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Robert Downey Junior Quand Robert fait groover Sherlock

Robert Downey Junior Quand Robert fait groover Sherlock

Côté pile un gentleman au sourire canaille. Côté face, l’éthylisme galopant dans les veines, substances illicites dans la tête. Voici Mr Robert Downey Junior !

A en être schizo, Robert. Côté Jekyll, il est la belle gueule personnifiée : le mec viril avec juste ce qu’il faut de barbe, lunettes d’intello pour le côté chic, cheveux gominés mais un brin hirsutes pour le côté obscur jamais très loin. Côté face, Mr Hyde reprend le dessus. Une tête d’halluciné grillé aux stupéfiants de toutes sortes, un côté casse-cou pour ses rôles qui frôle le masochisme. Monsieur Downey, Junior, s’il vous plait, aime aller vers les extrêmes lorsque la caméra s’en mêle. Alors, lorsqu’on lui propose d’incarner Sherlock Holmes, il fonce, en comptant bien dépoussiérer le héros de Sir Arthur Connan Doyle. “Oh yeah !”, portrait d’un anti-gendre idéal.

Sur les bancs de l’université de Santa Monica, le jeune Robert Downey soupire. Quel ennui ce cours, cela ne finira donc jamais ? Nous sommes au début des années 80 et il est déjà impatient d’être célèbre. Après tout, la gloire frappe souvent au hasard. Dernièrement, un chanteur nommé Michaël Jackson a été couronné pour Thriller, alors pourquoi pas lui, fils de réalisateur indépendant aux succès cahin-caha ? Non, se dit-il, il n’usera pas ses fonds de caleçons dans des salles poussiéreuses. Maintenant qu’il habite L.A, autant vivre l’American Dream à fond, même s’il doit commencer par des petits boulots ingrats : serveur dans un restaurant ou vendeur de chaussures, pour se retrouver le soir à pratiquer du théâtre amateur avec la perspective incertaine de sortir du lot. Bouffer de la vache enragée mais rêver en grand. Il a 17 ans, l’âge de toutes les audaces, celui de désirer être tête d’affiche et pourquoi pas le Walk of Fame…

Saturday Night Fever

Le virus de la caméra qui vous traque, fait compter vos pas et ignorer l’artifice d’un studio de cinéma, Robert l’a attrapé en apprenant à marcher. Sous les directives de son senior réalisateur, il a ancré en lui le désir de tourner et d’exister à travers des personnages. Un passage dans “Baby, it’s you” et “Une créature de rêves” fin 1987 le fait remarquer. Aimant l’épreuve du feu, Robert Dowley Jr s’illustre dans le fameux show “Saturnay night live” où il éprouve son talent humoristique et son habilité à la parodie.

Mais c’est surtout en cocaïnomane de “Neige sur Beverly Hills” que ressort son talent dans ce rôle de composition. Trop déjanté pour être raisonnable, Robert carbure bientôt à la coke; crachant à qui veut l’entendre qu’un shoot est comme “se mettre un revolver dans la bouche et en aimer le goût du métal”.

“Tueurs nés”, lui permet de croiser l’auteur du scénario, Quentin Tarantino, un autre dingue parmi les dingues. Et puis, Oliver Stone tient les rênes. Pour avoir tapé dans l’œil d’un nabab d’Hollywood, un des derniers dinosaures qui connu l’Age d’Or et ses monstres sacrés, chapeau bas !

Une personnalité qui fait Kiss Kiss- Bang Bang !

Parce que Robert Downey Jr a une classe innée et le sens de la dérision, le réalisateur Richard Attenbourough le choisit pour incarner son Charlie Chaplin. Canne à la main, grimé plus vrai que nature, Robert restitue à merveille la démarche hiératique de roi du muet, au point qu’Hollywood l’élève parmi les nominés pour l’Oscar du meilleur acteur. Et tant pis s’il revient les mains vides, il a gagné l’estime de la profession. Bingo! En psy génial sans langue de bois, il émoustille “Ally Mc Beal” à l’écran, fait chavirer Calista Flockeart à la ville tout en raflant un Golden Globe. Mais ses démons éthyliques et toxiques le rattrapent. Exit Dr Who, les coups de téléphones nocturnes d’une Calista hurlante à David Kelley n’y changeront rien. La série se remettra difficilement de son départ. Les téléspectateurs aussi. Pas grave, Robert enchaîne avec “Kiss Kiss, Bang Bang”, un polar décalé où il excelle en anti-héros frappa dingue. Un rôle à la mesure de sa démesure.

Un acteur kaléidoscopique

Même un foie en patate ne l’arrête pas dans sa course effrénée, Robert enchaîne les films tel un boulimique : journaliste dans le métrage black&white de Georges Clooney “Goodnight and Good luck”, séducteur diabolique pour Nicole Kidman dans “Fur”, praticien complice d’Hally Berry dans “Gothika”, Robert a toujours la côte. Artiste aux talents multiples, il lui arrive de participer à des albums de Sting ou d’Elton John. A entendre sa voix de velours sur les standards façon crooner, le tempo en balance, la douceur qui susurre, on est loin d’imaginer que le côté Hyde de l’artiste puisse être si radicalement opposé.

Homme de Fer dans un gant de Velours

Cap ou pas cap, Robert ? Cap d’enfiler sans ridicule la tenue d’Iron Man, et de faire taire par sa performance ceux en ricanent la traduction peu élégante, “L’homme-Fer à Repasser”. Au casting pour incarner le super héros, Robert se bat et aime à répéter qu’il s’est tellement préparé pour le rôle que seul “un mec issu d’un asile d’aliénés” serait susceptible de le remplacer. Mais Robert est assez barje pour les producteurs, alors on lui file la combi’. Triomphe du film qui devient petit à petit une trilogie allant au-delà des années 2000. Pote de Ben Stiller, il devient l’acteur afro-américain Kirk Lazarus pour le parodique “Tonnerre sous les Tropiques”, improvisant la plupart de ses répliques. A nouveau nominé Meilleur Second rôle, Robert Downey Jr semble condamné à être le Poulidor du cinéma américain. Eternel second, certes, mais avec quelle classe…!

Volte-Face

Qu’est-ce qui est génial en Robert Downey Junior ? Difficile à définir. Est-ce sa propension à la déconne, l’héroîne dans les veines d’un côté, l’œil hydropique de l’autre, le cerveau à 1000 tours en train de cogiter la substance d’un de ses personnages? Le talent ne doit pas avoir l’excuse de la drogue, mais cette façon de vouloir courir sur le fil du rasoir fascine autant qu’elle dérange. Aimer Robert Downey Jr, oui. A en être complètement barré. Même quand dans ses périodes sombres, il finissait au poste de police, gueule de bois sèche, archi-sèche et sourire béat aux lèvres sur sa photo de matricule. Le côté Hyde, encore. C’est sûr, les belles-mamans hésitent plutôt deux fois qu’une avant de donner leur consentement à ce gendre peu orthodoxe. Un sourire, un clin d’œil espiègle à la belle-doche, et voici le Dr Jekyll qui revient. Policé, mais toujours canaille, Robert emballe encore. Et depuis 2005 coule des jours heureux avec une belle productrice nommée Susan.

The Devil wears Tweed !

Son passif d’adepte aux drogues dures en fait le candidat idéal pour entrer dans la peau du plus célèbre fumeur d’opium de la littérature britannique. Holmes est mystérieux, mauvais garçon, tête brûlée, impulsif, cabotin, séducteur. Robert endosse la redingote de Sherlock comme personne. Exit la casquette en tweed motif pied-de-poule. Avec lui, Holmes a la dégaine canaille et délibérément chic, les tifs au vent, la pilosité faciale marginale. Loin de trahir le personnage et avec le respect qui s’impose pour Jeremy Brett, illustre interprète de la série télévisée, Robert Downey incarne un Sherlock Holmes possédant la clairvoyance redoutable d’un Dr House, plus James Bond du XIXe siècle que pantouflard de l’heure du thé. A nouveau bon second, il est nommé aux Golden Globes 2010 dans la catégorie Meilleur Acteur sans remporter de prix. “Frankly, Watson, I don’t Give a damn !”

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