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Le dvd a ne pas conseiller aux copains 2012

Le dvd a ne pas conseiller aux copains 2012

Parce qu’on a toujours mieux à faire que mater ce film.

La fin du monde est proche. Et c’est grave. Tellement grave que les chefs d’état du monde entier le cachent à la population pour éviter un mouvement de panique semblable à ceux observés lors des apéros Facebook…

Ceux qui cherchent à braver le secret finissent mal. Comme ce Français, directeur de musée. Il meurt au volant de sa DS en se crashant tunnel de l’Alma. Des repères nécessaires à l’empathie. S’il conduisait une Twingo et s’explosait porte de Montreuil, le spectateur américain quitterait la salle, pestant contre ces films intellos où on comprend jamais rien.

Bref, l’heure est grave. Surtout qu’il devient difficile de continuer à mentir quand la Californie toute entière sombre au fond de l’océan. « On va tous mourir » hurle un personnage perspicace.

Alors il est temps de régler ses comptes.

Crying free phone

On passe des coups de fil pour dire au revoir à ses proches. Le téléphone pleure. C’est très émouvant. Le spectateur américain a encore en tête les messages enregistrés par les passagers des avions fonçant vers les tours jumelles. On lui rappelle ces souvenirs douloureux, et lui, il empathise. Stimulus-réaction.

Bon, tout le monde n’a pas la chance de tirer sa révérence au téléphone. Un vieux sur un paquebot se prend la grosse vague dans la tronche avant d’avoir pu parler à son fils avec qui il était brouillé depuis des années. Un vieux en bisbille avec son fils, ça mérite de crever comme un con, non mais des fois.

Wedding Crashers

Et que dire de cette famille dont les parents divorcés ont brisé les liens sacrés du mariages scellés devant dieu himself? Faut pas faire ça, c’est mal. Heureusement, pour la grande joie des enfants et de la maman, le beau-père, devenu intrus à l’heure de l’Apocalypse, va mourir dans d’atroces souffrances, facilitant le retour du papa dans le cocon familial.

Les enfants sont tellement heureux! La gamine, qui souillait encore ses draps, va enfin contrôler sa vessie. Comme quoi faut pas déconner avec les trucs scellés devant dieu.

Et ça, le président américain le sait bien. Alors que tout s’écroule autour de lui il s’enferme dans une chapelle histoire de louer le seigneur une dernière fois. Il aurait mieux fait de louer une Bentley, le film démontre que cette bagnole résiste aux fins du monde.

Le chant con de Roland

Sinon on apprend quoi d’autre? Ah oui, les chinois sont hyper forts pour construire des arches high-tech. Les téléphones portables fonctionnent partout, tout le temps, même quand y’a plus de continent pour installer les antennes-relais. Et les femmes discutent chirurgie esthétique pendant que le monde disparaît sous leurs yeux. C’est moins anxiogène que prier seul dans une chapelle.

Alors c’est vrai, on sait depuis longtemps que les films de Roland Emmerich aiment autant pulvériser les monuments historiques que les limites de la débilité. Mais celui-ci œuvre surtout dans la deuxième catégorie. Parce que niveau destruction, si la première heure est généreuse en chaos numérique, les 100 minutes restantes sont plombantes d’ennui absolu.

Last butt not least

Il serait pourtant injuste de condamner entièrement ce film puisqu’il offre un plan purement extraordinaire de la raie des fesses de Woody Harrelson. Une vision hélas trop furtive mais qui reste gravée dans nos mémoires comme l’une des plus émouvantes depuis le croisement de jambes de Sharon Stone.

Hormis ce grand moment, 2012 nous prend pour des crétins pendant 2h40, distille une idéologie conservatrice et réactionnaire absolument infecte et ne mérite pas d’être conseillé aux copains, sauf bien sûr s’ils n’ont que Nous étions Soldats comme autre choix de film.

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