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Lepopee des Verts

Lepopee des Verts

Retour sur les années glorieuses de l’AS Saint-Etienne en Coupe d’Europe de football, de 1974 à 1977, avec notamment la célèbre finale perdue de 1976.

L’équipe de France de Michel Hidalgo n’était pas née que l’AS Saint-Étienne de Robert Herbin tirait déjà vers le haut le football français. Dominant le championnat de France depuis le milieu des années 1960, les Verts commencent à jouer leur chance en Coupe d’Europe. Durant trois saisons, ils tiennent en haleine les foyers de la France entière. Le football n’est pas encore régi par Canal+ et les nombreuses diffusions de championnats étrangers ou des poules de Ligue des Champions, et on suit alors avec passion les matches aller et retour du club français.

Des titres nationaux à la pelle

Trois titres de champions de France en 1974, 1975 et 1976, mais aussi deux coupes en 1975 et 1977, garnissent l’armoire aux trophées du club, constituant sa période la plus faste avec cette finale de Coupe d’Europe des clubs champions, équivalent de la Ligue des Champions d’aujourd’hui.

L’histoire avait commencé en septembre 1974 avec les rencontres contre le Sporting Lisbonne, champion en titre du Portugal. Se qualifiant logiquement grâce à un nul à l’extérieur (1-1, but de Synaeghel pour les Verts), après une victoire 2-0 à la maison (buts d’Hervé Revelli et Beretta), l’épopée verte est lancée. À l’époque, on découvre la règle des buts qui comptent double en cas d’égalité sur les deux matches, afin de favoriser l’attaque des équipes qui se déplacent.

Le temps des premiers exploits

Le premier grand exploit des Verts est la confrontation contre le Hajduk Split de Surjak et Oblak, champion de Yougoslavie. Après une terrible défaite à Split (1-4), le match retour au Stade Geoffroy-Guichard de Saint-Étienne est un jour de gloire pour le club. Larqué, Bathenay, Beretta et Triantafilos deux fois assomment les Yougoslaves et se qualifient en prolongations! Peu habituée à de tels retournements, la France est verte et fête ce succès jusqu’au bout de la nuit.

Éliminant ensuite le champion polonais Ruch Chorzow (2-3 et 2-0, Janvion et H. Revelli), l’ASSE voit se profiler des demi-finales contre le Bayern Munich, champion d’Europe en titre avec les Müller, Beckenbauer et Maier. Malgré une belle résistance à l’aller (0-0), c’est une défaite 0-2 en Allemagne qui élimine les Français. Mais le goût des joutes européennes donne envie d’y revenir et la saison suivante est une confirmation pour l’AS Saint-Étienne.

Robert Herbin, tactique et endurance

Si Saint-Étienne atteint un tel niveau, c’est grâce à un coach intelligent et fin tacticien, qui utilise des méthodes d’entraînement influencées par la rigueur allemande et le football total de l’Ajax d’Amsterdam. En effet, les joueurs verts sont entraînés durement pour pouvoir se dépasser à l’effort à chaque match, mais aussi user l’adversaire sans jamais baisser le pied. En regardant de plus près les positionnements et rôles des joueurs d’Herbin, on peut noter la permutabilité de la plupart des joueurs du milieu et de la défense, chacun pouvant s’adapter à un autre poste selon la zone de terrain où il évolue.

À cela s’ajoutent la perspicacité du recruteur Pierre Garonnaire et le sens des affaires du président Roger Rocher (même si l’affaire de la caisse noire le rattrapera en 1982), sans oublierl’ambiance du stade Geoffroy-Guichard, dit le Chaudron!

En route vers la finale

L’exploit de l’automne 1975 en huitième de finale contre les Glasgow Rangers impose les Verts dans le gotha européen. Après une victoire méritée à Geoffroy-Guichard (2-0), Rocheteau et Hervé Revelli plantent deux banderilles pour une victoire en terre écossaise historique. L’Hampden Park rend les armes et c’est le Dynamo Kiev, champion d’Union Soviétique, qui est promis pour le printemps. Cette double confrontation s’inscrira en lettres d’or dans l’histoire du club, malgré un match aller catastrophique que le club français ne perd miraculeusement que 2 à 0 contre un Blokhine déchaîné, sous la neige de Simféropol.

Le retour est un match de légende: après une occasion manquée de Kiev par Blokhine et sous la pression de Lopez, c’est Hervé Revelli qui ouvre le score après un une-deux avec Piazza. Le stade exulte avec le but sur coup franc de Larqué, et la prolongation donne la victoire aux Verts grâce à un but du bout de la nuit de Rocheteau, bien servi par Patrick Revelli. La Légende des Verts est lancée et c’est là que naît sans doute cette appellation d’épopée.

Notons que les exploits de l’AS Saint-Étienne font vendre bien du papier: ONZE Magazine paraît à partir de mars 1976, avec des numéros spéciaux sur l’ASSE. Une idée de Jean-Pierre Frimbois qui travaille pour Filipacchi, avec les Lavoignat et Esposito. Avec les bénéfices engrangés, les mêmes fondent en novembre le magazine de cinéma Première…Comme quoi, le football peut mener à tout!

La finale aux poteaux carrés

Après une demi-finale âpre et serrée contre le PSV Eindhoven, champion des Pays-Bas, scellée par un coup franc de Larqué à l’aller (1-0, puis 0-0), c’est la finale attendue contre, de nouveau, le Bayern Munich. Le match se déroule en Écosse, les verts retrouvant pour l’occasion l’Hampden Park des Rangers. Mais le stade vétuste se sert encore de poteaux et d’une barre transversale non arrondis. Les deux tirs cadrés de Santini et Revelli auraient pu être rentrants si… Un coup franc de l’allemand Roth enterre les illusions stéphanoises et ce sont des perdants qu’on voit remonter les Champs-Elysées le lendemain, la France voulant tout de même honorer ses vice-champions!

Derniers exploits verts

En 1976-77, Saint-Étienne remet ça et les qualifications héroïques obtenues contre le CSKA Sofia et, une fois encore, le PSV Eindhoven (1-0 à domicile et 0-0 à l’extérieur à chaque fois ), grâce à des chevauchées victorieuses de Piazza l’Argentin, envoient les Verts en quart de finale contre Liverpool. On croit que c’est la bonne année et toute la France espère. Après une victoire à Saint-Étienne (1-0, Bathenay), un (autre) but de Bathenay d’un tir lointain fait illusion mais Liverpool reste maître chez lui grâce à Keegan, Kennedy et Fairclough dans les dernières minutes.

L’épopée des Verts est bien finie… Quelques années après, en 1979-1981, les Rep, Zimako, Santini et Platini referont vibrer le Stade Geoffroy-Guichard pour quelques exploits ponctuels mais c’est une autre histoire…

Curkovic, Piazza, Lopez, Merchadier, Farison, Janvion, Repellini, Bathenay, Santini, Larqué, Synaeghel, Patrick et Hervé Revelli, Rocheteau, Beretta, Sarramagna, et Triantafilos principalement, ont fait l’épopée des Verts!

L’épopée des Verts 1976 en vidéo

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