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Laval sous Francis Le Basser les Trente Glorieuses

Laval sous Francis Le Basser les Trente Glorieuses

De 1956 à 1973, Laval est gérée par le docteur Le Basser puis, à partir de 1971, par un ancien ministre de droite devenu opportunément PS, Robert Buron..

Pour définir le sénateur-maire Francis Le Basser, citons Robert Buron: «jovial et disert, bon vivant et non-conformiste, il s’était attiré d’innombrables sympathies individuelles.» Mais les qualités de l’ancien chirurgien ne s’arrêtaient point là: «il possédait aussi au plus haut point la qualité essentielle à tout homme politique: la vitalité. »

L’industrialisation de Laval

Sitôt élu maire de Laval après la mort d’Albert Goupil, Francis Le Basser souhaita développer l’industrialisation de sa ville. Une seule solution: à défaut d’initiatives locales, il faut faire venir à Laval des capitaux et des patrons non mayennais.

Parmi les premières unités de fabrication à s’installer dans le chef-lieu de la Mayenne se trouve un établissement dont les bâtiments existent toujours: L.M.T. (Le Matériel Téléphonique).

D’autres entreprises suivront parmi lesquelles Gévelot et un grand atelier de confection. C’est entre 1960 et 1963 que les décentralisations atteignent leur apogée: Salmson, Thomson, L.M.T. – de nouveau –, tandis qu’une convention est passée entre la ville et Chausson, qui prévoit de réaliser chez nous, dès 1964, des fabrications parisiennes…

Le quartier Saint-Nicolas

Dans sa une du samedi 10 avril 1965, Le Courrier de la Mayenne évoque la naissance d’un nouveau quartier: «après les grands quartiers des Archives, du Pont-de-Paris, de Sainte-Catherine, de la Perdrière, du Pavement, de la Coconnière, de la Dacterie, d’Hilard et des Fourches, la cité Saint-Nicolas abriterait 12 000 habitants.»

Concernant le centre-ville, Le Basser a également fait construire, en 1968, année agitée s’il en fût, un nouveau pont, celui de l’Europe, rendu nécessaire par l’accroissement de la population urbaine.

Le stade Le Basser

En 1969, il fait également construire la tribune d’honneur d’un stade de football qui, après sa mort (en 1974), est baptisé Francis Le Basser et connaîtra, de 1976 à 1989, les honneurs de la Première Division.

L’avis de l’historien local Dominique Eraud concernant cette œuvre de l’architecte Saint-Arroman: «Réalisation exceptionnelle, cette toile de béton tendue entre deux treillis métalliques n’est solidaire de l’ouvrage inférieur que par quatre points d’appui situés à l’arrière.»

Bois de L’Huisserie

Bien qu’il n’ait point laissé le souvenir d’un nageur émérite, Francis Le Basser inaugure deux piscines municipales: celle du Viaduc en 1958 – qui disparaît en 1992 – et, en 1970, celle de Saint-Nicolas dont la particularité est de posséder, en extérieur, un bassin olympique de 50 mètres.

La Ville ayant acquis le Bois de L’Huisserie en 1955 pour permettre aux Lavallois de se promener le dimanche après-midi dans un espace superbe de 226 hectares, l’équipe de Le Basser décide d’y créer des centres aérées qui attirent encore de jeunes pousses en 2010.

L’échec de Jean Raoux

En 1971, Francis Le Basser laissa son premier adjoint Jean Raoux conduire la liste de droite aux municipales et ne soutint guère cette dernière qui fut battue par celle menée par l’ancien ministre de la IVe et de la Ve Républiques, Robert Buron.

On disait ce fin politique «fini» mais ce mitterrandien sut se faire élire en profitant habilement des tensions au sein de la majorité (le docteur Le Basser refusait de soutenir le docteur Raoux si ce dernier prenait le docteur Scheer sur sa liste).

Robert Buron

Bien avant d’être élu maire de Laval, le signataire des accords d’Evian avait néanmoins œuvré pour le développement de la ville natale d’Alfred Jarry et, entre autres, du Douanier Rousseau: « en 1959, écrivit le géographe Georges Macé, Buron réunit dans son bureau de ministre des Travaux Publics, le docteur Le Basser (…) et les dirigeants des usines Salmson d’Argenteuil qui songent à une décentralisation et prennent la décision de retenir en priorité la ville de Laval.»

«Buron des Burettes»

Décédé à Paris en 1973, Robert Buron n’eut pas le temps de lancer de grands travaux à Laval. Néanmoins, les Lavallois lui doivent la naissance d’un jumelage tiers-mondiste, avec une ville du Burkina-Faso, Garango.

Cet ancien démocrate-chrétien est également resté dans l’histoire mayennaise sous le nom de «Buron des burettes», ce qui permettait de le distinguer de son concurrent Pierre Buron, surnommé, lui, «Buron des buvettes».

A l’époque où tout le monde savait que la burette est le flacon destiné à contenir l’eau et le vin de la messe, ces distinctions faisaient sourire; elles avaient surtout un avantage: permettre aux électeurs âgés ou discrets de ne pas se tromper de Buron…

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Sources : 100 ans de Laval, Laval Infos (n° spécial)

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