Blog

La Bande a Baader les origines du mouvement

La Bande a Baader les origines du mouvement

La Fraction Armée Rouge était une organisation d’extrême-gauche qui a sévi en Allemagne de l’Ouest à partir de la fin des années 1960.

La RAF (aussi appelée la Bande à Baader ou le groupe Baader-Meinhof en référence à ses deux leaders présumés, Ulrike Meinhof et Andreas Baader) a été rendue célèbre par la vague d’attentats qui a défrayée la chronique jusqu’à fin des années 1990, bien que l’essentiel des actions aient eu lieu dans les années 1970.

C’était l’époque des années de plomb, ces années où les groupes terroristes posaient des bombes, enlevaient des personnalités et assassinaient partout en Europe de l’Ouest: les Brigades Rouges en Italie, Action Directe en France, les Cellules communistes combattantes en Belgique et donc, la RAF en Allemagne de l’Ouest. Ces années où l’on pensait que tout allait sauter.

Nous allons revenir sur cette histoire incroyable de jeunes allemands qui se sont donnés corps et âmes à une cause qu’ils pensaient juste, coincés entre l’expiation des crimes nazis de la génération précédente et la lutte actuelle contre l’impérialisme… dans une vague de violence qu’ils ne maîtrisaient plus vraiment.

Les origines du mouvement: le 2 juin 1967

C’est le 2 juin 1967 que Mai 68 a commencé en Allemagne. Ce jour-là, le shah d’Iran Rezah Pahlavi (qui avait écrasé l’opposition dans son propre pays avec une extrême brutalité) et son épouse Farah Diba rendent une visite officielle à Berlin-Ouest, déclenchant une vague de manifestations. Lors de l’une d’elles, après que les supporters du Shah s’en soient pris aux étudiants allemands, la police a violemment dispersé les manifestants. Quelques minutes plus tard, un étudiant de 26 ans, Benno Ohnesorg, est tué dans une arrière cour par une balle tirée par un policier, qui ne sera pas condamné, ayant utilisé son arme en “légitime défense putative” selon la justice.

C’est le début d’une mobilisation étudiante impressionnante contre l’Etat policier avec notamment Rudi Dutschke (dit Rudy le Rouge) à sa tête pour des manifestations, des sit-in et des conférences en amphithéâtre dans les universités. En face, le gouvernement, composé des grands partis que sont la CDU/CSU et le SPD, fait preuve d’une répression féroce et monolithique. Sans oublier le groupe de presse Springer, qui contrôle 78 % de la presse berlinoise et 33 % de la presse nationale et qui orchestre une campagne forcenée contre les étudiants, les accusant de fomenter le désordre, l’anarchie et d’être à la solde des Soviétiques. Le 11 avril 1968, Rudi Dutschke est grièvement blessé par balles lors d’un attentat commis par Josef Bachmann (il meurt des suites de ses blessures en 1979).

La RAF s’organise clandestinement

En souterrain, c’est Andreas Baader et Gudrun Esslin, future égérie de la RAF, qui s’organisent pour utiliser des moyens plus radicaux. Gudrun Esslin est la fille d’un pasteur et connaît une vie plutôt tranquille avec son mari, dont elle a eu un enfant, jusqu’au jour où elle devient amante d’Andreas Baader qui possède une forte personnalité, bagarreur et cavaleur. Ensemble, ils vont devenir les Bonnie and Clyde du terrorisme allemand laissant derrière eux famille et enfants.

Dès le 3 juin 1967, Esslin prononce ces mots: “Ils nous tueront tous – vous savez à quels salauds nous avons affaire – c’est la génération d’Auschwitz. Ils ont des armes et nous n’en avons pas. Nous devons nous armer.” De nombreux jeunes étudiants en quête d’identité viennent gonfler leurs rangs. Car ce qui caractérise le mouvement étudiant en Allemagne, en plus de la bataille contre la guerre au Vietnam, l’impérialisme américain et la société de consommation, c’est également un lourd questionnement sur les fautes commises par leurs parents sous le nazisme. Sujet tabou dans les années 1950, le travail de deuil sur le passé nazi commence à la fin des années 1960. C’est le début d’une confrontation sociale qui va tourner à l’hystérie collective.

Voir aussi: La Bande à Baader, la naissance de la Rotte Armee Fraktion (RAF)

La Bande à Baader, le paroxysme de la violence

Related Articles

Close