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Legendes du Languedoc Les vieilles legendes occitanes sont encore celebrees aujourdhui

Legendes du Languedoc Les vieilles legendes occitanes sont encore celebrees aujourdhui

Du Moyen-Age au XVIIIe siècle, la terre de Languedoc a été parcourue de légendes issues de l’imaginaire ou de faits divers, du mythe du Drac à la bête de Gévaudan.

Autrefois, on les contait à la veillée et elles effrayaient les enfants. Les légendes du Languedoc, issues parfois de la mythologie, souvent du terroir, sont aujourd’hui prétextes à des célébrations et manifestations dans la région.

Le carnaval de Pézenas et les animaux totémiques

Le taureau de Mèze, la chèvre de Montagnac, le poulain de Pézenas, … : dans de nombreuses villes et villages du cœur de l’Hérault, les habitants ont choisi des animaux comme symboles totémiques, depuis le haut Moyen Age. Incarnant soit le personnage central d’une légende, soit un caractère dominant comme la force du taureau, ils servent d’ouverture à toutes les festivités locales.

A Pézenas, le « poulain » est une sorte de cheval énorme, fait de cerceaux de châtaigner, recouverts d’une housse bleue parsemée d’étoiles, jadis fleurs de lys. Autrefois, la bête légendaire quêtait pour les pauvres, les spectateurs jetaient, depuis leurs fenêtres, l’obole qui roulait le long de son col. Le poulain est suivi de fifres, hautbois et « tambournels ». Un meneur, vêtu de rouge et blanc, le conduit.

La Fête de l’ours

Une curieuse légende médiévale raconte qu’une bergère fut enlevée par un ours qui essaya en vain de la séduire. Les appels de la jeune fille attirèrent l’attention des bûcherons qui travaillaient non loin de là et qui la délivrèrent. A partir de cette légende, les habitants de Prats de Mollo, Arles sur Tech et Saint-Laurent de Cerdans (Pyrénées-Orientales) fêtent chaque année vers la fin du mois de février la “Drada de l’Os” (la journée de l’ours) marquant aussi la fin de l’hiver.

Aux premières heures de l’après-midi, plusieurs jeunes gens particulièrement lestes et résistants sont chargés de jouer les ours. D’autres seront les chasseurs. Armés d’un solide gourdin, les ours sont poursuivis par les chasseurs et gagnent le village. Pendant plusieurs heures, ils seront les maîtres des lieux, bondissant, grondant, terrorisant badauds et adversaires. A l’issue de la fête, interviennent « les ours blancs », vêtus de chemises et enfarinés, chargés de capturer les ours et de les amener sur le foirail. Définitivement maîtrisés, ils seront enfin rasés. C’est par un « bal de corre », sorte de ronde endiablée, que se termine cette journée, le dimanche avant ou après la Chandeleur, qui permet à certains anciens de se remémorer encore la crainte que suscitait l’animal dans les montagnes catalanes.

Sur les pas du Drac

Chaque année au mois de juin, Beaucaire (Gard) célèbre le mythe ancestral du Drac. Ces trois jours de Fêtes qui se déroulent fin juin juste avant la Fête de la musique sont l’une des plus anciennes fêtes de Beaucaire.

Caché dans les abîmes du Rhône, invisible aux humains, le Drac est un monstre mi-diable mi-dragon qui change de forme selon la circonstance vers 1250. Selon la légende médiévale, il enleva une lavandière, l’emmenant avec lui sous les eaux pour qu’elle élève son fils. Relâchée au terme de sept années, la lavandière repartit avec un étrange pouvoir : celui de voir le Drac avec l’un de ses yeux. Un jour qu’elle se rendait au marché, elle reconnut le monstre. Découvert, il lui creva l’œil coupable.

Pour célébrer cette légende, un défilé et des animations médiévales sont organisés durant trois jours aux quatre coins de la ville. Accompagné d’une ribambelle d’enfants armés de lampions, le cortège s’étire dans toute la ville et des concerts ont lieu en soirée.

La Fête du Babau

Basée sur une légende de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) datant du XIIe siècle, la Fête du Babau remet en scène les temps forts de ce conte médiéval en faisant revivre le Babau, monstre mi-iguane, mi-dragon qui franchit les remparts de la ville et dévora plusieurs enfants.

Dès 11 heures du matin en plein mois d’août, le Babau fait sa première apparition dans les rues de Rivesaltes, escorté par le géant Galdric Trencavent et sa femme Radegonda, suivis de jeunes cavaliers émérites, de chars représentant une catapulte et une forge. Au fil des heures, échassiers, jongleurs, cracheurs de feu et fanfares tonitruantes défilent et le cortège grossit.

En début de soirée, la musique se fait plus assourdissante, comme pour étouffer les cris du monstre dont la fin est proche. Il sera sacrifié dans un embrasement pyrotechnique dès la nuit tombée.

Les Pailhasses

L’histoire remonte au XIVe siècle, où les habitants de Cournonterral (Hérault) allaient couper du chêne vert dans les forêts communales et seigneuriales attenantes à celles d’Aumelas. Les habitants d’Aumelas, considérant le chêne vert comme leur seule source de revenus, entretenaient une haine sourde contre leurs voisins. Aussi, un jour où les habitants de Cournonterral avaient décidé de couper du bois, les “Aumelassiens” les accueillirent à coups de fronde et de flèches. Il y eu plusieurs blessés. Les consuls et le Seigneur furent informés et ordonnèrent au Bayle “Pailhas” de faire cesser cette rivalité.

Depuis ce jour, il fut décidé de commémorer le nom de “Pailhas” par une manifestation publique le mercredi des Cendres, sous forme de jeu. Les Pailhasses représentent les Cournonterralais, les Blancs les habitants d’Aumelas.

Dès le matin, des comportes sont déposées dans le centre du village et remplies d’une lie de vin gluante, à l’odeur répugnante. En début d’après-midi, Pailhasses et Blancs se réunissent et défilent dans les rues du village. Puis un roulement de tambour annonce le début des hostilités. Les spectateurs prennent la poudre d’escampette et les Blancs fuient au hasard des rues. Les anciens déversent alors, au centre de la place, les comportes de lie et, avec des hurlements hystériques, les Pailhasses se jettent dans les flaques, plongent dans les baquets encore pleins et s’élancent à la poursuite des Blancs, dans une course effrénée qui n’épargne personne.

La légende du “Bœuf qui Vole” ou “Volo Biou” à Saint Ambroix

Entre le XIe et XIIe siècle, à Saint-Ambroix (Gard), la récolte de raisins avait été trop abondante et, faute de récipients, le vin avait moisi. Le désespoir des habitants du village était bien grand. C’est alors que le maire eut l’idée de trouver une attraction insolite : les gens distraits et assoiffés boiraient ce breuvage.

Il fut annoncé dans toute la ville que, à une heure déterminée, un bœuf serait jeté dans les airs et qu’il volerait. Le bœuf défila dans les rues avant d’être conduit au sommet d’une colline d’où il fut lancé dans les airs. Il s’écrasa aussitôt laissant de nombreux restes aux alentours. De dépit ou de chaleur, la population but ce vin jusqu’à la lie. Chaque année au mois de juillet, les habitants de Saint-Ambroix renouent avec cette légende en offrant toutefois un vin de bien meilleure qualité !

La bête du Gévaudan (Lozère)

L’histoire de la “Bête du Gévaudan”, commence le 30 juin 1764, date de sa première victime dans la paroisse de Saint-Étienne de Lugdarès en Vivarais, se poursuit dans la région de Langogne, puis de Saint-Chély d’Apcher. Cette épopée meurtrière dure trois ans, dans cette partie du Gévaudan appelée Margeride, où près d’une centaine de victimes dévorées, blessées, y sont comptées, uniquement des femmes et des enfants.

Tout le pays sera en guerre contre la “Bête”, à une époque où l’ignorance se mêle au mysticisme : des chasses, des battues seront organisées. On aura tout dit sur cette “Bête”: un loup, même des loups; ou plutôt de drôles de bête sauvages, ramenées d’un pays lointain. Dans cette histoire, de nombreux écrivains ont usé de l’encre, sans percer le mystère. On dit que celui qui l’aurait finalement trouvée et abattue, un certain Jean Chastel, était la bête en personne. On dit aussi qu’il serait à l’origine de son existence, par le croisement d’un chien et d’un loup, et qu’il aurait dressé l’animal à attaquer l’homme en lui donnant des enfants comme premières proies.

La légende n’a pas fini de courir….

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