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Olivier GBoiscommun trois mesures de technique

Olivier GBoiscommun trois mesures de technique

Comment surgit une BD entre l’inspiration première et le livre en librairie? O. Boiscommun partage avec nous les secrets de naissance de sa Ville Lumière.

Entretien avec l’auteur (scénariste, illustrateur et coloriste) de bande dessinée : Olivier G.Boiscommun

BD : Sur vos projets personnels, quel est l’aspect de votre travail qui vous prend le plus de temps : scénario, dessin ou colorisation ? Est-ce l’histoire proprement dite qui s’impose à vous ou bien avez-vous des images et des univers graphiques qui vous inspirent ?

C’est avant tout l’histoire qui guide l’ensemble de la réalisation d’un album. Chacune porte en elle les éléments qui font faire qu’elle va prendre la direction qui est la sienne. Mon travail en matière d’écriture, scénaristique ou graphique, est assez similaire à celui d’un archéologue qui extrait progressivement ce qui existe déjà sous un monticule de terre. Chaque projet est unique et je l’aborde différemment en fonction de ces particularités, mais l’objectif est toujours le même : construire progressivement un tout qui au final se doit d’être complet, cohérent et abouti.

Aucun os ne doit manquer au squelette et aucun ne doit être détériorés. Il est parfois très difficile de ne pas dégrader une idée, en l’extrayant de l’esprit où elle se cache et en l’associant, par exemple, à toutes celles déjà en place. La réalisation d’un album de bande dessinée, est un jeu de découverte et de construction, qui requiert beaucoup de patience et d’écoute.

BD : Vous portez le projet de “La Cite de l’Arche” depuis 20 ans au fond de vos cartons à dessins. Pourquoi une si longue maturation ?

C’est un projet qui me tenait beaucoup à coeur, j’en ai, depuis toutes ces années, repoussé la réalisation car je ne me sentais pas prêt. C’est une histoire dont le dénouement doit être amené avec soin. Beaucoup d’éléments importants et de personnages interviennent au long de ce récit. Ils se doivent d’être traités avec précision et efficacité. L’ensemble du projet réclamait des connaissances que je n’avais pas encore acquises. J’avais le sentiment que cela était trop tôt, de ne pas avoir l’expérience suffisante pour la réaliser dans les meilleurs conditions, et lui donner toute l’ampleur que je lui souhaitais.

BD : On sait que la « Cité de l’Arche » est un cycle que vous développerez sur 4 tomes. Quelles ont été les sources d’inspiration de ce titre entre action et SF ?

Une multitude de sources sont à l’origine de cette histoire, car je l’ai porté si longtemps que toutes les choses qui ont, à un moment ou à un autre traversée ma vie, se retrouvent certainement dans “La Cité de l’Arche”, je peux citer quelques films comme “Blade runner”, “Stolker”, “Brazil” ou encore Delicatessen, avec lesquels on peut aisément faire un rapprochement. Même si j’ai découvert l’existence, de certains d’entre eux, bien après avoir écrit cette histoire, ils n’ont pas moins été pour autant d’une grande importance dans sa concrétisation.

Je peux également parler de musiques comme celles de “Noirs Désirs” ou des “Sons of the desert”, m’ont aussi beaucoup marqué et suivit durant toutes ces années, ainsi que beaucoup d’autres choses, comme des rencontres des physiques croisés dans la rue, ou encore des lieux dont je me suis imprégné.

Mais en premier lieu, il y a ma rencontre avec la ville de Paris, où j’ai fait mes études et la pratique des transport en commun où je passais beaucoup de temps à observer les comportements des utilisateurs. Ce que j’ai découvert de cette observation associé à la fâcheuse habitude que j’ai de laisser voyager mes pensées, a donner la première version de “La Cité de l’Arche”. Les humains sont des animaux grégaires qui manquent considérablement d’indépendance d’esprit. Plus nous sommes nombreux et plus cela se vérifie. Ce constat m’a toujours effrayé

Immergé dans ce contexte au quotidien, j’ai ressenti le besoin de m’évader en imaginant cette histoire où un homme guidé par son amour allait tenter de s’extraire de cet univers sordide pour rejoindre un ailleurs qu’il imagine ne pouvoir être que meilleur. Petit à petit cette histoire a prit corps, les personnages se sont précisés, aussi bien dans leurs caractères que dans leurs intentions, leurs motivations, leurs passés, leur avenir également. Cette histoire est intimement associée à la ville de Paris, dés son origine puisqu’elle est la source dont je me suis nourri pour l’imaginer, jusqu’à sa conclusion car vous le constaterez elle est également très liée au dénouement de la série

Lire tout l’entretien avec Olivier G.Boiscommun :

1ere partie : une mesure de bande dessinée

2e partie : deux mesures d’inspiration

4e partie : quatre mesures d’éléments narratifs

5e partie : cinq mesures de talent

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