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Les Beatles travaillaient plus pour gagner moins Ils composent Taxman car ils sont imposes a 96 de leurs gains

Les Beatles travaillaient plus pour gagner moins Ils composent Taxman car ils sont imposes a 96 de leurs gains

Cela valait-il le coup de s’épuiser à donner des concerts dans le monde entier pour ne toucher que… 4% des sommes engrangées ? Mi-1966 ils disent adieu à la scène.

Dans les années 70, de nombreux artistes (rock stars, acteurs, etc.) désertèrent l’Angleterre où il n’était plus «rentable» de gagner beaucoup puisqu’on y avait créé la «super taxe» qui ne laissait plus que 4%. Les Beatles en prirent conscience beaucoup plus rapidement. Eux n’envisagèrent pas de quitter leur terre natale, mais en revanche décidèrent qu’il était temps d’arrêter de se ruiner la santé en incessantes tournées dans le monde entier. Au Japon, par exemple, Ringo passa une soirée d’enfer car on avait proféré des menaces : on « devait » leur tirer dessus lors de leur prestation scénique ; c’était fin juin 1966. Aux Philippines, à Manille, début juillet, ils avaient failli se faire lyncher simplement parce que, trop fatigués, ils avaient décliné l’invitation en son palais du dictateur Markos. Comment s’étonner que le concert qu’ils donnèrent en Californie le 29 août soit leur dernier ?

Adieu à la scène… sans le moindre regret

Le public faisait tant de bruit qu’ils ne s’entendaient plus jouer et leurs compositions de plus en plus élaborées devenaient, de toute façon, impossibles à reproduire en live. Se donner tant de peine pour seulement 4% était-ce bien raisonnable ? Cet amer constat les mènera à fonder en 1968 leur propre société de disques, Apple, après qu’en 1967 Paul McCartney et Mick Jagger aient entamé de vains pourparlers pour un label commun aux Rolling Stones et aux Beatles.

Se faire avoir jusqu’au trognon… d’Apple !

Tout bien réfléchi, 4% de beaucoup d’argent était quand même nettement plus intéressant que la proposition initiale de leur manager Brian Epstein qui, en 1962, leur avait généreusement proposé à vie, à chacun, 50 £ par semaine et, lui, en tant que manager, aurait conservé la part restante. George en parle dans « Anthology » :

– Il a voulu nous faire signer un papier. On lui a dit « Non, on va prendre le risque, Brian, on va prendre le risque… de gagner un peu plus de 50 £ par semaine ! »

En revanche, il est étonnant que ce soit le timide et réservé George Harrison qui ait écrit « Taxman » car on sait que des quatre c’était Paul le plus âpre au gain.

Harrison et Gaston Lagaffe, même combat

Le dessinateur André Franquin avait engagé son héros Gaston dans une lutte sans merci contre les parcmètres, outré par l’idée qu’on « paye pour rouler, paye pour s’arrêter ». Harrison fait de même, expliquant que bientôt on va devoir payer pour respirer. Et son attaque envers le « taxman » est apolitique car, dans sa chanson, il cite à la fois le Premier ministre en place, Harold Wilson, travailliste, mais également Edgar Heath, conservateur, qui lui succédera en 1970 (quant aux parcmètres de Franquin, les Beatles ne sont pas en reste avec “Lovely Rita”, 1967).

De vraies fausses bonnes idées

Ecoeurés par tant d’injustice («plus on gagne, moins on gagne ; c’est injuste» déclara George. Toujours lui !), les Beatles qui se croyaient très riches et en fait ne l’étaient pas tant, firent parfois n’importe quoi. On évoque fréquemment l’échec, la monstrueuse faillite de leur magasins de fringues Apple qui ferma en quelques semaines de 1968. Mais ils avaient fait plus bête encore :

– On a marché dans une combine absurde : on a payé un type pour aller vivre aux Bahamas et surveiller notre argent afin qu’il devienne non imposable. En fin de compte, on a dû rapatrier tout le pognon, payer des impôts dessus et payer le type . C’était un système qu’avait échafaudé Brian et on a marché (Ringo, sur « Anthology »).

George Harrison et l’argent

Ulcéré, George enregistre « Taxman » au printemps 1966 et le titre ouvrira l’album « Revolver ». Premier titre de la première face, quelle promotion pour George. Sur l’édition américaine on relève une petite différence : en introduction on entend « One-two-three-four ». George compte ! Il compte beaucoup, à l’époque. Il a notamment écrit la chanson “Only a Northern song” dans laquelle il révèle que, contrairement à Paul et John qui possèdent 30% des parts de leur société d’édition musicale, lui et Ringo ne possèdent chacun que 1,6%. Il sait compter, George !

Mais il aurait dû continuer à compter. L’information que nous allons vous livrer n’est pas l’absolue certitude… mais n’en est sans doute pas loin ! Durant des années, George avait toujours maintenu mordicus que jamais plus il n’y aurait de disque des Beatles (et il ajoutait que c’était impossible puisque John était mort en 1980). Or il accepta une reformation virtuelle pour « Anthology ». On prétend que c’est l’état catastrophique des finances de sa société de production cinématographique qui l’a poussé à repartir au charbon. Saura-t-on jamais ?

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