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Le cur un organe vital Symbole de la vie et des sentiments

Le cur un organe vital Symbole de la vie et des sentiments

Le cœur est, avec le cerveau, un organe absolument vital dans notre anatomie. Mais sa fonction est connue depuis peu, même si une greffe est aujourd’hui un acte banal.

Le cœur est considéré, depuis l’Antiquité, comme étant sinon l’incarnation de l’âme, le siège des sentiments. Cela est certainement dû au fait que le rythme cardiaque s’accélère lors d’émotions. D’ailleurs, cela perdure de nos jours, puisque l’amour est encore symbolisé par un cœur. Ce qui est plus étonnant, c’est qu’il a fallu attendre le XVIIe siècle pour connaître la nature de son fonctionnement, et donc son rôle.

Ce que l’on savait du cœur de l’Antiquité à la fin du Moyen Âge


D’après Hippocrate, que l’on considère être, sinon comme le père, le précurseur de la médecine (car ayant été le premier à dissocier les maladies de la magie et autres forces surnaturelles), les artères véhiculaient de l’air…

Galien, au IIe siècle après notre ère, peut être considéré comme un lointain disciple d’Hippocrate, car il reprend sa théorie des humeurs reposant sur les quatre éléments (eau, air, terre, feu). La dissection étant interdite sur l’homme, il la pratiqua sur des animaux, car il considérait l’anatomie comme étant la clé de voûte de la médecine.

Par ce biais, s’il réussit à décrire le réseau de veines et d’artères, il commit une erreur majeure en faisant du foie l’organe générateur du sang, le cœur, dont les parois seraient poreuses, ne servant qu’à réchauffer le sang, et donc le corps. D’après lui, nombre de maladies étant véhiculées par le sang, la saignée était un excellent remède.

Toujours selon Galien, l’observation de la nature permettrait de comprendre les objectifs de Dieu, et cette reconnaissance de facto du monothéisme lui permettra d’obtenir les bonnes grâces de l’Église naissante. Ceci explique que les théories de Galien, érigées en dogme, furent admises par le corps médical jusqu’à la Renaissance, car douter de la véracité des dires de Galien revenait à douter de l’Église.

La démonstration du rôle du cœur par William Harvey

Si le médecin musulman, Ibn Al-Nafis, comprend, dès le XIIIe siècle, le mécanisme de la circulation sanguine ainsi que le rôle essentiel qu’y joue le cœur (démontant ainsi la théorie galénique), sa découverte passera inaperçue en Europe jusqu’à la parution d’une traduction en latin par Andrea Alpago au début du XVIe siècle. L’œuvre d’Ibn Al-Nafis restera ignorée jusqu’à ce qu’un médecin égyptien retrouve la traduction dans la Bibliothèque nationale de Berlin en 1924.

En 1615, le médecin anglais Wiliam Harvey découvrit le mécanisme de la circulation du sang, mais tant était grande la peur d’aller à l‘encontre du dogme qu’il attendit 1623 pour publier sa découverte. On peut dire qu’il est le fondateur de la physiologie moderne. Si l’idée n’était pas réellement neuve, elle était étayée par des mesures précises, basées sur le rapport entre le volume de sang éjecté par le cœur et le nombre de battements de celui-ci. La démonstration de la circulation en circuit fermé eut été complète, s’il avait réussi à comprendre le rôle des vaisseaux capillaires qui assurent la liaison entre les artères et les veines.

Que de chemin parcouru jusqu’à aujourd’hui, où le traitement des différentes pathologies associées au cœur sont devenues courantes : pontages, pacemaker et même transplantations.

Il aura fallu attendre des centaines d’années pour comprendre la fonction physiologique du cœur, alors que son association à l’âme ou à l’amour, du fait des palpitations que provoquent diverses émotions, date au moins depuis les débuts de l’Antiquité et perdure encore de nos jours.

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