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La maison passive zero CO2 pour lavenir Un concept revolutionnaire pour economiser sur la note de chauffage

La maison passive zero CO2 pour lavenir Un concept revolutionnaire pour economiser sur la note de chauffage

L’Allemagne a lancé il y a vingt ans un véritable défi aux normes environnementales, en créant une maison écologique, capable de produire son propre chauffage naturel.

Maison passive, maison basse consommation, low-energy-house, maison basse énergie… Sous ces appellations est né en Allemagne il y a une vingtaine d’années, un concept de construction écologique, pour l’habitat comme pour les entreprises soucieuses de faire de substantielles économies de chauffage, tout en respectant l’environnement. Un cahier des charges très précis encadre cette nouvelle manière de vivre, selon le label allemand Passivhaus délivré par le Passivhaus Institut.

Comment fonctionne une maison passive

Le principe réside dans l’utilisation de la chaleur émise par le soleil, la chaleur humaine dégagée par les occupants du bâtiment et la chaleur produite par les appareils électriques (ordinateurs, électroménager…). Ces trois sources de chaleur doivent être optimisées par une parfaite isolation, et même une étanchéité quasi totale de la construction. Le chauffage artificiel devient dès lors un simple apport occasionnel, voire inexistant dans certaines régions. La chaleur est récupérée par un système d’aspiration/ventilation à double flux «entrant/sortant».

Les critères d’une maison passive sont basés sur des normes énergétiques:

  • Des besoins de chauffage inférieur à 15 kW/m2 et par an, alors que les besoins moyens en France sont de 250 à 300 kW/m2/an
  • Une étanchéité de l’enveloppe de n50 < 0,6 h-1 (suppression des ponts thermiques, triple vitrage, isolation extérieure)
  • Une énergie primaire totale consommée de 120 kWh/m2 et par an (tout confondu, habitants, électroménager…)

Le système de ventilation permet en été de rafraîchir la maison, dont l’étanchéité la protège des chaleurs estivales.

La maison passive permet d’économiser jusqu’à 90% sur la facture de chauffage, ce qui constitue une économie trois fois supérieure à une simple maison écologique construite sur la norme française BBC Effinergie (Bâtiment basse consommation). Elle possède autant d’efficacité à Madrid qu’à Stockolm, car quelle que soit sa latitude, son efficacité repose sur son étanchéité, et non sur un système de réchauffement d’air froid venant de l’extérieur. Dans les zones méridionales, l’ensoleillement est d’autant plus efficace pour réduire encore davantage l’utilisation éventuelle de chauffages d’appoint.

Le coût de construction d’une maison passive

On considère qu’une maison passive coûte 15% plus cher qu’une maison normale. Ce surplus concerne principalement la qualité des vitrages, sur lesquels il ne peut être question de faire des économies, l’isolation extérieure de la maison (toitures, murs), et les études préliminaires qui permettront d’optimiser la construction. Ces 15% de coût supplémentaires sont facilement amortis dès le premier hiver, où la facture de chauffage n’excédera pas 15 à 20 euros par mois.

Il faut considérer aussi que sur une durée d’occupation de 15 ou 20 ans, une maison passive ne verra pas s’user les technologies de confort: pas de chaudières, pas d’installations coûteuses à remplacer. Considérée globalement, et non à l’instant zéro de la mise en chantier, une maison passive coûte moins cher que toute autre construction.

Il est tout à fait possible de transformer une maison existante en maison passive. Cela suppose d’étanchéiser la construction en isolant l’extérieur, en modifiant les ouvertures et en installant un récupérateur de chaleur. Des bâtiments anciens ont ainsi été entièrement rénovés et remis aux normes de la Passivhaus.

La maison passive en France

Il faut le dire, la France est encore très en retard sur ce programme par rapport aux pays scandinaves et à l’Allemagne. En 2009, il existait 10 000 maisons passives en Europe, et en France elles se comptent sur les doigts des deux mains. Sans doute notre climat tempéré est-il l’une des principales raisons de ce manque de motivation. Pourtant, il faudra bien s’y mettre un jour, car la maison passive représente à ce jour la meilleure solution d’avenir pour construire «durable». En France, le Grenelle de l’environnement a planché sérieusement sur un plan progressif d’amélioration de la performance thermique. L’objectif est d’atteindre le Bâtiment Basse Consommation (BBC) en 2012, puis le Bâtiment Passif en 2020 (appelé à cette occasion BEPAS). Déjà plusieurs entreprises de construction françaises se sont lancées dans la maison passive, et les architectes commencent même à s’amuser sérieusement sur le choix des matériaux et des design pour optimiser encore les performances thermiques.

Les entreprises ont tout intérêt à donner l’exemple, car elles possèdent la matière première pour transformer leurs locaux en bâtiments passifs: le nombre de salariés et le nombre d’ordinateurs, des ateliers dotés de machines produisant de la chaleur… autant de sources de chaleur permettant de substantielles économies.

Imaginons déjà demain, dans des maisons sans radiateurs, peu de tuyauteries, où l’homme sera pour lui-même sa propre source de chaleur.

Liens

  • Tout savoir sur la maison passive
  • Un projet de maison passive en Loire-Atlantique
  • Les derniers débats du Grenelle de l’environnement sur les constructions/rénovations écologiques

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