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La mode 2010 est a la femme ronde et sans complexe

La mode 2010 est a la femme ronde et sans complexe

Après le diktat de la minceur aux confins de la maigreur, voici que la mode de 2010 remet les formes arrondies au goût du jour.

La mode est à l’image de la femme : capricieuse et pourtant irrésistible. Quand la maigreur fait la Une des podiums dans les années 90, les femmes se jettent sur les régimes avec l’espoir de ressembler un jour à ces icônes longilignes des magazines. Mais en ce vingt-et-unième siècle, sur fond de crise économique, les silhouettes filiformes ne font plus rêver : désormais la beauté rime avec opulence et les stars comme les mannequins affichent fièrement leurs courbes généreuses. De quoi en décomplexer plus d’une !

Une différence de taille

Difficile de comprendre comment, après toutes ces années passées à sacraliser tailles de guêpes et poitrines plates, les courbes retrouvent grâce aux yeux des hommes et surtout des stylistes. Car si tous les goûts sont dans la nature, les diktats de la mode étaient quant à eux sans appel : pour être belle et séduisante, la taille 36, voir 34, faisait loi. Si le 38 était toléré, au-dessus on faisait figure d’obèse. Quand on sait que la femme française s’habille majoritairement en 40 et 42 (source visible sur le site 2-grande-taille) et qu’elle pèse en moyenne plus de 60 kilos, force est de constater que la différence est “de taille” entre le top model et la femme lambda.

Combien de jeunes filles sont ainsi tombées dans les affres de l’anorexie et de la boulimie en rejetant ce corps jugé soudain bien trop encombrant et loin des normes de séduction préconisées? Car, il faut bien l’avouer, c’est à travers le regard de l’autre et selon des critères de beauté bien définis que la femme s’autorise à se sentir belle.

Les raisons de ce revirement

Mais alors, pourquoi ce revirement ou plutôt ce retour à la réalité qui fait en sorte que le mannequin étale les mêmes mensurations que la cliente potentielle ? Les raisons seraient liées à l’époque et plus particulièrement à la crise économique que l’on traverse. Ainsi, d’après les sociologues, les périodes de crise sont propices au retour des anciennes valeurs. Les formes plantureuses comme celles qui se dessinaient sur les tableaux du 17e siècle évoquent la vie, le réconfort, la chaleur maternelle et sont en ces temps difficiles un atout majeur de séduction. L’opulence fait désormais rêver à travers des hanches au galbe généreux, une poitrine abondante, un ventre rebondi.

La femme ronde dans les médias

Des séries TV qui, comme Ugly Betty, mettent en avant le corps bien en chair de leur protagoniste, aux stars du cinéma ou de la chanson qui affichent sans complexe leurs formes girondes, il est un voile qui se lève avec bonheur sur les diktats de la mode. L’évolution est en marche, quoiqu’en pense Karl Lagerfeld, qui dans le magazine Focus déclarait encore il y a peu que les femmes rondes n’avaient pas leur place sur les podiums.

Des agences et des collections pour les rondes

N’en déplaise aux esprits étriqués, la vague XXL déferle sous les projecteurs. Ainsi, Mark Fast, styliste londonien, n’hésite pas à mouler dans ses créations les courbes charnues de ses modèles en pleines formes. Les magazines Elle, Vogue, Glamour dédient à présent leur Une à des mannequins tels que Tara Lynn, forte de ses 1m76 et de ses 85 kilos, égérie du moment qui suscite un engouement exceptionnel auprès du public, au point de gonfler les ventes des magazines dans lesquels elle apparaît. Des créateurs comme Dolce&Gabanna, Jean-Paul Gaultier et John Galliano font à leur tour défiler des mannequins aux formes épanouies sur leurs podiums. Exit les Kate Moss, place aux Crystal Renn et autres Johanna Dray !

Grossir pour gagner en beauté : la nouvelle tendance

Vouloir à tout prix ressembler à cette femme qui suscite tous les désirs et déploie ses charmes sur les pages glacées exposerait ici aux dangers de la prise de poids excessive et dangereuse pour la santé. A ce propos, on trouve un témoignage sidérant de Fatou Bintou K. Ndiaye dans l’Observateur, lequel révèle que les jeunes sénégalaises pour imiter les danseuses aux hanches très développées en vogue dans leur pays n’hésitent pas à faire usage de produits pharmaceutiques comme “l’Antinorex” qui les aident à grossir. Entre chaque critère de beauté, difficile de trouver un juste milieu.

Une mode éphémère ?

Est-ce que cette vogue de top models hors normes est appelée à durer ? Dans l’univers d’éternels changements de la mode, nul ne le sait. Néanmoins une chose est sûre : si les rondes ne feront pas la Une de Elle ou de Vogue l’année prochaine, elles auront cette année fait évoluer les mentalités et prouvé que la séduction ne passe pas forcément par la sacro-sainte minceur, à la mode de ces quarante dernières années.

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