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Les images dEpinal origines histoire et musee

Les images dEpinal origines histoire et musee

A la fois œuvres d’art et vecteurs d’information, les images d’Epinal, ces illustrations imprimées, nous charment depuis plus de deux cents ans.

Epinal est la plus grande ville du département des Vosges dans la région Lorraine. “Image” est souvent associée à “Epinal”, et de nos jours, cette locution familière est passée dans le langage courant pour qualifier la représentation naïve d’un événement. Pourtant, pendant tout le XIXe siècle, les “Images d’Epinal” ont constitué ce que certains historiens appellent un “quatrième pouvoir”, par sa puissance de communication, d’information et de propagande.

La Cité de l’Image est née en associant les destinées de l’Imagerie d’Epinal, établissement privé, et le musée de l’Image, édifice public. A l’origine, Epinal n’était pas le seul centre imagier. Ce qui distingue l’Imagerie d’Epinal des autres centres, c’est l’activité quasi industrielle développée par une dynastie familiale jusque 1914, les “Pellerin”.

En 1796, Jean-Charles Pellerin crée l’Imagerie d’Epinal

L’Imagerie existe à Epinal dès le XVIIe siècle, mais ce n’est qu’à la fin du XVIIIe, en pleine Révolution Française, que les Pellerin apparaissent sur la place. Cartiers Dominotiers, Nicolas et Gabriel Pellerin s’installent à Epinal en 1735. Ils fabriquent des cartes à jouer et du domino (papier peint de l’époque).

C’est en 1756 que naît Jean-Charles Pellerin. En 1796, il crée l’Imagerie telle que nous la connaissons. Horloger. Marchand de vin, graveur sur bois, cartier dominotier, Jean-Charles fabrique des cadrans d’horloge émaillés et ornés de motifs religieux. Ces sujets ne se vendant plus en pleine tourmente révolutionnaire, il a l’idée de les remplacer par des cadrans de papier imprimé et colorié aux pochoirs. C’est le début d’une aventure qui se poursuit encore de nos jours.

Les images et l’Empereur

L’Imagerie populaire doit son succès à l’iconographie religieuse. Mais Jean-Charles Pellerin, dès la Révolution, sait adapter sa production au goût du jour. Les sujets profanes commencent à se développer.

Le véritable décollage de l’entreprise se situe vers 1810, jusqu’au rétablissement de la censure en 1835, par la collaboration avec François Georgin, graveur, fervent admirateur de l’Empire illustrant tous les grands moments du Premier Empire. En ravivant le culte de Napoléon 1er, les Pellerin préparent l’avènement de Louis Napoléon Bonaparte. Une grosse partie de la production imagière est d’ailleurs teintée de bonapartisme.

Publicité et propagande

C’est aux alentours des années 1880 que l’Imagerie connaît un nouveau souffle, par le développement des sujets de propagande et par la collaboration avec des dessinateurs et des éditeurs de qualité. La collaboration avec Gaston Lucq (contracté en GLUCQ), éditeur parisien, développe une image de propagande industrielle, commerciale et politique.

Les premiers prospectus publicitaires sont nés à Epinal, tout comme les tracts électoraux de tous bords, qui ont foisonné jusque 1914, trouvant leur apogée en mars 1889 avec le célèbre supplément du Figaro, lequel reproduisait les quatre programmes politiques des partis en présence. L’enseignement n’est pas exclu, avec la production de milliers d’abécédaires, de leçons de choses, de planches d’histoire et de sciences naturelles.

La fabrication des images

Aujourd’hui encore, les tirages numérotés des créations nouvelles sont imprimés sur du papier à base de chiffons (vergé ou vélin) de grande qualité. Il faut noter que le vélin utilisé porte le filigrane de l’Imagerie d’Epinal représentant le Chat Botté.

La xylographie est la technique originelle de la fabrication des Images d’Epinal: la gravure sur bois (du grec “xylo”, “bois”). La presse qui est utilisée pendant les visites date de 1796, année de création de l’Imagerie Pellerin. On la nomme presse Gutenberg en hommage à l’inventeur de l’imprimerie mais son véritable nom est presse xylographique.

Apparue en 1850 à l’Imagerie d’Epinal, la lithographie (du grec “litho”, “pierre”) révolutionne le monde de l’imprimerie. En effet, la gravure sur pierre permet beaucoup plus de précision dans le trait et de détails dans le dessin. L’impression se fait ici par frottement et non plus par pression.

Le musée de l’image

Le musée de l’Image et l’Imagerie d’Épinal se situent sur un même site intitulé Cité de l’Image. La Ville d’Épinal a souhaité valoriser ce patrimoine et a créé, en 2003, le musée de l’Image. Situé juste à côté de l’Imagerie d’Épinal, le musée gère aujourd’hui la plus importante collection européenne d’images populaires françaises et étrangères (plus de 100 000) du XVIIe siècle à nos jours.

Son architecture contemporaine s’inscrit comme le pendant réussi du bâtiment historique de l’imagerie. La salle d’exposition permanente développe sur 400 m² l’histoire de l’imagerie populaire du XVIIe siècle à nos jours, les graveurs, les centres imagiers…

L’imagerie d’Epinal

C’est l’un des sites artisanaux les plus visités de Lorraine. Si l’imagerie continue à réimprimer des images anciennes, elle diversifie sa production en collaborant avec des artistes contemporains.

Au programme: visite guidée dans les anciens ateliers de production, où les machines authentiques permettent de mieux comprendre l’utilisation de techniques d’antan et flânerie dans la boutique pour le plaisir d’offrir une image…


Renseignements utiles

Cité de l’image, 42 bis, quai de Dogneville, 88000 – Epinal

Musée de l’Image, Tel. : 03.29.81.48.30

Imagerie d’Epinal, Tél. : 03 29 31 28 88

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