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Paris la ville aux 400 jardins Histoire des parcs parisiens

Paris la ville aux 400 jardins Histoire des parcs parisiens

Aragon les a décrits comme les « appartements des rêves » (Le Paysan de Paris, 1926). Paris compte aujourd’hui plus de 400 espaces verts de diverses sortes.

C’est sous le Second Empire que la capitale se dote de ses premiers jardins publics, grâce à une politique sociale de l’environnement. Si Paris n’est pas réputée pour être une capitale verte, l’engouement des Parisiens et les activités proposées par la Ville de Paris dans ses espaces verts témoignent d’une certaine qualité de vie.

Des vignobles montmartrois du Moyen Age…

Au risque de décevoir le promeneur, les coteaux de Montmartre qui accueillent des vignobles depuis le Moyen Age, ont été laissés en friche pendant des siècles. Il faudra attendre 1933 pour voir ressurgir des ceps et 1934 pour les premières vendanges.

Sous l’Ancien Régime, Paris abritait de nombreux jardins. Chaque hôtel particulier et couvent en possédaient un. Les jardins royaux ou princiers pouvaient être ouverts au public au gré des humeurs des princes et des rois.

Les jardins de la Renaissance ont laissé peu de traces à Paris du fait de leurs jeux d’eau complexes qui convenaient mal à des espaces trop fréquentés.

…au premier jardin public parisien date de 1844

Il s’agit du square de l’Archevêché (aujourd’hui square Jean XXIII) au chevet de Notre-Dame, qui intègre pour la première fois des bancs, espaces de repos et de détente.

Quand Paris voulait rivaliser avec Londres

Paris compte aujourd’hui 418 jardins et squares, 15 parcs et 132 promenades. Près de 19 jardins et squares ont été créés ces trois dernières années, selon la mairie de Paris. Il s’agit là d’une véritable politique urbanistique qui inclurait parmi les droits fondamentaux du Parisien celui de disposer d’un jardin à moins de 500 mètres de chez lui.

Les travaux d’Haussmann

C’est sous le Second Empire et grâce aux célèbres travaux du préfet Haussmann que Paris va trouver un nouveau souffle. Obsédé par l’aménagement des parcs londoniens qu’il a fréquenté durant son exil outre-Manche, Napoléon III confie à l’urbaniste Eugène Alphand la lourde tâche de réaménager la capitale afin d’« offrir avec largesse des lieux de délassement et de récréation à toutes les familles… riches ou pauvres ».

Le service des Promenades et Plantations

C’est grâce à la création, en 1854, du service municipal des « Promenades et Plantations », chargé de l’entretien et du renouvellement des plantations sur les voies publiques, des squares et des jardins, qu’une véritable politique sociale de l’environnement est mise en place. Ainsi, les bois de Boulogne et Vincennes situés à l’ouest et à l’est de Paris sont concédés à la ville de Paris. Les auteurs du nouveau visage de Paris ont pour noms : l’urbaniste Eugène Alphand, l’horticulteur Barillet des Champs, l’architecte Gabriel Davioud, et l’ingénieur des Eaux, Belgrand.

Une nouvelle esthétique du jardin

Des chemins sinueux, des lacs, des perspectives pittoresques avec des promenoirs mondains remplacent désormais les anciennes allées droites et les carrefours réguliers des forêts de chasse classiques. On doit ainsi au préfet Haussmann et à ses collaborateurs la création du parc des Buttes-Chaumont, parc populaire inauguré lors de l’Exposition universelle de 1867.

Au milieu d’un décor pittoresque surgissent des éléments empruntés à la civilisation industrielle (pont métallique, chemin de fer…). L’intrusion d’un mobilier urbain est aussi une innovation.

Plus de 13 000 plantes différentes chez le «Fleuriste» de Paris

Le « fleuriste municipal », regroupe l’ensemble des serres et des pépinières pour l’approvisionnement des jardins de la capitale. Autrefois situé à la Muette, il a été transporté près de la porte d’Auteuil. Actuellement, le « fleuriste » conserve 13 000 plantes différentes. Face à l’ampleur de la conservation d’un tel patrimoine floral, les serres d’Auteuil, le parc de Bagatelle ou encore le parc floral de Vincennes ont été reconnus « jardin botanique de France et des pays francophones » en 1998.

Des jardins botaniques et promenades plantées…

Les jardins botaniques, dédiés à la culture des plantes médicinales ou à la culture d’espèces exotiques, sont aussi répandus dans la capitale. Ainsi, le jardin des Plantes a été parmi les premiers à servir de lieu d’expérience pour les naturalistes. Créé sous le règne de Louis XIII, on peut trouver des espèces d’arbres et d’arbustes rarissimes. Par exemple, un robinier y pousse en toute tranquillité depuis… 1636.

Ces promenades issues du Second Empire ont ensuite évolué en un parcours piétonnier reconquérant d’anciennes voies de chemin de fer ou les quais de la Seine. La célèbre promenade plantée qui traverse le 12e arrondissement menant de la Bastille au bois de Vincennes date de 1993. Longue de 4,5 km, elle emprunte le terre-plein surélevé de l’ancienne voie de chemin de fer. D’anciens éléments des structures ferroviaires sont encore visibles.

Aux créations contemporaines…

De nombreux jardins parisiens sont nés à l’occasion des Expositions universelles. C’est le cas des jardins du Trocadéro pour l’Exposition universelle de 1878 ou encore du Champ de Mars pour celle de 1889. Quant au jardin de l’Atlantique, au-dessus de la Gare Montparnasse, il a été créé en 1994.

A consulter :

Dominique Jarrassé, L’Art des jardins parisiens, guide esthétique et poétique du jardin public, de l’héritage des rois aux créations contemporaines, Parigramme, 2002.

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