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Montee de lextreme droite en Europe

Montee de lextreme droite en Europe

En 2010, des partis plus ou moins ouvertement liés à des mouvances fascistes ont obtenu des résultats électoraux importants.

Depuis quelques années, on commence à parler de plus en plus d’extrême droite radicale et de groupuscules néo-nazis en Europe. En 2009, Canal+ proposait un numéro de Spécial investigation consacré à ce phénomène. Intitulé « Europe, ascenseur pour les fachos », le reportage montrait des défilés de type jeunesse fasciste dans différents pays du vieux continent (France, Suède, Italie, Pays-Bas, Hongrie).

Plutôt réservés dans les années 1990 aux pays de l’ex-bloc communiste, les crimes racistes systématiques et revendiqués par des groupuscules structurés se répandent maintenant dans des pays comme la Suède, où les néo-nazis sont particulièrement actifs. Certains acteurs de ces mouvements intègrent même des structures du pouvoir.

Le spectre du fascisme italien

C’est le cas notamment en Italie où, comme on peut le voir dans le reportage de Canal+ cité plus haut, plusieurs députés ont des liens plus ou moins étroits avec la mouvance fasciste. En 2010, la popularité des idées d’extrême droite s’est confirmée. La Ligue du nord est désormais « l’un des partis les plus importants de l’Italie septentrionale », remarquait Philippe Ridet, journaliste au Monde, au lendemain de l’excellent résultat enregistré par ce parti lors des élections régionales de mars 2010 (13 % au niveau national).

Si beaucoup d’analystes, comme le politologue italien Ilvo Diamanti, estiment que la Ligue du nord est plus un parti populiste que réellement d’extrême droite, force est de constater que certains de ses principaux activistes, comme le député européen Mario Borghezio, affichent très clairement leur soutien aux mouvements les plus radicaux, comme cela est bien visible dans le reportage de Spécial investigation.

Le parti anti-islamique qui monte au Pays-Bas

La montée de l’extrême droite en 2010 s’est aussi confirmée aux Pays-Bas où, lors des dernières législatives, le Pvv (Parti pour la liberté) est passé de neuf à vingt-quatre sièges. Une avancée historique, saluée par le Front national, comme le rapportait le 11 juin le journal Le Parisien : « Venant après les percées réalisées lors de l’élection présidentielle en Autriche, législative en Hongrie et en Grande-Bretagne, ces résultats témoignent d’une poussée en Europe des résistances à la destruction des identités nationales », assure M. Gollnisch.

Lors d’un entretien accordé au Figaro en 2008, Geert Wilders, leader du mouvement, qualifiait l’idéologie islamique de « fasciste », considérant « qu’un million de musulmans pour seize millions de Hollandais, c’est trop », ou encore que sa culture était « meilleure que la culture islamique », qui est selon lui une « culture retardée ». « La société est menacée par le tsunami islamique », concluait-il. Cependant, comme pour la Ligue du nord, certains experts en politologie, dont Jean-Yves Camus, considèrent que « le Pvv n’est pas un parti d’extrême droite, et qu’il n’y a pas de vague nationale-populiste en Europe ».

La nostalgie du nazisme en Hongrie

Moins d’ambiguïté règne en revanche autour de Jobbik, le parti hongrois qui a lui aussi confirmé cette année la tendance décrite il y a un an sur Canal+, en entrant pour la première fois au Parlement, grâce à un score de plus de 16 % des voix aux législatives. Jobbik affiche clairement sa couleur politique, ne serait-ce que par son nom, qui signifie littéralement « extrême droite » en hongrois. Le parti a sa milice, la Garde hongroise, qui n’hésite pas à parader en plein cœur de Budapest, équipée d’uniformes rappelant le parti nazi des années 1940. Au centre de l’engouement que suscite la nouvelle vague nationaliste hongroise, il y a la nostalgie de la grandeur passée du pays, et la volonté d’adopter une posture radicale vis-à-vis de la « question rom ».

Comme cela a été confirmé depuis le début de l’année, l’avancée d’une nouvelle extrême droite avec, en son sein, des fascistes affirmés et « décomplexés », est donc bel et bien réelle. Quels que soient les adjectifs que l’on emploie pour la qualifier, cette mouvance se structure et se ramifie de plus en plus, y compris en France, comme cela était décrit dans le reportage de l’émission Spécial investigation de Canal+ l’an dernier.

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