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PD James renouvelle le roman policier

PD James renouvelle le roman policier

PD James a été influencée par Dorothy L.Sayers.

Dans l’introduction au tome 2 des œuvres de l’écrivain britannique Phyllis Dorothy James paru dans la collection des Intégrales du Masque, François Rivière rappelle l’influence qu’a eu Dorothy L. Sayers sur l’écrivain.

Dorothy L.Sayers

Dorothy L. Sayers (13 juin 1893 – 17 décembre 1957) est une femme de lettre surtout connue pour ses romans policiers alors que la littérature a été sa véritable passion.

Elle est la contemporaine d’Agatha Christie et de Margery Allingham. En 1923, elle a trente ans quand elle crée le personnage de Lord Peter Wimsey, quasiment inconnu en France, mais très populaire en Angleterre. Contrairement à Hercule Poirot ou à Miss Marple il a une vie sentimentale. En effet il est jeune lorsque débute sa carrière de détective amateur.

Elle n’a pas écrit uniquement des romans policiers. Elle les a aussi étudiés et a édité une anthologie des romans policiers (en 1928, 1931, 1934 et 1936) fameuse au delà de la Manche.

C’est ainsi qu’elle a écrit : “Aucune forme de fiction ne survit très longtemps si elle cesse d’être reliée aux grands problèmes humains et au courant majeur de la littérature contemporaine”.

Et elle ajoutait : “Nous manions à présent parfaitement les éléments techniques de l’intrigue grâce à une longue pratique, mais il nous reste à découvrir le meilleur moyen de combiner ceux-ci aux éléments de la psychologie la plus sérieuse afin que l’intellectuel comme l’homme de la rue puissent prendre plaisir à lire un roman d’énigme comme ils ont pu le faire à l’écoute de la tragédie grecque ou du drame élisabéthain.”

Dorothy L. Sayers a très tôt compris que les romans policiers, conçus par leurs auteurs comme de simples jeux de l’esprit, se démoderaient rapidement et qu’il fallait passer du roman d’énigme classique qui pose la question “qui a tué” au roman policier intemporel. Elle abandonnera le roman policier en 1940 pour se consacrer à la littérature.

P.D. James

P.D. James a été influencée par Dorothy L. Sayers. François Rivière rappelle qu’elle lui a rendu hommage en 1978. Il écrit : “Elle n’a jamais cessé de redire la même chose (que Dorothy L Sayers) depuis, et à mettre en pratique dans sa propre fiction cette injonction”.

Son premier roman A visage couvert est de conception classique et rappelle les livres d’Agatha Christie. Un meurtre est commis dans une famille de la bourgeoisie et la police cherche le coupable. Mais l’auteur innove en décrivant le milieu dans lequel a évolué la morte.

Dans les romans suivants le cadre dans lequel se déroule l’action est décrit avec précision, les personnages brossés de façon claire. Les lieux sont habités par des protagonistes dont on peut comprendre les motivations car elles sont proches des nôtres.

L’histoire se déroule dans des milieux professionnels très différents car PD James fait appel à son expérience professionnelle pour ses romans et place ses personnages dans des milieux qu’elle connaît : la Haute société britannique, le milieu médical (clinique, hôpital, centre de psychothérapie, Institution pour handicapés, clinique de chirurgie esthétique privée pour personnalités), l’Université, un cabinet d’avocats, une maison d’édition. Le lieu de l’action peut être un château, un couvent, une demeure de la campagne anglaise, une île, une centrale nucléaire.

La psychologie des personnages est construite de façon crédible. Il n’y a pas d’incohérence dans leur comportement. Ce pourrait être Monsieur ou Madame “tout le monde”.

PD James a écrit son dernier livre, Une mort esthétique à 88 ans. Son héros se marie. Peut être un clin d’œil inconscient à Dorothy L. Sayers qui a également marié son héros et arrêté ses aventures.

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