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Les dioxines definition origines et solutions

Les dioxines definition origines et solutions

Ces particules, rejetées dans l’air par les activités humaines, sont toxiques pour les organismes vivants. D’où la nécessité de les limiter.

Le 10 juillet 1976, un nuage de dioxines flotte au-dessus de Seveso, près de Milan. Accident emblématique de l’ère industrielle – bien avant Bhopal ou Tchernobyl –, la catastrophe italienne révèle au grand jour les méfaits de ces composés chimiques, jusque-là plutôt méconnus du public. Parallèlement, la production croissante de déchets – dont la combustion reste associée aux dioxines –, oblige les pouvoirs publics à trouver des stratégies pour limiter les rejets des substances nocives dans l’atmosphère.

Les dioxines: définition et origines

La plaquette de l’Institut de veille sanitaire (InVS) consacrée aux dioxines les décrit comme des “hydrocarbures aromatiques polycycliques chlorés” (HAPC), terme barbare signifiant que ces molécules de forme cyclique se composent de carbones et de chlores. 217 composés chimiquement comparables ont été identifiés, parmi lesquels 17 considérés toxiques. Le plus dangereux étant le TCDD, surnommé “Dioxine Seveso”.

Ces particules sont rejetées dans l’air suite, généralement, à différentes activités humaines:

  • incinération de produits chlorés: combustion des déchets de tout type, activités industrielles comme la cimenterie;
  • industrie de la papeterie;
  • industrie chimique spécialisée dans les produits chlorés;
  • outre un taux de base naturel, les éruptions volcaniques comme les feux de forêts libèrent des dioxines dans l’air.

Une fois dans l’atmosphère, les composés chimiques peuvent se déplacer sur de longues distances avant de retomber sur les sols, les végétaux ou, dans une moindre mesure, dans les cours d’eau. Les animaux sont contaminés par les végétaux qu’ils ingèrent ou l’environnement dans lequel ils évoluent, permettant ainsi l’entrée de la dioxine dans la chaîne alimentaire, responsable selon l’InVS de 95% des contaminations par la dioxine observées chez l’homme.

Les conséquences de la dioxine sur l’homme

Le site de l’Organisation mondiale de la santé explique que la structure chimique des dioxines leur confère une grande stabilité qui, associée à leur caractère lipophile – étymologiquement “qui aime le gras” –, conduit à l’accumulation de ces substances dans les tissus adipeux des êtres vivants. La concentration en dioxines augmente au fur et à mesure de la chaîne alimentaire, l’homme culminant au sommet. On parle de bioaccumulation, chaque maillon de la chaîne avalant des organismes un peu plus contaminés que le précédent.

L’OMS liste les conséquences d’une exposition forte mais transitoire aux dioxines:

  • acné chlorique ou chloracné, observée chez le dirigeant Viktor Ioutchenko empoisonné à la dioxine pure;
  • taches sombres sur la peau;
  • altération de la fonction hépatique.

Lorsque le contact avec la dioxine perdure, sont observés les effets suivants:

  • affaiblissement du système immunitaire;
  • atteinte du système nerveux;
  • altération du système endocrinien;
  • dysfonctionnement des fonctions procréatrices;
  • effet cancérigène (poumon, système lymphatique, thyroïde) pour la seule dioxine Seveso.

Il convient de préciser que les liens entre l’exposition à faible dose à de telles substances nocives et les effets sur la santé humaine sont difficiles à mettre en évidence.

Limiter les rejets de dioxine dans l’atmosphère

La peur suscitée par l’installation de nouveaux incinérateurs, rendue nécessaire par la quantité croissante de déchets, oblige les pouvoirs publics à trouver une alternative à la combustion des détritus, mais également au stockage des déchets – qui finit par contaminer les sols et les nappes phréatiques. Le site Futura-Sciences évoque ainsi le recyclage des matériaux, notamment des papiers, cartons ou verres.

Cependant, tous les déchets ne peuvent être recyclés pour le moment. Tant qu’une alternative à l’incinération des déchets ne sera pas trouvée, le traitement des fumées libérées lors de la combustion des détritus reste un moyen de limiter les rejets de dioxines dans l’atmosphère, ainsi que le souligne le site de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME).

La gestion catastrophique des déchets à Naples – gangrenée par la mafia –, a obligé Silvio Berlusconi, selon un article du Monde.fr ce vendredi 22 octobre 2010, à promettre une solution rapide pour vider les rues napolitaines des décharges sauvages. Et limiter les risques sanitaires liés à une telle gabegie. A Marseille, la grève des éboueurs excède les habitants, qui n’hésitent plus à brûler les envahissants détritus. Feux de poubelles qui libèrent un peu plus de dioxines et autres poisons dans l’atmosphère déjà polluée de l’ère post-industrielle.

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