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Les UGG quand le moche devient une star de la mode

Les UGG quand le moche devient une star de la mode

Les bottines australiennes en mouton retourné font la une des forums de mode et des débats juridiques. En valent-elles vraiment la peine ?

Faut-il écrire Ugg®, ou tout simplement ugg ? C’est un vrai dilemme que posent ces nouvelles favorites des podiums de la mode 2010-2011. Les puristes ne jurent que par l’étiquette authentique, les autres s’en moquent pourvu qu’elles soient moins chères. De toute manière, Ugg® ou ugg, leur mocheté n’a d’égale que leur merveilleux confort, pour avoir les pieds bien au chaud tout l’hiver.

La Ugg®, un peu d’histoire…

Les pages anglophones de Wikipédia font remonter l’origine des “sheetskin boots” à la Première Guerre mondiale, portées par les pilotes d’avion, dans des cockpits ouverts aux quatre vents.

Ce ne sont pourtant pas ces héros casqués qui furent les meilleurs porte-paroles de la bottine en mouton, mais plutôt les beaux surfers bronzés australiens et néozélandais. L’Australie, terre des moutons dont la qualité des peaux est légendaire, après avoir chaussé les pieds des paysans du cru, a permis à ces héros de réchauffer leurs pieds nus après plusieurs heures passées sur la crête des vagues. Faciles à enfiler avec les pieds mouillés, pratiques pour marcher sur le sable, et qui plus est, rendues irrésistiblement sexy grâce à leur meilleur ambassadeur : le beau surfer Brian Smith, sur qui même une peau de bête paraîtrait venir de chez un grand couturier.

La guerre des uggs

Que les choses soient claires : “ugg” est un mot qui était déjà utilisé dans les années 1920, abréviation des “flying ugg boots” qu’utilisaient déjà les pilotes d’avion. Les choses se sont un peu compliquées lorsque la firme américaine Deckerts Outdoor Corporation qui, ayant commercialisé ces vulgaires chaussons de plage pour en faire des dollars sous la marque UGG® Australia, s’est mise à chercher des poux dans les cheveux australiens, arguant que le mot “ugg” était une marque déposée. Bien entendu ils n’ont pas eu gain de cause, puisque ce mot “ugg” figure bel et bien dans tous les dictionnaires anglophones et qu’il est né sur la terre australienne. On pourrait dire pour rigoler, que la faute de tout ce bazar retombe sur Brian Smith qui, au lieu de rester chez lui à surfer, s’est transformé du jour au lendemain en business man pour exporter ses chaussons si peu sexy aux Etats-Unis.

Ces petites horreurs sans forme, sans élégance, sans sex-appeal n’en font pas moins l’objet de règlements de compte à mourir de rire sur les sites Internet des uns et des autres, du style : “La seule, l’unique, authentique ugg, c’est nous…” Il existe même une association de défense de la peau de mouton autralienne!

Portez des uggs : vous serez moches, mais c’est tendance !

Avouons-le, les uggs ne sont pas ce qu’il y a de plus excitant dans le paysage de la mode. Les mauvaises langues vont même jusqu’à dire que “UGG” est dérivé de “uggly” (moche en anglais). Seulement voilà, un papparazzi a réussi à photographier Britney Spears ou Pamela Anderson tout juste sorties du lit pour aller acheter une plaquette de beurre (de cacahuètes), hirsutes et mal sapées, avec des uggs aux pieds. Pour une fois que ces splendides créatures affichent une parfaite beauté au naturel, et que l’on aurait pu fantasmer sur le lit qu’elles venaient de quitter, non, ce sont leurs uggs qui ont fait la une, les fashion makers ayant vu là de quoi se faire du beurre (de dollars) à moindre frais.

Alors oui, les uggs, c’est tendance pour encore quelques saisons, seulement à quel clan appartenez-vous ?

Celui des purs et durs de la marque américaine dont le logo se monnayent de 150 € à 300 € ? Ou des aficionados du Net, en quête des imitations à prix plus raisonnables, ou de la sauvegarde des petites entreprises artisanales australiennes ?

Comment porter des uggs pour être moins moches ?

À moins de vouloir absolument avoir un look à la Pocahontas, rassurez-vous, les uggs peuvent vous rendre belle. Il vous suffit de soigner votre allure, avec une coiffure “sauvage apprivoisée”, un maquillage bien marqué sans être trop sophistiqué, des jeans droits un peu masculins mais relevé d’une belle ceinture à boucle large, et surtout, un blouson ouvert sur une belle chemise blanche. La règle serait en fait d’attirer le regard sur votre silhouette et votre visage, pour éviter qu’il ne tombe malencontreusement sur vos uggs. Voici les conseils d’une spécialiste qui préconise de porter les uggs avec :

  • Un slim bleu délavé + un pull loose fin bleu pétrole + un blazer noir + un maxi foulard imprimé cachemire dans les tons automnaux.
  • Des leggings en laine gris, une longue chemise à carreaux dans les tons rouges, un long gilet gilet sans manches bleu, une petite veste en cuir noir.
  • Des collants en laine noire, une robe pull sweat caramel, ton gilet en fourrure gris, un bonnet en grosse maille noir.

Le gros avantage des uggs est bien entendu leur extrême confort et vous voilà enfin munie d’une chaussure respectant votre pied et votre dos. Le comble, pourtant, c’est que, par souci d’améliorer l’esthétique des uggs, les stylistes commencent à lui ajouter talons hauts (Rosabella, Kenzo), semelles de bois (Lynnea)… Il ne pouvait rien arriver de pire à vos pieds : moches et inconfortables. On ne pourra même plus vous dire : “Sois belle et tais-toi.”

A lire

L’histoire de la guerre des uggs

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