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Un dernier mot avant de mourir les ecrivains Les toutes dernieres paroles de quelques ecrivains celebres

Un dernier mot avant de mourir les ecrivains Les toutes dernieres paroles de quelques ecrivains celebres

Généralement on s’intéresse à ce que les écrivains ont écrit dans leur vie. Mais il arrive aussi qu’on s’intéresse à leurs paroles, si ce sont leurs toutes dernières…

Avant leur dernier souffle, nombre de grands écrivains ont prononcé des “mots d’auteurs” que des proches à leur côté ont retenus et que les hommes se répètent de génération en génération. En voici quelques-uns, puisés dans le “Dictionnaire de la mort des grands hommes” écrit par Isabelle Bricard…

Charles Péguy

Si nombre d’écrivains sont morts au chaud dans leur lit, d’autres sont tombés les armes à la main.

C’est le cas de Charles Péguy, le 5 septembre 1914. Ce lieutenant avait demandé à ses hommes de se coucher devant les mitrailleurs allemands mais lui préféra rester debout. Il est tombé en beuglant des paroles peu chrétiennes : ” Tirez, tirez nom de Dieu !”

L’auteur du “Grand Meaulnes”, Alain-Fournier, est, lui, tombé quelques jours plus tard en criant : “Vive la France !” Ce furent aussi les dernières paroles de Robert Brasillach fusillé, “pour intelligence avec l’ennemi”, par un peloton auquel il avait souhaité “Bon courage !”

Anatole France

Bien qu’âgé de 80 ans, Anatole France murmura plusieurs fois le plus beau nom pour un enfant : “Maman !”, tout simplement. Ce fut aussi le dernier mot de Jules de Goncourt, de Marcel Proust et sans doute de nombre de ceux qui sont morts sans témoins…

Abattu en mission le 31 juillet 1944 au-dessus de la Méditerranée, Antoine de Saint-Exupéry n’a laissé aucune parole. Mais dans sa dernière lettre à des amis, on trouve ces mots : “Si je suis descendu, je ne regretterai rien. La termitière future m’épouvante et je hais leur vertu de robots. Moi, j’étais fait pour être jardinier !”

Alphonse Allais

Si aucune parole d’ Alphonse Allais n’a été enregistrée le jour de son trépas, la veille, 27 octobre 1905, il avait dit à ses amis : “Demain, je serai mort !” Pour une fois, il n’avait pas suscité l’hilarité… Barbey d’Aurevilly avait dit, lui, 24 heures avant le “grand saut” : “Je vais mourir !”

Alors que Labiche allait partir, son fils qui était veuf depuis peu osa lui demander : “Papa, puisque tu vas revoir Madeleine, dis-lui bien que je l’aime toujours !” Réponse du moribond : “Tu ne pourrais pas faire ta commission toi-même !”

Jules Renard fut plus aimable avec sa femme : “Marinette, pour la première fois, je vais te faire une grosse, une très grosse peine…”

Honoré de Balzac

Balzac, sur son lit de mort, appela le médecin de “La Comédie Humaine”, l’un des 3 000 personnages qu’il avait créés. “Appelez Bianchon ! Seul Bianchon peut me sauver !” Ce sont les plus belles paroles qu’un écrivain puisse prononcer en pareille circonstance…

Deux départs différents : Maupassant, après plusieurs mois de délire dans la clinique du Docteur Blanche : “Des ténèbres, oh ! des ténèbres !” Musset, après une syncope, la dernière : “Dormir, enfin je vais dormir !”

Georges Bernanos

Nombre de grands écrivains catholiques n’ont qu’une crainte à l’heure de la mort : le Jugement dernier… Ainsi Bossuet interrompit sèchement son secrétaire qui évoquait la postérité à venir du prédicateur : “Cessez ce discours, demandons pardon à Dieu de nos péchés !”

Les dernières paroles de Georges Bernanos à l’hôpital américain de Neuilly peuvent également nous laisser croire qu’il pensait, lui aussi, à Dieu : ” A nous deux !”

Léon Bloy, lui, après une vie où son catholicisme de feu l’avait mis au ban de la société, n’était point mécontent de gagner le ciel… D’ailleurs il avoua n’éprouver qu'”une seule chose” au moment du départ : “Une immense curiosité !”

Maurras

Chateaubriand mourut pendant les émeutes de 1848. “Quel est ce bruit ? demanda-t-il. – C’est le canon, on se bat dans Paris. – Je veux y aller !” répondit l’auteur de “René”.

Le dernier mot de Charles Maurras, sourd et agnostique, est célèbre. Sentant venir la fin, le théoricien de L’Action Française demanda un chapelet et murmura : “Pour la première fois, j’entends venir quelqu’un…”

Ce sera le mot de la fin… de cet article, avec une citation de Claudel, moins “réjouissante” si l’on peut dire : “La mort est le seul examen auquel on ne soit pas recalé.”

Autres articles en lien : Un dernier mot avant de mourir, les musiciens ; Etre enterré vivant, une mort qui terrifie ; La promession, des funérailles écologiques

A consulter : Dictionnaire de la mort des grands hommes par Isabelle Bricard, 442 pages, Le Cherche Midi éditeur (1995)

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