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Les etapes 16 et 17 du Tour de France 2010 decryptees

Les etapes 16 et 17 du Tour de France 2010 decryptees

Le Tour de France 2010 consacre le centenaire du premier passage dans les Pyrénées. C’est là que le Tour va se jouer. Analyse des étapes 16 et 17.

Le Tour 2010 est déjà bien entamé et on y voit un peu plus clair concernant les favoris. Les deux étapes alpestres, que l’on attendait moins propice aux écarts, ont permis de faire la différence entre les favoris, en particulier la 9e étape. Un duel dans les Pyréenées se dessine entre Alberto Contador, double vainqueur du Tour en 2007 et 2009 (en 2008, son équipe, Astana n’était pas invitée sur la Grande Boucle). S’il fait aussi chaud que durant les deux premières semaines, on peut s’attendre à de grosses défaillances. Après une très belle 15e étape, analyse des étapes 16 et 17.

16e étape du Tour de France 2010 : Bagnères-de-Luchon-Pau, 199km (mardi 20 juillet)

Cette étape va être terrible ! Elle peut s’avérer très dangereuse. En effet, il faut noter que ce sera la troisième étape de montagne consécutive. Les coureurs très fatigués vont souffrir. On peut légitimement s’attendre à des abandons si la course s’emballe.

Dès le départ, les coureurs vont attaquer le col de Peyresourde (11km à 7.1 %, catégorie 1). Il est compliqué de démarrer une étape par un col, c’est pourquoi, lorsque c’est le cas, on voit souvent des coureurs s’échauffer avant le départ (d’habitude, ils le font durant le départ fictif). Si le départ est très rapide (avec des attaques), les coureurs non échauffés peuvent se retrouver lâcher (même les favoris).

Ensuite viendra le col d’Aspin (12.3km à 6.3 %, catégorie 1).

L’enchaînement qui va suivre est assez impressionnant : col du Tourmalet (17.1 km à 7.3 %, HC avec le souvenir Jacques Goddet, directeur du Tour de France de 1936 à 1987) puis le terrible col d’Ausbique (29.2km à 4.2 %, HC). Alors que peut-il se passer au cours de cette étape ?

Une explication entre les meilleurs semble peu probable dans la mesure où le dernier col (Ausbique) se situe à 70 km de l’arrivée. On voit mal A.Schleck faire les 70 km seul (il faut déjà lâcher Contador).

Premièrement, cette étape sera primordiale pour ceux qui visent le maillot à pois (90 points à prendre). Ensuite, des équipiers des favoris peuvent se glisser dans l’échappée (comme l’a fait Voigt, équipier de A.Schleck dans la 9e étape).

Ainsi, ils peuvent servir de relais dans la vallée (70 derniers kilomètres) si une bagarre entre les meilleurs était déclenchée. Puis, une équipe avec un leader mal classé qui se sent mieux peut « mettre le feu » dès le début, même si cette hypothèse est peu probable.

Enfin, à défaut d’explication individuelle, une équipe peut « embrayer » dans l’Ausbique ou le Tourmalet si un favori est en difficulté (comme Cadel Evans sur la 9 étape).

Cette étape promet en tout cas d’être spectaculaire. Il y a matière à faire un coup, comme l’avait fait Eddy Merck en 1969 après 130 kilomètres d’échappée (l’arrivée était à Mourenx).

17e étape du Tour de France 2010 : Pau-Col du Tourmalet, 174 km (jeudi 22 juillet)

La dernière chance pour tous ceux qui rêvent d’un exploit sur un col mythique ou ceux qui prétendent au podium ou à la victoire. Cette étape se situe le lendemain de la journée de repos.

Ces journées sont toujours difficiles à gérer ; la plupart des coureurs font une légère sortie pour garder le rythme. D’autres préfèrent se reposer. On a déjà vu par le passé des défaillances après des journées de repos.

Surtout, après l’enchaînement des 3 étapes pyrénéennes et le jour de repos, certains organismes peuvent avoir du mal à « digérer » cette coupure. Après la côte de Renoir (catégorie 4) en début d’étape, les coureurs enchaîneront avec le col de Marie Blanque (9,3 km à 7.6 %, catégorie 1) puis avec le col du Soulor (11,9 km à 7.8 %, catégorie 1). Enfin, l’ascension finale du col du Tourmalet (avec le souvenir Henri Desgrange, fondateur du Tour de France) ponctuera cette étape.

C’est la deuxième fois en 2 jours que les coureurs emprunteront ce col. Avec la fatigue, la possible chaleur, l’altitude (à 2 000m, on respire moins bien), cette ascension peut-être l’apothéose de ce Tour de France 2010. On rêve d’un duel entre Contador et Schleck, les deux meilleurs grimpeurs de ce Tour.

Avant l’étape, la configuration sera simple. A.Schleck doit posséder au minimum 2 minutes d’avance sur Contador s’il veut s’imposer dans la mesure où le lendemain, Contador est mieux disposé su le contre-la-montre. Ainsi, si l’écart est inférieur à 2 minutes, Schleck devra attaquer. Sinon, c’est Contador qui devra prendre ses responsabilités.

En revanche, si le Tour est déjà joué, cette étape peut accoucher d’un souris (comme cela avait été le cas l’an dernier sur le Ventoux, la veille de l’arrivée).

Mais la tendance est plutôt au spectacle après un début de Tour exceptionnel.

Découvrez également l’analyse des étapes 14 et 15.

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