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Teddy Riner le phenomene du judo francais Le judoka champion du monde des poids lourd seraitil deja blase

Teddy Riner le phenomene du judo francais Le judoka champion du monde des poids lourd seraitil deja blase

Animal médiatique et businessman aux rêves d’adolescents, le judoka a des envies d’ailleurs (MMA, basketball). Riner, parti pour durer ou en quête d’une reconversion ?

Teddy Riner est la meilleure chose qui soit arrivé au judo français depuis David Douillet. Le monde du judo est unanime.

Qu’importe si Lucie Decosse, vice-championne olympique en -63 kilos, enthousiasme les puristes, c’est Teddy Riner, du haut de ses 20 ans, qui permet au judo de retrouver une visibilité dans l’espace médiatique : gros titres dans l’Equipe, JT de 20 heures et interviews en prime-time avec Michel Denisot et Laurent Ruquier, entre autres.

Un palmarès impressionnant

2,02 mètres, un poids de forme aux environs de 130 kilos et un palmarès senior déjà aussi long que son bras musclé : 3 fois champion du monde, médaillé de bronze aux jeux Olympiques de Pékin, champion d’Europe, double vainqueur du Tournoi de Paris (considéré comme le plus prestigieux des quatre tournois du Grand Chelem). A l’âge ou la plupart des espoirs du judo français peinent à confirmer les promesses de leurs résultats en junior, Riner peut d’ores et déjà s’enorgueillir d’un des plus beau palmarès dans la catégorie reine des lourds.

Ceci dit, si l’on gratte un peu la surface des déclarations récentes de Teddy Riner, on peut discerner une forme de lassitude, une envie d’ailleurs. Riner semble comme à l’étroit dans le carcan du judo français. Le Guadeloupéen, connu pour avoir essayé de nombreux sports dans son adolescence avant de choisir définitivement le judo sur le tard, à 14 ans, aimerait toucher au sport automobile et s’imagine pouvoir jouer en Pro A de basket en deux ans d’entrainement, comme il le déclarait récemment en conférence de presse.

La tentation du combat libre (MMA)

Plus probable serait une reconversion anticipée vers le free fight (combat libre) ou MMA. Satoshi Ishii, le tout jeune champion olympique japonais des poids lourds à Pékin, a déjà franchi le pas, mettant un terme à sa carrière de judoka à tout juste 22 ans pour signer un contrat de 5,5 millions de dollars avec la team MMA Sengoku. Son premier combat l’opposera à Yoshida, un autre médaillé olympique reconverti – en attendant Teddy ? Ce dernier déclarait début septembre dans l’Equipe : « Il m’a appelé récemment. On n’a jamais pu se croiser sur un tatami. Cela nous manque. On va se retrouver. Si la fde son pays ne l’autorise pas à monter sur un tatami, j’irai le défier dans son sport. »

Pour la fédération française de judo, le challenge tient à le garder motivé et concentré jusqu’aux JO de Londres en 2012, et lui éviter de faire “une Manaudou” – gagner trop tôt et perdre inexorablement l’envie de se dépasser. Si Teddy raccroche ou enchaine les contre performances, c’est le judo français entier qui en pâtira, tant son “plan com” souffre d’une Riner-dépendance. Une vraie question se pose donc, qu’est-ce qui peut faire encore faire courir Teddy et lui donner l’envie de remettre le kimono à longueur de journée pour suer à l’entrainement ?

Salaire, sponsors et Londres 2012

L’argent tout d’abord. Riner est de très loin le judoka le mieux rémunéré de France. Son transfert du Lagardère Paris Racing à Levallois cet été était autant motivé par le projet sportif (Levallois compte dans son équipe quasiment tous les titulaires de l’équipe de France) que par la perspective de quadrupler son salaire mensuel, désormais évalué à 15 000 €. Auxquels s’ajoutent les contrats de ses sponsors Adidas (80 000 € sur 5 ans selon le magazine l’Esprit du Judo) et Papy Brossard (35 000€), entre autres, gérés par sa famille à travers sa société Riner Connection. Et il y a aussi les primes sportives – 35 000 € pour un championnat du monde et 15 000 pour un titre européen.

Certes ces chiffres paraissent dérisoires comparés aux salaires des footballeurs, mais dans un sport où la plupart des compétiteurs gagnent le SMIC, Riner aurait tort de se priver d’une telle vache à lait en quittant le sport prématurément (une carrière « mixte » entre MMA et judo étant inconcevable). D’autant plus que comme le remarquait David Douillet lors des derniers championnats du monde, dans la catégorie des lourds, « en ce moment c’est un peu le désert de Gobi ». Sans grande concurrence et avec un entourage stable, Riner n’aura aucun mal à empiler les titres dans les prochaines années. Le MMA, même grassement payé et reconnu à l’étranger, reste médiatiquement une discipline marginale en France, et l’on voit mal une reconversion à la Douillet, dans le milieu politique, pour un adepte de combat libre– trop brutal, trop underground.

Enfin, le challenge sportif reste important : l’or olympique lui permettrait d’entrer définitivement dans les livres d’histoires. Arrivé en favori à Pékin,Teddy a mal digéré sa médaille de bronze, et doit avoir un goût d’inachevé. La revanche, ce sera dans 3 ans à Londres, et il n’aura que 23 ans – et la vie devant lui.

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