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Quand le gouvernement de Polynesie francaise devient proxenete

Quand le gouvernement de Polynesie francaise devient proxenete

Si la loi n’interdit pas la prostitution, le proxénétisme, lui, est un délit. La Polynésie décide pourtant de taxer les revenus de la prostitution.

Les hommes politiques polynésiens ont habitué leurs administrés à toutes les turpitudes : corruption, détournements de fonds, abus de biens sociaux, mensonges en tous genres, déni de parole, etc. Très officiellement, ils veulent maintenant taxer les revenus de la prostitution !

Un agent du fisc polynésien déclare même : « Ce sont plusieurs centaines de millions XPF (1) qui sont perdus par les finances publiques chaque année… »

Un manque à gagner qui reposerait sur les épaules d’environ quatre-vingt-cinq personnes dans l’agglomération de Papeete ! Aucune enquête sérieuse et officielle n’a pourtant jamais été faite quant aux nombre de personnes s’adonnant à la prostitution en Polynésie française, et encore moins concernant le nombre de travestis et transsexuels polynésiens…

Une opération « coups de fesses » à Papeete

C’est un « commando » d’environ vingt-cinq personnes qui a mené cette opération sans précédent dans les rues chaudes de Papeete : policiers, gendarmes, douaniers, mais aussi le tout nouveau groupe d’intervention régional (GIR), et même des agents du service des contributions !

Habituellement, ce genre d’opération a pour objectif de lutter contre le racolage sur la voie publique qui, comme le proxénétisme et contrairement à la prostitution, est interdit.

Cette fois, il s’agissait de vérifier si les belles de nuit étaient en règle avec… le fisc !

Cet appel à la contribution a eu lieu dans la soirée du 18 juin…

Il est intéressant de noter au passage que seuls les raerae (travestis) et transsexuels étaient visés par cette descente nocturne dans les rues chaudes de la capitale polynésienne.

Cette opération « coups de fesses » (dont on est en droit de se demander combien elle a coûté à la collectivité) s’est soldée par le bilan suivant : six raerae, dont deux mineurs, ont été interpellés et placés en garde à vue. Voilà qui va certainement boucher le trou sans fond de plusieurs milliards des finances publiques polynésiennes.

Un « raerae » prostitué gagne moins qu’un ministre polynésien

Si l’on en croit notre agent du fisc, « certains d’entre eux gagneraient plus de 800.000 XPF par mois », ce qui est nettement inférieur aux revenus non imposables de nos ministres et autres élus de l’Assemblée de Polynésie.

Mais regardons ce chiffre de plus près : à 10 000 XPF la passe en moyenne, il faudrait à notre prostitué satisfaire au moins quatre-vingts clients par mois, soit près de trois par jour en ne prenant jamais de repos. Si ce chiffre est plausible pour cinq ou six d’entre eux, il est totalement invraisemblable pour tous les autres.

Il faut savoir que la plupart d’entre eux vivent à six ou sept dans des F2 sordides et que, pour ceux qui ont la chance de vivre encore dans leurs familles, l’essentiel des revenus sert à faire survivre des foyers de six, huit et parfois dix personnes sans autres ressources.

La réalité, c’est que la plupart des raerae de Polynésie vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Et la différence entre un élu et un(e) prostitué(e), c’est que le deuxième a l’obligation de satisfaire son client pour espérer être payé(e)…

D’ailleurs, le lieutenant Roattino lui-même , le coordinateur de l’opération, déclare : « Deux nous ont indiqué retirer de leur activité environ 800 000 XPF de revenus mensuels et le troisième 400 000. » L’économie polynésienne est donc sauvée.

Fisc et prostitution : le serpent qui se mord la queue

Les très nombreuses réactions de raerae dans les rubriques de courriers des lecteurs de la presse locale sont édifiantes : « Nous voulons bien payer nos impôts et taxes, mais à quel titre ? Que devons-nous mettre comme objet aux factures que nous donnerons à nos clients qui seront sûrement ravis que leur nom apparaisse clairement dans notre comptabilité ? »

Et c’est effectivement bien là que le bât blesse : qui dit imposition dit transparence sur les transactions. Et qui dit transparence, dit nom du client et détail de la prestation de service…

Pour l’heure, les pouvoirs publics voudraient que nos belles de nuits déclarent leur activité de prestataires de service à la rubrique « prestations de services divers »… Un intitulé qui, s’il n’est pas faux, laisse la porte ouverte à toutes les interprétations.

Et ne résout pas la question de la protection sociale, car là aussi il faudra définir le métier pour pouvoir, par exemple, dresser la liste des maladies professionnelles…

Au-delà de l’immense fou rire général que cette affaire a déclenché dans l’opinion publique, il n’en reste pas moins que la prostitution, et particulièrement celle des mineurs, est un véritable fléau en Polynésie française.

Et ce n’est pas la moralité, plus que remise en cause, de la classe politique dans son ensemble qui peut servir d’exemple à ceux qui s’engagent dans cette voie professionnelle.

(1) 1 € = 119,331742 XPF

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