fois que nous retenons notre souffle, nous entrons en apnée. La pratique et le contrôle de l’apnée en tant que discipline permettent d’expérimenter une nouvelle dimension physique et psychique qui peut être profitable dans de nombreux domaines de notre vie : santé, sport, travail, examens…

Parce qu’elle fait partie de la respiration, l’apnée joue un rôle central dans le contrôle de nos émotions. On ne peut pas s’empêcher de respirer, mais on peut suspendre -de quelques secondes à quelques minutes- sa respiration. Respirer est la fois un réflexe qui ne dépend pas de notre volonté et un acte parfaitement contrôlable.

Technique à adopter : la méthode de respiration complète

Le premier niveau d’apprentissage consiste tout simplement à prendre conscience de ce qui se passe dans notre organisme pendant les différentes phase de la respiration. Et à faire exactement le contraire !

Une respiration en 3 temps

  1. La respiration ventrale: d’abord, on gonfle le ventre pour abaisser le diaphragme ;
  2. La respiration thoracique : ensuite, on gonfle les poumons ;
  3. La respiration claviculaire : enfin, on remplit la partie haute des poumons.

Contrairement à ce que nous faisons plus de 5000 fois par jour, la respiration ne doit pas commencer par le haut, c’est à dire les épaules et le thorax, mais par le bas, c’est-à-dire le ventre. Essayez de pousser le ventre dehors lors de l’inspiration.

Cela a pour effet d’abaisser le diaphragme et d’augmenter le volume des poumons pour les préparer à recevoir le maximum d’air. Dans un deuxième temps seulement, il faut gonfler le thorax et finir de respirer en haussant les épaules.

Cette simple inversion de ce que nous faisons habituellement, en respirant sans y penser, s’acquiert progressivement, en apprenant à décomposer le mouvement. C’est le premier pas vers la connaissance de notre corps et la maîtrise du souffle. L’expiration découle du même principe.

Une expiration en 3 temps

  1. L’expiration ventrale: d’abord, on rentre le ventre pour remonter le diaphragme ;
  2. L’expiration thoracique : ensuite, on vide les poumons ;
  3. L’expiration claviculaire : enfin, on vide la partie haute des poumons.

Appelée “pranyama” dans le yoga, la technique de respiration complète nécessite une pratique régulière pour être maîtrisée parfaitement et procurer des bienfaits attendus autant qu’inattendus : allongement des temps d’apnée, contrôle du souffle, concentration mentale, calme, accroissement de la capacité respiratoire, meilleure combustion de l’air par les cellules, purge de l’air résiduel des poumons, massage des organes internes et des intestins…

Associé à des mouvements lents sous l’eau pour diminuer la consommation d’oxygène au niveau des muscles des bras et des jambes, la méthode de respiration complète, dite aussi respiration en S, permet d’aborder sereinement chaque plongée en mer, mais aussi de pratiquer le footing avec une bonne oxygénation qui élimine les points de côté, de garder son calme dans les embouteillages, de se préparer à n’importe quelle réunion stressante ou même de faciliter l’accouchement…

Technique de respiration à proscrire absolument lors de la plongée en apnée : l’hyperventilation

Avant Jacques Mayol, beaucoup d’apnéistes pratiquaient l’hyperventilation qui consiste à expirer profondément plusieurs fois le gaz carbonique afin d’aspirer le plus grand volume d’air possible. Technique abandonnée à cause du grand nombre d’accidents qu’elle a provoqués.

En abaissant artificiellement le taux de gaz carbonique dans le sang, l’hyperventilation a pour effet de duper les centres nerveux du bulbe rachidien chargés de déclencher le stimulus respiratoire. Une fois arrivé au fond, le plongeur à l’impression de pouvoir tenir l’apnée plus longtemps. Mais le problème survient lors de la remontée.

Avec la diminution de la pression, très sensible entre 10 mètres de fond et la surface puisqu’elle baisse de moitié, l’écart entre le taux de gaz carbonique et le taux d’oxygène restant dans le sang se creuse dangereusement, au point de provoquer la syncope. Ce fut la cause de nombreux accidents mortels survenus notamment aux chasseurs sous-marins, baptisée “rendez-vous syncopal des 7 mètres”.

Un arrêt cardiaque la plupart du temps momentané, mais désastreux s’il se produit sous l’eau parce que le redémarrage du cœur s’accompagne inévitablement d’un réflexe respiratoire risquant d’entrainer la noyade.

D’où l’importance de s’initier à la méthode de respiration complète pour profiter longtemps de la prodigieuse sensation de liberté que procure une simple apnée par 15 mètres de fond, zone accessible au commun des mortels avec un minimum d’entrainement.

Lectures conseillées :

  • Pranayama. La dynamique du souffle – André Van Lysebeth
  • Homo Delphinus – Jacques Mayol

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