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La religion et lecole

La religion et lecole

La religion revient sur les bancs des écoles européennes même dans la très laïque France, mais les procédés sont hétéroclites.

Compte tenu de l’importance que peuvent avoir les références religieuses dans les oeuvres littéraires ou dans les actions du passé, l’enseignement du fait religieux semble être une nécessité pour la compréhension du monde actuel dans ses causes passées et ses conséquences probables. Cependant l’entrée de la religion dans l’école laïque, à la suite d’une recommandation européenne, a cristallisé les crainte des défenseur de la laïcité et les partisans du religieux.

Le risque apparaît double, en effet, le manque de culture religieuse entraine une ignorance de l’autre, de celui qui ne pense et n’agit pas de la même façon que soi. Ce manque peut aussi induire une incompréhension des actions passées, l’ancêtre étant un étranger du passé. Mais le risque inverse existe aussi, celui de la propagande, du partage des jeunes esprits entre les différentes religions présentes.

Plusieurs voies apparaissent donc en fonction de l’histoire de l’état et de son rapport à la religion. En dehors du problème historique se présente celui de l’approche que l’on doit donner à l’étude du fait religieux, de la théologie ou la catéchèse non voilée, jusqu’à l’étude d’une science de la religion plus proche d’une anthropologie du fait religieux que de l’étude des dogmes.

La voie française

Elle est celle que nous connaissons le mieux. Notre école est constitutionnellement laïque, elle ne doit favoriser aucun culte et longtemps elle a interdit toute entrée religieuse dans son giron. Alors que le débat sur le port du voile, et des emblèmes religieux ostentatoires n’est pas encore clos elle ouvre son enseignement à l’éducation du fait religieux. Jusque là l’école était vacante un jour par semaine afin que, semble t-il, à l’origine, les familles puissent, à leur convenance, inscrire leurs enfants au catéchismes ou dans les écoles religieuses correspondantes.

Depuis 2005 l’enseignement du fait religieux est effectivement entré dans le programme de l’éducation nationale. Il ne s’agit pas de la création d’une matière à part entière mais de l’incorporation d’enseignements concernant les religions au sein des matières pré-existantes et principalement de l’histoire et du français.

Les enseignants ont ainsi comme devoir d’insister sur la religion lorsqu’ils traitent de l’expansion musulmane ou de l’histoire du peuple hébreu. En français l’étude se porte principalement sur les textes fondamentaux. Ces études sont superficielles mais ont le mérite de faire aborder par l’enfant les religions historiques.

La voie obligatoire

L’Irlande semble être le cas le plus marquant en europe d’un état dans lequel l’enseignement de la religion prend véritablement l’apparence d’un enseignement de type catéchiste. L’Eire est un pays infiniment catholique il est d’ailleurs fait mention, dans la constitution même, de la Trinité. L’on y enseigne donc la religion de façon obligatoire, on peut voir la même chose en Grèce.

Ces deux pays ne revendiquent aucunement la laïcité, comme d’autres d’ailleurs. L’enseignement entretient la relation étroite entre la religion et la communauté nationale. Ce qui a sans doute comme conséquence d’exclure de cette même communauté les pratiquants d’autres cultes. Ce n’est pas le fait religieux qui est ici enseigné mais la religion elle même ce qui implique un manque certain de recul, tout y est enseigné comme fait et non comme fait social, il ne s’agit aucunement d’une science objective.

L’enseignement optionnel, ou du moins neutre.

Certains pays, comme l’Espagne ont rendu l’enseignement du religieux optionnel. Les élèves peuvent ainsi étudier la religion de leur choix ou se passer de cet enseignement. Si comme la précédente méthode, cette pratique implique une non objectivité de l’enseignement, elle ne contraint pas à l’identification de la foi à la nation. Toutes les religions obtiennent en effet un droit similaire à l’existence au travers de leur transmission aux nouvelles générations.

Le Portugal est à part, si l’enseignement est effectivement obligatoire et assuré par l’Église Catholique il semble que les enseignants tentent de rester le plus neutre qui leur est possible. Ce qui rend cet enseignement moins prosélytes, sans doute, que ceux des états mentionnés plus haut.

Une autre voie

Les scientifiques spécialistes des sciences avancent qu’il est possible d’étudier la religion à l’école par la création d’une nouvelle discipline, il semble que ce soit le cas dans les écoles publiques des Pays-Bas et d’Angleterre. Cette science existe déjà au mais il y aurait besoin de la réadapter au modèle scolaire.

Loin des enseignements de type religieux il s’agirait d’unir dans une même discipline scolaire des matières comme l’histoire des religion, la sociologie ou la phénoménologie du religieux afin de donner un enseignement scientifique, ancré dans les sciences humaines. Le problème est la possibilité que cet enseignement vide de toute la puissance subjective des croyances qui, à leur grande époque, étaient aussi réelles que notre héliocentrisme.

Si l’enseignement du religieux est entouré de nombreuse questions c’est avant tout car il conditionne la compréhension du monde pour les nouvelles générations. Comment comprendre les romans de chevaleries sans les connaissances chrétiennes? Mais aussi, alors que la globalisation nous confronte à des civilisations que nous ne comprenons que difficilement l’étude des religions devient une nécessité pour leur étude.

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