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Telephone portable pourquoi le risque de cancer est bien reel

Telephone portable pourquoi le risque de cancer est bien reel

Il y a «peut-être» un risque d’attraper le cancer en téléphonant avec un portable: cette fois, c’est l’Organisation Mondiale de la Santé qui le dit.

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’Organisation Mondiale de la Santé a rendu mardi ses conclusions à propos des dangers pour la santé du téléphone portable : son usage a été relevé dans la classification «peut-être cancérogène».

Quels sont les risques ?

  • Le portable classé 2B.

«Les preuves, qui continuent à s’accumuler, sont assez fortes pour justifier» une classification de l’usage du téléphone portable en «peut-être cancérogène pour l’homme», estime Jonathan Samet, le président du CIRC. L’OMS a classé les produits utilisés par l’homme en cinq groupes selon leur niveau de risque: le groupe 1 réunit les produits incontestablement cancérogènes (107 ); le groupe 2A, les 59 produits «probablement cancérogènes»; le groupe 2B les 266 produits «peut-être cancérogènes» et parmi eux le téléphone portable ; le groupe 3, réunit les agents «inclassables» et le groupe 4, les «probablement pas cancérogènes».

  • Développer des gliomes.

Les utilisateurs de portables peuvent développer des tumeurs cérébrales (des gliomes). Les ondes attaquent la barrière hémato-encéphalique, une membrane qui protège le système nerveux des substances toxiques.

  • Pour les gros consommateurs.

L’étude Interphone menée à la fin 2010 et pas encore publiée montre que le risque de développer un gliome augmenterait de 30% à 40% pour les plus gros consommateurs (au moins 30 minutes par jour de téléphone portable pendant dix ans).

  • Comme les pesticides.

«Le niveau de preuve d’une association entre l’usage de la téléphonie mobile et le risque de cancer est comparable à celui existant pour les pesticides ou les expositions professionnelles dans le cadre du nettoyage à sec», a déclaré le docteur Straif, responsable au CIRC du programme des monographies consacrées au risque cancérogène lors d’une conférence de presse rapportée par Le Monde.

Sur quoi s’appuient ces conclusions ?

  • 31 chercheurs de 14 pays.

Pendant huit jours à Lyon, 31 experts de 14 pays se sont réunis pour analyser des centaines d’études en provenance notamment de Suède, du Japon, des États-Unis et de France, portant sur la dangerosité des ondes des téléphones portables (entre 0,9 et 2,1 GHz). Les experts ont analysé l’éventuelle association entre les téléphones sans fil et les cancers. Ils ont également eu accès à des enquêtes non encore publiées, de 2010, comme celle d’Interphone.

  • Des études anciennes.

Les données scientifiques ne sont pas récentes, au mieux de 2004. C’est aussi le cas d’Interphone qui porte désormais sur les enfants et le portable. Dès lors, elles s’appuient sur des technologies souvent obsolètes (le débit d’absorption spécifique (DAS) des mobiles a diminué) et sur des usages de consommation qui ont changé (le temps passé téléphone à l’oreille a augmenté, le nombre d’enfants utilisateurs a explosé, la Wi-Fi est arrivée). D’où cette conclusion qu’il faut poursuivre les études.

Quelles sont les recommandations ?

  • 60 millions d’abonnés en France.

Cette classification 2B des téléphones portables prouve qu’il y a un risque potentiel à utiliser le portable, alors que le téléphone mobile compte 5 milliards d’abonnés dans le monde et 60 millions rien qu’en France. D’où la nécessité de changer de comportement.

  • Attention aux enfants.

L’étude Interphone analyse depuis dix ans les risques du portable pour la santé. Elle s’intéresse désormais aux enfants et aux adolescents qui pourraient être davantage exposés que les adultes. L’association «Agir pour l’environnement» réclame l’interdiction de la promotion des portables destinés aux moins de 14 ans, l’interdiction de la possession du portable à l’école (et pas du simple usage), l’intégration obligatoire de l’oreillette.

  • Des mesures de précaution.

Au nom du principe de précaution, le CIRC propose d’utiliser au maximum le kit mains libres ou le haut-parleur pour éviter le contact écouteur-oreille, de privilégier les SMS et le mails, d’éviter de porter son portable sur soi en permanence, d’utiliser de préférence des téléphones fixes et de limiter les conversations en marchant (le mouvement entraine des ondes plus fortes). Le Centre de recherche et d’information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (CRIRE) propose 12 précautions à prendre pour utiliser son mobile.

  • La réaction des opérateurs.

La Fédération française des télécoms qui réunit les opérateurs de téléphonie mobile a publié immédiatement un communiqué pour commenter l’annonce de l’OMS. La catégorie choisie pour classer les ondes radio «concerne 266 autres agents, dont le café, les cornichons et autres légumes au vinaigre» explique-t-elle sur son site Internet. «En choisissant 2B, le CIRC indique que le lien entre cancer et ondes radio n’est pas démontré: les ondes radio n’ont pas la même classification que, par exemple, l’alcool, le tabac et l’amiante qui sont en catégorie 1».

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