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La construction du Musee des Sciences de Laval Charles Landelle

La construction du Musee des Sciences de Laval Charles Landelle

Situé près du jardin de la Perrine et dessiné par Léopold Ridel, l’imposant Musée des Sciences de Laval fut d’abord voué à la peinture et à la sculpture…

En 1889, conformément au souhait du peintre Charles Landelle (1821-1908), les élus de la Ville de Laval décident que leur cité aura son musée des Beaux-Arts. Il est vrai que Landelle, depuis 1884, promettait d’offrir à ce nouveau musée pas moins d’une vingtaine de ses œuvres… Un sacré cadeau !

Charles Landelle

Car Landelle, à l’époque, était un peintre connu et apprécié. Remarqué par Louis-Philippe et Napoléon III (qui l’admire tant qu’il le fit chevalier de la Légion d’honneur à 34 ans, en 1855), ce “peintre officiel” fut aussi l’un des initiateurs de la peinture dite orientaliste (il allait très souvent au Maghreb avec son chevalet et ses pinceaux).

Portraitiste talentueux, Landelle a immortalisé un maire de Laval, Pierre Queruau-Lamerie (1832-1844), mais aussi moult vedettes de son temps, Alfred de Musset par exemple, qu’on peut admirer au musée du Louvre.

Léopold Ridel

La décision de construire un musée des Beaux-Arts acceptée par son conseil municipal, le maire Aimé Billion (1879-1892) charge l’architecte de la Ville « de préparer un projet pour ce monument ». Cet architecte, c’est Léopold Ridel (1852-1910), un Nantais d’origine qui arrive à Laval pour y occuper les fonctions d’architecte-voyer avant d’être nommé en 1892 architecte départemental.

Lors de sa longue carrière lavalloise, Ridel dessinera quelques-uns des plus beaux bâtiments qui réjouissent aujourd’hui encore les autochtones et les touristes : chapelle Saint-Julien, Caisse d’Epargne, gare centrale des chemins de fer département, pavillons du cimetière de Vaufleury…

Tony Noël

Pour construire ce bâtiment de style néo-grec, Ridel fait appel à des artistes plusieurs fois récompensés lors de Salons ou d’Expositions universelles.

Tony Noël a signé les figures allégoriques de la Sculpture et de la Peinture qui surmontent le porche. Et le sculpteur Georges Gardet a exécuté les deux groupes situés de part et d’autre de l’emmarchement menant au musée : le « Tigre attaquant une tortue » et le « Bison assailli par un jaguar ». Le fondeur retenu ? Sicot-Decauville.

Dominique Eraud

Dans Laval images du Patrimoine, Dominique Eraud écrit que « le musée devait initialement s’étendre sur le jardin de la Perrine et bénéficier, vers l’est, d’un accès monumentalisé par la déclivité menant à la rivière. »

Mais ce projet originel avait été refusé, lors de la séance d’examen du 19 décembre 1889 par l’intraitable commission départementale d’architecture et de bâtiments civils : « L’examen des lieux fait voir que l’architecte aura à vaincre de très sérieuses difficultés à cause de la configuration du sol et des accidents de terrain… »

Victor Boissel

Si l’architecte n’eut point à vaincre ces difficultés, d’autres surgirent tout au long de la construction… Elles concernèrent les sommes à rajouter au devis initial et donnèrent régulièrement lieu à des polémiques au sein des conseils municipaux.

Le 7 janvier 1898, le maire Victor Boissel, qui a succédé à Aimé Billion, rappelle à ses élus que « le gros œuvre est exécuté » et « que la dépense a été soldée sans surcharger les contribuables, sans créer de nouveaux impôts mais uniquement avec les ressources disponibles de la Ville, trouvées dans les excédents libres de nos budgets ! »

Un emprunt

Néanmoins, pour les autres aménagements qui n’ont pas été entrepris (travaux de peintures décoratives, porte principale, bronze…), il réclame 100 000 francs et propose la réalisation d’un emprunt de 167 000 francs permettant d’achever le musée et d’effectuer des réparations diverses aux bâtiments de la ville.

Certains élus refusent catégoriquement…

Ainsi M. Cherouvrier s’oppose fermement à « la création d’un emprunt dont la majeure partie serait affectée à l’achèvement d’un musée auquel la population lavalloise est indifférente ! »

Mais le maire aura le dernier mot et l’emprunt sera accepté : « Il faut terminer au plus vite l’œuvre entreprise pour elle-même, mais aussi pour ne pas donner à notre généreux donateur, M. Charles Landelle, motif de modifier les dispositions testamentaires qu’il a prises d’une façon si large et si bienveillante envers sa ville natale. »

Félix Faure

Ce musée coûta, grilles et portail compris – 400 000 francs de l’époque. Il sera inauguré en décembre 1899, sous Félix Faure l’un des rares président de la République à avoir foulé le sol lavallois (en 1896).

Généreux, le célèbre Charles Landelle ne se contenta pas d’offrir sa collection de tableaux anciens et modernes » et « 150 études peintes par lui », il apportait aussi « 60 000 francs en principal ».

La vie du musée des Beaux-Arts de Laval commençait.

Elle durera jusqu’à la Libération…

En 1974, sous l’impulsion de Louis Vallée, ce musée deviendra celui des Sciences.

Mais ceci est une autre histoire narrée ici…

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