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Le milan noir un Africain ne en Europe

Le milan noir un Africain ne en Europe

Ce rapace est sans doute l’oiseau migrateur le plus paresseux qui soit ! Charognard adapté à son milieu, il a su profiter de l’urbanisation en France.

Son plumage est en fait brun foncé, et même, sa tête est gris clair ! Mais lorsqu’on le voit voler dans le ciel, c’est bien souvent en contre-jour… Et voilà pourquoi cet accipitridae (la même famille que les autours, les vautours ou encore les éperviers) porte un nom si trompeur !

Un migrateur venu d’Afrique

Vivant souvent en colonies, on le voit couramment en France et dans toute l’Europe entre avril et fin juillet. Oiseau migrateur au long cours, il remonte sous nos latitudes uniquement pour se reproduire dans un climat plus tempéré que l’Afrique sud-saharienne, où il passe le reste de l’année. Et comme ce rapace est, dans beaucoup de domaines, un partisan du moindre effort, il n’hésite pas à s’installer dans des anciens nids d’autres rapaces ou de corneilles, plutôt que de s’en construire un lui-même !

Un artiste accompli !

Son cri est un des plus mélodieux parmi les rapaces. En effet, le mâle siffle souvent pour appeler sa belle et ses cris d’attaque sont somme toute, assez rares ! De même, c’est une chorégraphie digne des plus grands danseurs qu’il effectue pour elle, avant la période de reproduction : vrilles, piqués et remontées en chandelles font du vol nuptial un véritable ballet !

Une faculté d’adaptation hors du commun

Là où beaucoup de rapaces sont inscrits sur la liste des espèces menacées, le milan noir ne figure que sur celle des espèces protégées. Et pour cause, il a su s’adapter à un environnement en constante évolution ! On a même constaté que l’expansion du milan noir dans le nord et l’ouest de l’Europe était en rapport avec l’augmentation du nombre d’animaux morts écrasés par nos voitures… Aussi, il n’est pas rare de croiser cet oiseau, à l’origine, de haut vol, aux abords des villes, près des décharges, où il se nourrit de bêtes mortes et de tous les déchets consommables.

Il joue ainsi, à l’instar des vautours, un rôle sanitaire non négligeable, en éliminant les bactéries de décomposition qui pourraient transmettre des maladies. De même, on le rencontre près des lacs, des fleuves et des rivières, où il capture sans mal des poissons malades. Ce chasseur dans l’âme est donc devenu, avec le temps, un peu paresseux ! Pourquoi dépenser de l’énergie en reconnaissance et en piqué, alors qu’une proie peut lui être apportée sur un plateau ?

Les menaces du milan noir

Si le milan noir est courant dans le monde entier, il s’est cependant raréfié en Europe. Comme il s’est rapproché des villes, l’urbanisation a malheureusement parfois raison de lui :

  • La fermeture des charniers à ciel ouvert depuis l’épisode de la vache folle et de la grippe porcine ont contribué à sa faim… Et parfois à sa fin.
  • L’électrocution sur des lignes à haute tension et les collisions sont les deux causes principales de sa mort (hormis une mort naturelle, vers l’âge de 20 ans).
  • Et, bien entendu, sa chasse par l’homme, bien qu’interdite, continue aussi de faire des ravages dans l’espèce…

Où le croiser en France ?

Actuellement, c’est sur l’estuaire de la Gironde qu’on peut l’apercevoir le plus facilement, entre les côtes de Blayes et les côtes de Bourg. Le climat y est tempéré, le fleuve à proximité lui fournit toute la nourriture nécessaire, et les bois jouxtent les villes, lui assurant une nidification tranquille dans les arbres alors que les décharges ne sont pas loin, pour compléter son régime alimentaire.

Mais rien ne sert de mettre une mangeoire au fond de votre jardin pour l’observer de plus près : cet oiseau est un carnivore et doit rester sauvage ! Si vous voulez l’identifier et l’admirer en vol, posez-vous dans un champs et l’été, vous n’aurez pas longtemps à attendre pour voir surgir de nulle part ce petit rapace (une cinquantaine de centimètres) à l’envergure qui dépasse le mètre, et au vol rapide et majestueux !

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