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Le vin valeur refuge Face a la crise des professionnels de la finance conseillent dinvestir dans les grands crus

Le vin valeur refuge Face a la crise des professionnels de la finance conseillent dinvestir dans les grands crus

En cette période de morosité économique, certaines sociétés financières proposent de nouveaux types de placements, qui associent passion du vin et intérêts financiers

Depuis 2004 l’indice « Liv-ex », qui synthétise l’évolution des cours des 100 meilleurs vins français, affiche une progression de 240% contre 58% pour le CAC 40 sur la même période. En moins de 10 ans, les plus grands vins de Bordeaux ont connu une progression de 260%. Cette tendance n’a pas échappé à certaines sociétés financières et fonds d’investissement étrangers, qui proposent de plus en plus souvent un type d’investissement alternatif, associant la passion du vin aux intérêts financiers.

Pour comprendre le développement de ces organismes spécialisés dans l’achat et la vente de vins de luxe, nous avons rencontré Monsieur Michel TAMISIER, co-fondateur du fond d’investissement luxembourgeois “Nobles Crus”.

Comment est née votre société et que proposez-vous à votre clientèle ?

MT : Nobles Crus est une division créée en novembre 2007 avec un chiffre d’affaire pour 2008 d’environ 13 millions d’euros, + 20,39% par rapport à l’année précédente. Pour 2009, nous avons subi nous aussi les contrecoups de la crise mondiale. Malgré cela nous pouvons afficher depuis janvier 2009 une progression modérée de +2,60%. Des chiffres qui démontrent un certain intérêt pour la diversification des investissements. En effet, actuellement les investisseurs sont à la recherche de produits de qualité, investissements tangibles et compétitifs, alors que le marché de la finance offre des produits toujours plus techniques, compliqués, souvent impersonnels et qui suivent les fluctuations des marchés. Notre idée a été de proposer à une clientèle sophistiquée une diversification de leur patrimoine avec une gamme de produits de luxe. Le premier secteur dans lequel nous avons investi est celui des grands crus français, mais nous prévoyons dans un futur proche d’orienter notre offre vers l’art et les diamants. Nos investisseurs sont internationaux, surtout des clients privés, mais on peut trouver aussi des banques privées, des assurances, family office, sociétés de gestion et Financial Advisors…..

Peut-on considérer le vin comme une valeur refuge ?

MT : Dans un contexte de crise financière mondiale, le vin, à l’image des diamants ou de l’or, est une valeur refuge, mais jusqu’à un certain point. Si on analyse les chiffres concernant le secteur du vin, on peut noter que les prix des grands crus n’ont pas connu de flexion depuis plus de 40 ans. Ces prix ont bien évidemment stagné dans des périodes difficiles, mais sont repartis dés l’instant où les conditions économiques sont redevenues plus propices. Il est important de souligner que le vin est tout sauf un produit de spéculation : les prix des vins que nous achetons augmentent parce qu’ils ont un potentiel de vieillissement important, que leur qualité augmente régulièrement et parce que des amateurs sont prêts à dépenser plus de 10.000 euros pour un Mouton Rothschild 1945. Même dans un contexte économique difficile, existent et existeront toujours des personnes qui peuvent se permettre d’acheter des grands vins, et ce aussi bien dans les pays de consommation traditionnels que dans les pays émergents.

Pouvez vous nous donner un exemple de marché attiré par cette forme d’investissement ?

MT : Sans hésiter le Japon, qui continue d’offrir de réelles opportunités pour les vins haut de gamme. Ce marché nécessite une approche professionnelle basée sur la recherche d’expertise. Le vin est devenu un produit très populaire chez les japonais, en particulier les vins français. Selon une récente enquête, on achète au Japon plus de bouteilles de grands crus qu’en France. Les vins français bénéficient d’une image de grande qualité et de prestige, ils sont élevés dans l’imaginaire collectif à un statut de véritable symbole. Dans ce cas précis, on peut affirmer que le vin est une valeur refuge, surtout en cette période de crise économique.

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