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Les troubles de lenfant monoparental Grandir avec un parent seul quelles consequences sur lenfant

Les troubles de lenfant monoparental Grandir avec un parent seul quelles consequences sur lenfant

16 % des enfants français vivent avec un seul parent. Quels sont les troubles infantiles liés à cette architecture familiale ? Mieux comprendre, pour mieux accompagner.

Qui sont ces enfants qui grandissent avec un seul parent ? Quelles blessures, quelles faiblesses la séparation familiale inscrit-elle en eux ? Qu’il soit le fruit d’un amour passionnel, “l’accident” d’une nuit, l’otage des guerres conjugales, l’enfant se dresse face à son parent (la mère dans 85 % des cas). En état d’urgence, en état d’attente comme tous les enfants du monde. Ses besoins sont partout les mêmes : amour, nourriture, sécurité, jeux, réponse et espoir d’avenir. L’enfant exige, dans une absolue candeur, des antagonismes qu’il génère parfois chez l’adulte, qui se trouve renvoyé, à chaque inaptitude, à ses propres limites.

Trouble majeur : la pauvreté et ses effets

De la réalité monoparentale, ils vivent en général de manière directe les conséquences financières. Le foyer monoparental, bénéficiant au mieux d’un seul salaire ou au pire des minima sociaux, dispose d’un revenu mensuel minoré par des charges qui pèsent plus lourdement sur son budget. Les besoins de base (alimentaires, vestimentaires, transports, loyers…) engloutissent la majeure partie de ce budget.

Les besoins de l’enfant évoluent de manière exponentielle en fonction de son âge et représentent souvent à eux seuls un poste important des dépenses. Dans ce contexte de précarité, un enfant sur cinq dans les familles monoparentales vit dans un logement surpeuplé et ne dispose pas de sa chambre (contre un enfant sur dix pour les familles classiques).

Inégalités de chance face aux loisirs

L’enfant monoparental en général ne bénéficie pas de la même chance d’accès aux vacances et loisirs. Les activités extrascolaires (musiques, sport, danse, etc.) étant en général payantes, les mamans peinent à offrir ces activités à leurs enfants. Et lorsque des solutions de proximité existent et sont prises en charge (CAF, Francas, Léo Lagrange, etc.), les modes de transport ou les horaires viennent compliquer leur mise en place. Le parent qui travaille est rarement relayé par un tiers.

Intervention extérieurs : suivi social et prise en charge des difficultés scolaires

L’impact de la malnutrition, de l’irrégularité ou de l’absence de soin, dans les cas les plus extrêmes, peuvent conduire à des effets visibles sur le développement de l’enfant. Touché plus fréquemment par la pauvreté, les enfants de parents séparés sont en moyenne plus souvent soumis à un suivi de la part des services sociaux et sujets aux difficultés scolaires. Cependant, il est à noter que ces difficultés sont en général passagères. Ils ne souffrent de ces troubles qu’au plus fort de l’éclatement familial et peuvent les surmonter avec un soutien spécialisé.

De l’abandon symbolique à l’abandon réel : les troubles psychologiques à surveiller

Durant les longs mois que dure le divorce et même parfois après, l’enfant de parents séparés vit l’épreuve de l’abandon symbolique de façon double. Abandonné par le parent absent, il est aussi “l’abandonnant” du parent dont il ne partagera plus le quotidien. Il apprends parfois, dans les cas où la séparation se place dans un climat de violence réelle ou symbolique, à développer des stratégies psycho-affectives de protection ou de contournement (repli, mutisme, manipulation, sur(ou sous)-investissement du champ scolaire ou social, auto-mutilation, anorexie, etc.). Ces troubles exigent une attention toute particulière et une prise en charge précoce afin qu’ils ne s’installent pas dans la durée.

Isolement, sentiment de culpabilité et tentation de la tyrannie

L’épreuve de la séparation conjugale s’accompagne souvent d’une dissolution ou de l’éclatement de la sphère familiale transversale et amicale. L’enfant subit ainsi le rétrécissement de la vie sociale de son parent référent. Cette situation, rendue plus tendue par les difficultés financières, plonge les protagonistes dans une forme de fusion et d’auto-culpabilité contraire à l’épanouissement de chacun.

L’enfant peut dans certains cas envoyer des signaux de son mal être. Soyez attentifs si votre enfant : délaisse les amis de son âge, interfère dans les rapports entre ses parents, ment pour tenter d’aplanir les difficultés réelles ou imaginaires, s’approprie des compétences pratiques au sein de la maison, adopte des postures tyranniques ou culpabilisantes pour le parent avec lequel il vit. Le spectre de “l’enfant-roi” plane alors sur le parent seul, partagé entre culpabilité, manque de temps et sentiment d’amour filial.

Conflit de loyauté et manque de référent adulte masculin (ou féminin en fonction de la situation)

Dans certains cas, le parent dévoué sur-investit son rôle et l’enfant compense l’absence du conjoint. Pris dans un conflit de loyauté, l’enfant se “hisse” symboliquement dans la sphère adulte. Il adopte des réflexes protecteurs vis-à-vis du parent en situation de “fragilité” (cela peut parfois être le parent absent). Confusion des genres et des rôles, l’enfant monoparental en posture de compensation, exprime là le manque de modèle du “parent” absent. La présence d’un oncle, d’un ami, d’un grand-père, ou d’un parrain de proximité (lire article ici) en cas d’absence du père, peut venir contrebalancer et proposer une alternative au petit garçon qui vivrait seul avec sa mère, par exemple.

Au total, l’enfant qui grandit avec un seul parent suite à une séparation, un décès ou un abandon, présente généralement des troubles qui peuvent se retrouver dans d’autres contextes. Il sont souvent liés et aggravés par la pauvreté des familles monoparentales. Mais dans aucun cas, la séparation n’explique à elle seule les troubles de l’enfant. Ils sont en général les résultats d’une combinaison de problématiques et d’une personnalité plus ou moins fragilisée.

Dans tous les cas, quel que soit le problème, n’hésitez pas à agir, des solutions existent en complément de votre amour…

À consulter pour améliorer le bien-être de vos enfants :

  • La PMI
  • La CAF pour les aides aux vacances et aux loisirs
  • Les services sociaux dans les “maisons de proximité” pour les aides financières
  • L’ANIL pour les questions de logement
  • Votre médecin généraliste qui vous orientera vers un thérapeute selon les cas
  • UNAF – union nationale des associations familiales.
  • Les “Maisons vertes” initiées par Françoise Dolto (pour les 0 à 3 ans – adresse disponible dans les PMI ou mairie de votre commune)

À lire :

B. Bastard, L’enfant séparé, éditions Autrement, 2001 (pour vous).

Dr. Catherine Dolto-Tolitch, Vivre seul avec papa ou maman, éditions Gallimard Jeunesse, 1996 (pour votre enfant).

Sources :

Rapport INSEE Première “Enfants des couples et enfants de familles monoparentales”, janvier 2009.

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