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Musee Nissim de Camondo hotel particulier de la plaine Monceau

Musee Nissim de Camondo hotel particulier de la plaine Monceau

Découvrez une des collections les plus célèbres de Paris formée par un amateur passionné d’art français du XVIIIe siècle

Le musée Nissim de Camondo est un splendide hôtel particulier, agrémenté d’un jardin, situé en bordure du parc Monceau, à Paris 8e. Il abrite une exceptionnelle collection de meubles, tableaux, tapis, porcelaines et orfèvrerie. Cette somptueuse demeure du comte de Camondo est construite entre 1911 et 1914 par l’architecte René Sergent, et sa collection privée est un trésor du XVIIIe siècle.

Sur cinq générations, de Constantinople à Paris, de l’aube du XIXe siècle à 1945, la famille prestigieuse des Camondo réunit une collection d’art magnifique et, en léguant ses collections à l’Etat, contribue de manière significative à la conservation et à l’enrichissement du patrimoine culturel de la France.

Visite du musée Nissim de Camondo

Moïse de Camondo a donné à son hôtel l’apparence d’une demeure du XVIIIe siècle, c’est le Petit Trianon de Versailles qui a servi de modèle.

Le rez-de-chaussée bas est de plain-pied sur la cour d’honneur et à demi enterré du côté du jardin pour dissimuler les espaces de service. Un grand escalier, depuis le vestibule conduit au rez-de-chaussée haut réservé à la réception.

La cuisine : située juste au dessous de la salle à manger, est un lieu impressionnant et doté d’installations sophistiquées. On y trouve une imposante rôtisserie et le grand fourneau central. Un monte-plat permet d’élever les plats vers l’office de la salle à manger.

Le premier étage est celui des appartements privés, les combles sont le domaine du personnel.

La saga des Camondo

La famille Camondo, est originaire de la péninsule ibérique. Chassée par l’Inquisition, l’Empire Ottoman l’accueille. Après un intermède de quelques années à Trieste à la fin du XVIIIe siècle, la famille revient à Istanbul où Isaac Camondo fonde une banque en 1802. C’est son frère Abraham- Salomon qui en hérite en 1832. Il contribue à asseoir l’immense fortune familiale et participe au développement économique de l’empire.

De nationalité autrichienne, les Camondo deviennent d’indispensables intermédiaires entre la Sublime porte et l’Occident. Leur prestige les conduit tout naturellement à devenir les porte-parole des communautés juives de l’Empire ottoman. En 1865, les Camondo prennent la nationalité italienne et le roi d’Italie, Victor-Emanuel II, confère à Abraham-Salomon Camondo le titre de comte. Trois ans plus tard la famille s’installe à Paris. En 1873, Abraham-Salomon meurt, ses deux petits fils Isaac et Moïse s’enflamment pour l’art du XVIIe siècle.

Isaac de Camondo (1851-1911) devient le plus grand acquéreur de mobilier XVIIe siècle, après la célèbre vente de la collection d’art du baron Léopold Double en 1881. N’ayant pas d’héritier légitime, il fait sa première donation au musée du Louvre en 1897, suivie d’une seconde en 1903, puis en 1908.

Moïse (1860-1935), pour présenter ses collections, fait construire au parc Monceau un hôtel particulier, qu’il occupe avec ses deux enfants Nissim (1892-1917) et Béatrice (1894-1945).

Une famille anéantie par la Shoah

Après toutes ces heures de réussite, de splendeur et de gloire, la famille Camondo connaît des heures tragiques… Après la disparition de son fils Nissim en combat aérien en 1917, Moïse décide de léguer son magnifique hôtel particulier aux Arts décoratifs, il décède en 1935. L’année suivante, le musée Nissim de Camondo ouvre ses portes selon la volonté de son donateur.

Mais la machine de mort nazie est en marche et n’épargne pas cette famille. Sa fille Béatrice, son gendre, sa petite-fille et son petit-fils sont raflés par la police de Vichy. Ils sont internés au camp de concentration de Drancy en 1942, puis déportés et assassinés au camp d’extermination d’Auschwitz Birkenau. Béatrice de Camondo était dans le convoi N°69 du 7 mars 1944. La famille de Camondo est désormais éteinte.

Une plaque sous la porte cochère du musée Nissim de Camondo rappelle aux visiteurs ces destins tragiques : “Nissim est mort pour la France en 1917, Béatrice par la France en 1945″.

Informations pratiques :

  • Musée Nissim de Camondo – 63, rue de Monceau – 75008 Paris
  • Tél. : 01 53 89 06 50
  • Métro : Villiers, Monceau, bus : 30, 94, 84
  • http://www.lesartsdecoratifs.fr/francais/nissim-de-camondo/

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