Blog

Monsieur Vincent les sourires dun saint Quand Pierre Fresnay illumine de son sourire le film de M Cloche

Monsieur Vincent les sourires dun saint Quand Pierre Fresnay illumine de son sourire le film de M Cloche

Dans “Monsieur Vincent”, Vincent de Paul a souvent l’occasion d’être triste. Mais il lui arrive aussi de sourire : chaque fois que la charité marque un point

Librement inspiré de la vie de saint Vincent de Paul, ce grand film chrétien de Maurice Cloche est un hymne à la charité. Et, bien sûr, chaque fois que l’amour du prochain permet de triompher de la haine ou – pire – de l’indifférence, Monsieur Vincent (Pierre Fresnay) illumine l’écran de son sourire…

Pierre Fresnay

La première fois qu’on voit le futur saint sourire, c’est quand, cherchant à nourrir une orpheline qu’il a prise sous son aile dès son arrivée à Châtillon (sa mère suspectée d’avoir la peste, était morte chez elle sans un soin !), Monsieur Vincent réussit à vaincre la dureté du soudard qui occupe le presbytère.

Ce dernier, deux secondes auparavant, quand Monsieur de Paul voulait prendre un peu de sa soupe pour la gamine, le menaçait avec un poignard : “Tu me tuerais pour ta soupe ?” lui avait demandé le prêtre les yeux dans les yeux.

La hardiesse du curé interpelle le soudard. Qui… va chercher une cuillère pour la petite !

Sourire de Vincent : “Tu es le premier chrétien que j’ai rencontré à Châtillon…”

Louise de Marillac

Paul va sourire peu de temps après quand une femme pauvre, et mère de cinq enfants, acceptera d’adopter la petite orpheline de la pestiférée précitée…

Il avait demandé à la population que la plus pauvre des pauvres se dévoue, et il a été entendu…

Autre sourire de Paul, très long, très appuyé celui-là quand, se rendant chez cette mère adoptive pour lui remettre de la nourriture, le futur saint s’aperçoit qu’une “grande dame”, rencontrée peu avant chez le seigneur du village, est déjà chez l’indigente à qui elle a offert des victuailles de qualité supérieure…

Cette femme, c’est Louise de Marillac, qui le rejoindra plus tard pour diriger la congrégation des Filles de la Charité…

Michel Bouquet

Paul sourira de nouveau quand, après une nuit où un tuberculeux (joué par le jeune Michel Bouquet) lui aura parlé de la misère, il fera une découverte essentielle pour la suite de ses actions…

“J’ai appris cette nuit une chose terrible, dit-il à un jeune prêtre de ses adjoints, Portail (joué par Jean Carmet) : avant de songer à sauver leur âme, il faut donner aux malheureux une vie où ils puissent prendre conscience d’en avoir une !”

Marguerite Naseau

Paul aura encore l’occasion de sourire quand il tombera sur Marguerite Naseau, qui arrivait tout droit de sa campagne de Suresne où elle était servante de ferme…

Quand il la rencontre, Monsieur de Paul est peiné, attristé. Il vient de quitter – et sans qu’elles s’en soient aperçu ! – de nobles dame qui ont accepté de l’aider mais… se révèlent peu efficaces car incapables d’abandonner leur activité favorite : tenir des propos insignifiants et médisants…

Soudain, devant lui, une “bonne grosse fille de la campagne” (comme on disait dans le temps) l’accoste : “Je cherche Monsieur de Paul, dit-elle. J’ai entendu dire qu’il y avait à Paris des grandes dames qui visitent les pauvres dans les hôpitaux. Est-ce vrai ?

“Servante pour servante…”

– Oui, répond, amusé, Monsieur de Paul.- Alors, je suis venue. J’aurais voulu dire à Monsieur de Paul…- Lui dire quoi ? demande le prêtre.- Les grandes dames, ça a l’habitude d’être servies, ça doit pas très bien s’y prendre pour servir plus malheureux qu’elles. Moi j’ai l’accoutumance des travaux qu’elles voudraient pas faire… Alors, j’ai pensé que j’pourrais peut être les aider…”

Et d’ajouter cette phrase sublime (que l’on doit, comme les autres, à Jean Anouilh, le dialoguiste de ce film qui attira 7 millions de spectateurs en salle) : “Servante pour servante, j’aime mieux l’être des pauvres de Dieu que des maîtres, voilà.”

Puis, un peu gênée : “C’est peut-être de l’orgueil ? – Non ma fille, répond Monsieur de Paul.

Avec les pauvres

Monsieur Vincent sourit de nouveau car il vient de faire une découverte. “Merci mon Dieu de m’avoir envoyé cette simple fille, dit-il en s’adressant au créateur, elle a compris de sa simplicité ce que je n’avais pas compris. C’est avec les pauvres que je sauverai les pauvres…”

Et de poursuivre évoquant Marguerite Naseau : ” Cette charité que les femmes du monde avaient enrobé de futilité, elle se mit à la faire simplement, laborieusement, comme un travail de pauvre…”

Filles de la Charité

Ce dernier sourire était pour le moins justifié car c’est avec des femmes comme Marguerite que Monsieur de Paul put fonder – en 1633 – la Congrégation des Filles de la Charité – appelées aussi “Soeurs de Saint-Vincent de Paul”.

Une congrégation qu’il créa dans la maison de celle qui lui avait offert le 2ème sourire décrit dans cet article : Louise de Marillac.

Autres articles en lien : Monsieur Vincent, les déceptions d’un saint ; Monsieur Vincent, l’oeuvre des Enfants-Trouvés

Related Articles

Close