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Le viol conjugal

Le viol conjugal

À l’intérieur d’un couple, un acte sexuel contraint est aussi illégal que dans un autre contexte : mais quels sont les recours pour cette faute ?

Sujet encore tabou il y a peu, le viol conjugal est désormais reconnu par la loi : aucune femme ne peut être forcée par son mari à avoir des rapports sexuels. Mais les textes et la réalité sont évidemment loin de concorder…

Le texte de loi est le suivant : “Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise, est un viol.”

Ceci impose donc le respect du corps de l’autre, y compris dans le cadre du mariage, et fait fi du fameux devoir conjugal dont ont été victimes des générations de femmes. En résumé, un homme marié ne peut pas imposer à son épouse une relation sexuelle si elle ne le souhaite pas.

Mieux, depuis 2006, le viol d’une femme par son conjoint est plus sévèrement puni que celui d’une personne inconnue : le coupable encourt jusqu’à vingt années de réclusion, contre quinze pour un violeur X. Le fait qu’il existe une relation affective entre les deux individus vient aggraver sa faute.

Dans la pratique, il reste cependant bien difficile de caractériser ce qu’est un viol entre conjoints : un rapport sexuel non désiré, mais que l’homme aura réussi à obtenir de sa compagne à force d’insistance mais sans réelle violence, est-il un viol ? Et s’il l’est, comment en prouver l’existence et qu’attendre d’un recours en justice ?

Le problème, et sa solution, se trouvent sans doute dans la possibilité aujourd’hui faite aux femmes de savoir qu’elles n’ont plus à se soumettre sexuellement à qui que ce soit, pas plus à leur conjoint qu’à n’importe qui d’autre. Le viol reste toutefois un acte extrême, qui ne doit pas être banalisé en l’assimilant à des pratiques moins graves, bien que répréhensibles.

Que faire en cas de viol conjugal ?

La première des choses est d’en parler autour de vous, comme dans n’importe quel cas de violence, car là encore, le silence ne vous protège pas, au contraire : famille, amies, associations, médecin, il y a forcément un interlocuteur possible.

Deuxièmement, il est conseillé de faire procéder à un constat à l’hôpital ou par un médecin, au moins pour faire prendre en compte votre état psychologique : le viol conjugal laisse en général peu de traces physiques, car la violence employée est plus morale que concrète.

Plus que le recours en justice, la nécessité est d’empêcher la montée en puissance de ce cercle vicieux et d’arrêter, tant qu’il en est encore temps, l’escalade de la violence, afin de faire comprendre à l’autre que ses actes ne resteront pas impunis, que vous ne vous enfermerez pas dans une passivité délétère.

Porter plainte est évidemment toujours possible et fortement conseillé si vous n’avez aucun autre moyen de sortir de cette spirale de violence et ainsi de vous protéger.

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