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La philosophie dAristote dans la cosmogonie chretienne medievale

La philosophie dAristote dans la cosmogonie chretienne medievale

Au XIIIe siècle, le Moyen Âge redécouvre et traduit les grands auteurs antiques, mêlant leurs conceptions philosophiques au dogme chrétien.

Parmi tous les philosophes antiques, Aristote est probablement le plus traduit et le plus étudié de la période médiévale. Maître incontesté de toutes les questions logiques et physiques, ses théories, christianisées, contribuent largement à la compréhension de la Genèse et du fonctionnement du monde créé par Dieu.

La cosmogonie aristo-chrétienne

Le monde médiéval, admiratif des ouvrages antiques, mêle savamment les conceptions scientifiques et philosophiques des érudits du passé au récit biblique. Il forme ainsi une théorie antique christianisée de la naissance du monde. Les théologiens cherchent, en effet, à intégrer les réalités chrétiennes dans la cosmologie gréco-arabe, notamment aristotélicienne. Le thème de la création de l’univers était particulièrement riche chez Aristote, qui a beaucoup travaillé sur la question du cosmos et des éléments. Autorité incontestable au Moyen Âge, le philosophe a rédigé sur le sujet une œuvre monumentale, Météorologiques, qui s’est diffusé en Occident au XIIIe siècle et a connu un grand succès dans les universités.

Monde supra-lunaire et monde sublunaire

Il conçoit l’espace cosmique comme sphérique et fini. Il divise le monde en deux parties : le monde supra lunaire, zone céleste qui s’étend du ciel à la lune, et le monde sublunaire, le nôtre, qui se développe sous l’astre nocturne. Les quatre éléments que sont la terre, l’eau, l’air et le feu ne se trouvent que dans notre partie du monde. Ils sont organisés d’une manière spécifique du plus lourd au plus léger. Le premier élément est donc la terre, le second l’eau, le troisième l’air et enfin le feu. Dans le monde supra lunaire, il n’existe qu’un seul élément, le cinquième, nommé « quintessence » ou éther. Ce dernier corps est parfait, c’est le corps premier, constitutif du monde sidéral. Il est le seul à n’être jamais soumis à la génération et à la corruption.

L’importance du ciel dans la conception chrétienne médiévale du monde

Selon la Genèse, Dieu a créé le ciel, la terre, le paradis, et les quatre éléments. Le terme « ciel » mérite une explication approfondie car il est le passage intermédiaire entre les deux zones du monde selon Aristote. Sa théorie christianisée nous apprend qu’il est le lien entre la zone terrestre et la zone céleste ou divine. Au Moyen Âge, « ciel » peut avoir deux définitions. La première désigne l’étendue au-delà du firmament, c’est-à-dire le lieu d’habitation des anges et des bienheureux. La seconde indique le ciel visible, lieu de résidence privilégié des éléments légers, le feu et l’air. Ce ciel, accessible au regard humain, est un air pur et resplendissant.

Les cieux ont une importance particulière pour les gens du Moyen Âge. La diffusion de la physique aristotélico-arabe en Occident répand l’idée que les cieux et leurs mouvements agissent sur les corps composés des quatre éléments.

La théorie de la causalité céleste

La réalité chrétienne reconnaît cette théorie, ajoutant que les cieux sont également la résidence des créatures divines, qui conservent un pouvoir certain sur les hommes. De plus c’est également le lieu où se trouve Dieu, qui contrôle tout ce qu’il a créé. Ayant créé les éléments, il peut donc les manier à sa guise. Or, selon les savoirs de l’époque médiévale, hérités de la période antique, tout sur notre partie du monde est composé des quatre éléments. Dieu peut donc tout maîtriser, y compris les êtres vivants. La théorie de la causalité céleste antique s’affirme donc dans le christianisme médiéval.

Il est également intéressant d’étudier l’importance des mouvements des cieux et des constellations à l’époque médiévale ; selon elle, ils influencent grandement les passions, les inclinations et les comportements de l’homme.

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