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Les vitraux et la symbolique religieuse

Les vitraux et la symbolique religieuse

La symbolique religieuse des couleurs, des formes et des nombres crée un langage spécifique dans un lieu chargé d’histoire et de spiritualité.

La connaissance des codes établis depuis des siècles permet une lecture plus aisée des vitraux. L’art du verre exprime grâce à une écriture des formes et des couleurs et à une arithmétique, une musique qui associe une infinité de rythmes et de modulations. La répétition d’un même dessin, un système binaire d’opposition ou de relation en miroir créent cette résonance comme les rimes d’un poème.

Chaque baie participe à cet écho par la superposition, le croisement d’une verrière à l’autre. Le déroulement logique, temporel ou narratif suit un sens de lecture traditionnel de bas en haut, de la terre au ciel.

Le symbolisme des couleurs

Chaque couleur a une fonction : le blanc sert de liaison, le noir sépare et dessine, le rouge reste une couleur tragique et solennelle souvent utilisée dans le passé pour les manteaux royaux, les armes, les martyrs. Quand le rouge et le bleu s’affrontent la lutte est si violente parfois qu’ils sont séparés par une grisaille pour garder leur valeur propre. Le vert incarne la vie, il est signe de résurrection.

Il est souvent nécessaire de répartir les couleurs en fonction de leur capacité à transmettre ou à retenir la lumière pour une clarté également répartie sans contraste et sans déséquilibre.

La signalétique des formes

Le cercle est le lieu d’une rencontre où la vénération, la tendresse, la lamentation peuvent s’exprimer. Dans les arcs, comme dans les arcs en ciel, se manifeste souvent la présence divine. Le cercle peut aussi se charger négativement et devenir une sorte de ronde infernale, de cercle vicieux de la violence.

La continuité d’une ligne graphique est la marque de la successivité, les actions, elles, sont présentées en éventail.

Les horizontales sont si peu employées qu’elles se remarquent, elles sont le signe de la mort, du sommeil, de la prostration, de la naissance ou du sacrifice. L’effet de contraste vie-mort peut se matérialiser par des droites croisées. Les verticales parallèles accompagneront une scène de dialogue, un affrontement ou un cheminement.

Le principe classique veut que chaque verrière ait une unité de lecture, une entité suffisante.

Le symbolisme traditionnel des nombres

Le chiffre trois est le signe de la trinité, il appartient au domaine du spirituel ; le quatre est celui des quatre éléments, il se réfère au monde matériel celui du corps ou des réalités du monde. Le sept associe le quatre, le corps et le trois, l’âme, il devient ainsi le signe humain par excellence. Il est associé aux arts, aux âges de la vie, aux sacrements, aux planètes, aux vertus. Sept sont les jours de la création, les tons grégoriens. Douze est l’église universelle, multiple du quatre et du trois.

A ce langage spécifique et codé les peintres de la lumière, tout en recevant la charge spirituelle du lieu, apporteront chacun leur style et répondront favorablement : Villon, Chagall, Bazaine, Manessier, Le Moal, Ubac, Alberola, Rouan, seront de ceux là et un troisième article décrira leurs interventions.

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