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Shes lost control Un texte de Ian Curtis pour un titre emblematique de Joy Division

Shes lost control Un texte de Ian Curtis pour un titre emblematique de Joy Division

C’est un intitulé quasi-éponyme pour ” Control ” biopic réalisé par Anton Corbijn, spécialiste de la scène britannique, photographe, réalisateur et ami du groupe mythique

Au moment où Barney Summer (ex-Bernard Albrecht ) co-fondateur du groupe Joy Division, puis de New Order, fonde à présent Bad Lieutenant, arrêtons nous un instant sur la brève existence de Ian Curtis.

Grâce à la collaboration et au livre ” Touching from a distance ” de Deborah Curtis, qui est également la productrice, Anton Corbijn, a réalisé un long-métrage à la fois humble et sublime, distingué à Cannes en 2007 par la caméra d’or, à la quinzaine des réalisateurs. Anton Corbijn retrace fidèlement la fulgurante montée en puissance de ce jeune groupe de Manchester.

Quand Apollon rencontra Dyonisos

C’est à un concert des Sex pistols en 1976, que les principaux menbres (Ian, Bernard, Peter Hook et Stephen Morris plus tard) ont commencé à tourner autour de l’idée de fonder un groupe. Il faut dire que la naissance du punk, n’avait de valeurs essentiellement que par la rage qu’elle représentait sur scène, à contre courant de la pop aseptisée et conventionnée qui l’a précédé.

C’est aussi naïvement que cela qu’en 1978, Joy Dvision a vu le jour et la notoriéte que nous connaissons : Des musiciens qui n’ont sont pas, mais qui vont travailler dur. Un agent gonflé à bloc, Rob Gretton et la collaboration d’un producteur doué, Martin Hannet.

Le goupe s’est écarté de la scène punk, pour trouver son identité et son style qui sera appelé plus tard ” new wave ” ou ” cold wave “, par ceux qu’ils auront influencés durablement. Les textes et la voix métallique du chanteur, posés sur les ligne frontales et contrapuntiques de la basse et de la guitare, scandés par les coups de feu de la batterie, marquent l’empreinte indélibile de Joy Division.

Enfin, la personnalité de Ian Curtis – attaqué par des crises d’epilepsie aussi redoutables qu’imprévisibles – a teinté l’aura du goupe d’une profondeur envoûtante, qui en fit le réceptacle de passions inattendues de la part du public, lorsque chacune de leurs prestations se transformait en un rituel incantatoire.

L’amour

Les principales qualités du récit d’Anton Corbijn, outre la mise en scène et la photographie magnifique, est de s’être inspiré du livre intime de Madame Curtis. C’est à dire que ceux qui s’attendent à voir un film orgiaque, version ” sex, drugs & glam’rock “, passent leur chemin, car c’est une réalisation loin du sensationnel et de l’artificiel qui nous est offerte.

C’est l’envers du décor organique qui est représenté. La peau du créateur retournée comme un gant, sur laquelle se dessinent les paroles en noir et blanc de chacun de ses textes (conf. She’s lost control).

Ian Curtis, est au demeurant, un jeune homme issu des classes prolétaires de Macclesfield (dans le nord de l’Angleterre), qui s’est marié par amour, et à fondé un foyer en travaillant dans la fonction publique. Son esprit exalté l’a mené vers la musique, l’a poussé sur le devant de la scène, pour devenir le porte parole de toute une génération.

Cependant il souffrait d’épilepsie aigüe, et était astreint à un traitement qui le diminuait considérablement, alors que la demande alentour, se faisait toujours plus pressante :

Le public est insatiable, les tentations de la nuit sont grandes, mais la famille compte sur le père.

Ian Curtis en martyr juvénile, est en proie à l’incapacité qu’il a de renoncer. Symptôme assez répandu chez les jeunes adultes, cependant ses visions et son désir de réinventer la vie, nous laissent au bord de la route avec l’amertume de ne pas l’avoir vu grandir.

La maladie

Son aveu d’impuissance à travers ses textes, mais aussi dans le film lorsqu’en voix off, il confie au spectateur que ” les autres ” ne comprennent pas, à quel point il est difficile pour lui, d’assurer l’enchaînement des concerts (car Joy division s’est fait sur scène), la violence qu’il s’inflige à lui même, est tout à fait saisissante.

Son épouse, qui n’a pas le rôle le plus enviable dans cette histoire, a su rester pudique, en dévoilant le tourment d’un homme qui ne voulait ni quitter, ni être quitté.

le passé fait maintenant partie de mon futur, le présent est bel et bien hors de porté “, la fulgurance de la pensée de Ian Curtis, sa capacité à saisir l’intimité de l’instant et la vacuité de l’existence est également saisissante.

Bien des titres illustrent les maux de son auteur, mais ” isolation ” d’ici et maintenant résonne comme les premiers mots, d’un testament à venir.

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