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Lecogastronomie ou slow food manger bon propre et juste

Lecogastronomie ou slow food manger bon propre et juste

L’association Slow Food encourage à la biodiversité alimentaire, le goût du bien manger, le respect des agricultures locales et des produits de qualité.

C’est en 1986 que l’Italien Carlo Petrini, journaliste, sociologue et critique gastronomique, crée le mouvement international Slow Food en réaction au développement de la restauration rapide. Il lui oppose un nouvel art de vivre basé sur le plaisir du bien manger, la nécessité d’adopter un comportement juste et responsable lors de l’achat de la nourriture et la valorisation des producteurs locaux et de leurs terroirs. Avec 100.000 adhérents, l’association internationale est actuellement présente dans 100 pays (présence en France depuis 2003 avec Slow Food France présidé par Jean Lhéritier) et est reconnue par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Elle est organisée autour de conviviums (en référence au nom latin convivium signifiant festin, banquet), sortes d’antennes locales qui développent des activités autour des thèmes défendus par Slow Food. On en trouve 45 sur le territoire français avec 2000 adhérents. Mais que veut véritablement dire manger slow ou manger bon, propre et juste?

Les objectifs de Slow Food

  • L’organisation à but non lucratif lutte contre la standardisation du goût liée au développement de la culture de la restauration rapide et de son industrie
  • Elle veut réintroduire le plaisir de manger
  • Elle favorise l’éducation au goût par la mise en place de programmes pour adultes et enfants
  • Elle travaille à la sauvegarde et à la promotion des traditions culinaires, des cuisines régionales, des terroirs, des plantes, semences, animaux domestiques et techniques agricoles
  • Elle défend les agricultures locales et les producteurs de produits de qualité et encourage la consommation d’une alimentation locale
  • Elle soutient l’écotourisme et le respect de l’environnement
  • Elle défend la biodiversité alimentaire dans nos assiette

Ceci doit favoriser l’émergence d’un consommateur averti agissant de façon attentive et respectueuse vis-à-vis de l’environnement et des agriculteurs, cherchant à ne consommer que de la nourriture produite dans un rayon de 100 à 250 km de son domicile (locavore). Le modéle agro-alimentaire actuel doit, selon Pietrini, céder sa place au «bon, propre et juste»:

  • bon pour nos papilles
  • propre pour l’environnement avec une exploitation responsable des ressources de notre planète
  • juste pour les hommes qui pourront développer ensemble des échanges harmonieux en rétablissant le contact perdu avec les personnes qui façonnent les terroirs et leur savoir-faire

Les actions et le développement de Slow Food

Les adhérents des conviviums établissent des liens avec les producteurs locaux, aident à la protection de produits alimentaires traditionnels, organisent des ateliers ou des dégustations. Il existe même un annuaire permettant de retrouver le convivium le plus proche de chez soi.

L’association organise des salons alimentaires internationaux comme le Salon du Goût de Turin, le salon Cheese, (salon des fromages du monde). En France, on trouve «Aux origines du Goût» à Montpellier, «Savoirs et saveurs de montagne» à Gap. Elle a aussi réalisé une biennale européenne du goût, Euro Gusto à Tours en 2009, premier rendez-vous européen du goût, de l’alimentation, de la biodiversité agricole et des savoir-faire.

Depuis 1996, l’Arche du goût inventorie les produits alimentaires menacés d’extinction par la standardisation industrielle. La liste établie par des experts du monde entier comprend des plats cuisinés, des produits alimentaires, des fruits et légumes oubliés, des animaux de race. Les Sentinelles du Goût sont des projets de défense de la biodiversité qui favorisent la présence sur le marché de produits traditionnels.

En 2004, Slow Food est aussi à l’origine du lancement de Terra Madre, réseau mondial des communautés de la nourriture. Il regroupe des acteurs de la filière agro-alimentaire, des cuisiniers, des professeurs, qui défendent l’agriculture, la pêche et l’élevage durables et protègent la biodiversité alimentaire. Né aussi sous l’impulsion de Petrini, il existe aussi depuis 2005 une Université des Sciences gastronomiques, où les étudiants suivent un programme interdisciplinaire.

Pour aller plus loin dans cette démarche, on peut trouver l’annuaire du manger slow, pour trouver de bonnes adresses près de chez soi. L’ouvrage d’Aurélie de Varax Réenchantez vos assiettes, manger local et de saison (Eyrolles, 2009) donne de précieux renseignements et des adresses pour recevoir des paniers garnis envoyés directement par un producteur local.

Par ses actions et ses projets, Slow Food favorise un débat autour de questions cruciales pour l’ensemble de la planète. C’est peut-être pour cela que Petrini a été désigné en 2008, selon The Guardian, comme «l’une des 50 personnalités qui peuvent sauver la planète».

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