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Nicoletta et Michele Torr stars des sixties un peu oubliees

Nicoletta et Michele Torr stars des sixties un peu oubliees

Dans les années 60 on n’entendait qu’elles. Et puis les modes passent. Difficile de rester au top. Restent les CD qui rééditent à tout va les hits du passé

Nées à trois ans d’intervalle, Nicoletta et Michèle Torr, en toute logique, ont fait leurs débuts à trois ans d’intervalle, l’une en 1964, l’autre en 1967. Toutes deux se sont maintenues, face au grand public, durant toutes les seventies. Mais lorsque naquirent les radios FM (1981), elles étaient en perte de vitesse.

Nicoletta

Le début de son l’histoire évoque les romans populaires du début du 20e siècle. Nicole Grisoni est née en Haute Savoie en 1944 et se retrouve orpheline très jeune. Placée dans un foyer de liberté surveillée, elle s’en évade. Elle est ensuite confiée à sa grand-mère. Puis elle “monte” à Paris, et fait des tas des petits boulots pour subsister : barmaid, disquaire, vestiaire. Une morne survie, qu’elle oublie le soir dans les night-clubs car elle est dingue de musique. Elle rêve de devenir chanteuse professionnelle. Le rêve devient bientôt réalité : à vingt-deux ans, elle signe un contrat pour Barclay. Pendant un an, elle se perfectionne et sort son premier disque en 1967. Le succès est immédiat : « La Musique » révèle au grand public une chanteuse à la voix étonnamment rauque.

Pendant dix ans elle connaît un succès constant

Ses « tubes », comme on dit, sont gigantesques : « Mamy Blue », « Ma Vie c’est un manège » et « Il est mort le soleil », composition de Ray Charles qu’elle adapte merveilleusement. Nicoletta sait explorer avec bonheur presque tous les styles musicaux. Si sa voix se prête à merveille au blues et même au rock, elle aborde avec la même aisance les rythmes brésiliens dans « Fio Marivilla », la chanson à texte dans « La Solitude ça n’existe pas », les ballades enjouées dans « Les Volets clos ». En 1977, elle fait le point sur dix années de carrière, publiant un livre autobiographique : « Nicoletta, chanteuse… 45 tours et puis s’en vont ». Elle n’en arrête pas pour autant sa carrière, loin de là. Les 45 tours continuent de se succéder, récoltant, certes, moins de succès qu’auparavant. La plus grosse erreur de sa carrière est sans doute d’avoir hésité à enregistrer « Mademoiselle chante le blues », titre que Didier Barbelivien, lassé d’attendre le feu vert de la chanteuse, offrit à Patricia Kaas. Pour compenser, Nicoletta se produit dans le circuit des discothèques, et, parallèlement, succombe à son amour immodéré du blues et du gospel, qu’elle interprète parfois dans des églises. En 2002, la reprise par la Star ac’ de son premier tube (« La Musique ») la rappelle à notre bon souvenir.

Michèle Torr

Née dans le Vaucluse en 1947, elle n’a pas eu grand peine à modifier son patronyme (Michelle Cléberte Tort). Elle accède à la renommée dès la sortie de son premier 45 tours, « C’est dur d’avoir seize ans », en 1964. Ce n’était pas un feu de paille puisque les disques suivants, « Dans mes bras oublie ta peine » (1965) et « Ce soir je t’attendais » (1966), obtiennent encore plus de succès. Elle semble dès lors bien partie pour rejoindre le quatuor de tête des “copines” (Sheila, France Gall, Hardy, Vartan) et s’engage à l’été 1965 dans une tournée avec les deux stars de l’année, Hervé Vilard et Christophe et tombe amoureuse de ce dernier qui lui offre un fils en 1967 avant d’abandonner la mère et l’enfant.

1968 : elle connaît un premier passage à vide

Les disques de vinyl se succèdent sans succès marquant. Elle publie néanmoins un petit tube, « Bye bye l’amour » en tant que membre de l’Alliance, un trio qu’elle a constitué avec Serge Prisset et Herbert Léonard. Son véritable retour au hit-parade s’effectue en 1970 (« Tous les oiseaux reviennent ») et se place sous la houlette d’Albertini, déjà responsable de la réussite commerciale de C. Jérôme. En 1980, Cent ans de chanson française (édition du Seuil) donne d’elle une définition un peu cruelle, mais pas fausse :

“son univers, comme celui des poupées Barbie à qui elle ressemble, met en scène les idéaux de la nouvelle petite bourgeoisie confortable”.

A l’occasion, Michèle compose une musique ou, plus souvent, des textes. Et puis surtout elle est devenue productrice de ses disques et de ses spectacles. L’un d’entre eux lui donnera bien des soucis : coïncidant plus ou moins avec les quarante ans de la disparition de la grande chanteuse, elle propose “Torr chante Piaf”. Hélas, rapidement, elle doit reconnaître que son public, venu surtout écouter ses chansons à elle, boude celles de la Môme. Elle sauve la mise en proposant un Olympia revu et corrigé afin de célébrer quarante ans d’une carrière qui a connu des hauts et des bas. Surfant sur la mode rétro qui sévit en 2006-2007, elle rejoint Richard Anthony, Frank Alamo, Demis Roussos, Stone et Charden dans la tournée « Age tendre et Tête de bois » qui rencontre un vif succès.

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