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Larenophilie ou collection de sables Ramener du sable des plages et deserts du monde entier

Larenophilie ou collection de sables Ramener du sable des plages et deserts du monde entier

Les couleurs, les formes et les origines des sables sont beaucoup plus variées qu’on ne l’imagine. De quoi susciter des vocations de collectionneurs…

A l’évocation du mot “sable”, votre esprit s’évade peut-être déjà vers des destinations lointaines ou des souvenirs d’enfance, comme la mer, les châteaux de sable, le fascinant Sahara, les plages des îles exotiques… Ces petits grains de roche qui glissent entre les doigts comme un fluide et forment des vagues dans les déserts ne se ressemblent pas tous. Loin de là !

Arénophiles et psammophiles

Rassurez-vous, un arénophile n’est pas un amateur de tauromachie ! Le mot latin “arena” désigne le sable. Ce matériau est généralement utilisé pour couvrir le sol des arènes. C’est là l’origine de leur nom. Quant à l’arénophile, selon le suffixe grec “-phile” (“qui aime”), c’est un amateur de sable. Pas l’enfant qui joue dans les bacs à sables ou sur la plage ! Il s’agit en fait d’un collectionneur.

Si l’on troque l’étymologie latine “arena” pour son équivalent grec “psammos”, on obtient le mot “psammophile” et sa signification est différente. Cette fois-ci, il concerne les espèces végétales ou animales qui apprécient le sable, c’est-à-dire celles vivant dans ce type de milieu.

Sable aquatique ou éolien, minéral ou organique

Le sable aquatique est généralement un sable provenant des plages (mers, lacs) ou des lits de rivières. Le sable transporté par l’eau est plus translucide et arrondi que le sable éolien car il est progressivement poli.

Le sable éolien est un sable transporté par le vent (plutôt celui des déserts). Subissant de multiples impacts lors de son déplacement aérien, il est plus anguleux que le sable aquatique.

Les sables peuvent être d’origine minérale (érosion de roches, principalement de la silice et du feldspath) ou bien organique (débris de coquillages, de coraux). Citons notamment les foraminifères, de minuscules organismes (protozoaires) vivant sous l’eau. Leurs squelettes se retrouvent dans certains sables. Visibles à la loupe ou au microscope, ils ont des formes très originales et variées.

Une large palette de couleurs

La palette des couleurs de sables est bien plus étendue qu’on ne croit. Leur teinte provient des éléments qui les composent.

Les sols ferrugineux donnent des ocres (rouge, orangé, jaune), comme au Colorado de Rustrel, en Provence. Les sables très clairs proviennent du quartz et du gypse (comme dans le désert de White Sands, au Mexique) ou bien de coquilles et de squelettes de coraux, près des récifs coralliens. Les sables gris et noirs sont d’origine volcanique. Ils se composent de fragments de lave ou de magnétite.

Certains éléments plus rares peuvent donner des couleurs originales, comme la chlorite, la glauconite ou le péridot dans les sables verts (de l’olivine sur la plage Puu Mahana, à Hawaï).

Les débris de coquillages ou de coraux rouges donnent de jolies teintes roses à certaines plages des Bahamas. Les sables mauves contiennent du manganepidote ou de la piedmontite, les sables bleu-noir du titane (exemple : Crane Beach à la Barbade).

La genèse d’une collection de sable

C’est souvent pendant un voyage, lorsque le vacancier découvre des sables aux couleurs inhabituelles, que germe chez lui l’idée d’une collection. Il ramène à la maison quelques échantillons, en souvenir de son séjour. Viennent d’autres vacances, d’autres lieux. Et de nouveaux échantillons de sables s’ajoutent aux premiers. Voilà ! Notre néophyte a mis le doigt dans l’engrenage !

Quand la collection commence à s’étoffer, l’arénophile réalise qu’il ne pourra jamais l’accroître rapidement tout seul. Il invente alors une stratégie très simple : demander à sa famille et à ses amis de lui ramener du sable de leurs voyages. C’est un souvenir original, gratuit et peu encombrant qu’ils lui offriront bien volontiers ! Par la même occasion, il fait naître quelques adeptes de l’arénophilie parmi eux, ainsi que des possibilités d’échanges futurs.

Certains collectionneurs partagent leur passion sur Internet, au travers de sites ou de blogs. Ils proposent souvent des échanges (dans ce milieu, le sable ne se vend pas et ne s’achète pas).

La panoplie du collectionneur

Le matériel dont les arénophiles ont besoin est des plus simples. A l’origine, ils utilisaient des boîtes de pellicules photo afin de recueillir le sable. Ces contenants étaient ceux qu’ils avaient le plus couramment sous la main pendant les vacances. Par la suite, c’est devenu leur étalon d’échange pour le sable.

L’avènement des appareils numériques a progressivement fait disparaître les petites boîtes noires. Les sachets plastiques avec fermeture « zip » (de petits sacs de congélation par exemple) sont un nouveau moyen de collecter le sable ou de l’expédier par la poste. On peut facilement écrire la nature du contenu dessus. En l’occurrence, noter la provenance des sables (pays, lieu) ou leur type, permettra de mieux les répertorier et facilitera leur classement.

Une collection, c’est avant tout fait pour être montré, pour être contemplé. Il existe toutes sortes de récipients et flacons en verre pouvant faire office de contenants. Les éprouvettes avec bouchon sont particulièrement adaptées à la mise en valeur des textures et des couleurs.

Voilà une façon peu commune de « voyager », qui viendra agréablement compléter une séance photos entre amis…

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