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Henri Clement Sanson le dernier bourreau etait homosexuel

Henri Clement Sanson le dernier bourreau etait homosexuel

Henri Clément Sanson est le dernier d’une famille de bourreaux célèbres. Il est connu pour ses mœurs et est destitué en 1847.

Henri Clément Sanson (1799-1889) est connu pour son homosexualité, qui lui coûte sa charge d’exécuteur.

Sa famille


Henri Clément Sanson appartient à une famille détenant la charge de bourreau. Un des plus célèbres, Charles Henri Sanson (1739-1804) procède à l’exécution de Louis XVI et de Marie Antoinette. Henri Clément Sanson est le dernier. En fait, six générations de sa famille ont assuré la charge d’exécuteur des hautes œuvres, de 1688 jusqu’à 1847.

Son homosexualité

Bien que marié, Henri Clément Sanson est homosexuel. Ses tendance apparaissent dans certains extraits de ces mémoires.[1] En filigrane, des liaisons particulières se dessinent. «Je me liai avec deux ou trois de mes condisciples et surtout avec un nommé… Nous nous étions juré une amitié éternelle, nous mettions en commun nos peines et nos plaisirs» [2]. Les indices sur l’homosexualité du dernier des Sanson se trouvent aussi dans les archives de police. Une fiche est présente dans le fichier BB4 des archives de la police[3]: «Henri Sanson fils, exécuteur des hautes œuvres, pédéraste effréné. Il vit avec un jeune homme, Hubert dit petit jean, qui est son aide-exécuteur»[4]. Henri Clément fait travailler ses amants comme aides à ses côtés. Ainsi, le policier Louis Canler note: «le jour de l’exécution de Poullmann j’aperçus parmi les charpentiers et les charretiers qui entouraient l’échafaud, un jeune et beau garçon aux manières délicates et en quelque sorte féminines»[5]. Ce personnage, dit La belle J, n’est autre qu’Hubert dit la petite Jean, qui avant de côtoyer le bourreau, opérait au Palais Royal.». Donc, Henri Clément Sanson semble vivre assez bien sa passion pour les garçons. Pourtant, à l’occasion d’exécutions d’hommes connus pour partager ces mêmes mœurs, il semble faire preuve de bien plus de conformisme en la matière. Le 17 mai 1824, Henri Clément Sanson doit exécuter Antonio Brochetti qui, détenu à Bicêtre, a tué le gardien qui voulait l’empêcher de pratiquer l’homosexualité: «Brochetti avait bien satisfait une haine inspirée par une de ces passions immondes qui naissent dans ces sortes d’établissement… »[6] Le 30 août 1832, il doit procéder à l’exécution de Nicolas Théodore Frédéric Benoît. Ce jeune homme commet un matricide pour 4000 pièces d’or. Plus tard, il égorge son compagnon, Joseph Formage, qui connaissant son secret, veut le faire chanter. A l’occasion de son exécution, voici ce que dit de lui le bourreau, lui-même adepte des mêmes amours: «Ce malheureux était atteint d’un vice qui outrage les lois de la nature»[7]. Ainsi, Henri Clément Sanson reprend à son compte les poncifs les plus classiques envers les adeptes de l’uranisme. Est-ce le fruit d’une banale hypocrisie? Est-ce le signe d’une intériorisation de la répression?

Sa destitution

Connu pour ses mœurs, et sa passion du jeu, Henri Clément Sanson perd sa charge de bourreau, le 18 mars 1847. Le bourreau fait scandale, comme le remarque Jacques Delarue dans son étude Le Métier de Bourreau.[8] A son homosexualité, le bourreau ajoute la passion du jeu. Il met en gage la guillotine. Sa destitution doit être mise en parallèle avec celle du ministre de la Justice de Louis Philippe Ier (1773-1850), Nicolas Martin dit Martin du Nord (1790-1847). Ce dernier a contre lui un rapport de police révélant ses mœurs.[9] Le 12 mars 1847, l’ancien ministre meurt d’une attaque d’apoplexie, certains disent qu’il se serait suicidé. Finalement, le roi Louis Philippe Ier remplace le ministre de la Justice par un procureur général du nom d’Hébert et celui-ci révoque Henri Clément Sanson le 18 mars 1847.

Finalement, notre bourreau pas ordinaire, meurt en 1889. Il écrit les mémoires de sa famille.

[1] Henri Clément SANSON, Sept générations d’exécuteurs, 1688-1847 : mémoires des Sanson, tome 6, Paris, 1862-1863

[2] Christian Gury, L’Honneur professionnel d’un bourreau homosexuel en 1847, Paris, Kimé, 1999, p. 22

[3] adresse 1 bis rue des carmes Paris 5e

[4] Archives de la police, BB4, fiche Sanson Henri

[5] Louis Canler, mémoires de Canler ancien chef de service de la sureté, Paris, F. Roy, 1882, p. 289

[6] Henri Clément SANSON, Sept générations d’exécuteurs, 1688-1847 : mémoires des Sanson, tome 6, Paris, 1863, p. 421

[7] Henri Clément SANSON, Sept générations d’exécuteurs, 1688-1847 : mémoires des Sanson, tome 6, op. cit., p. 477, 478, 479, 480

[8] Jacques Delarue, Le métier de Bourreau, Paris, Fayard, 1979

[9][9] voir Anne Martin-Fugier, La Vie quotidienne de Louis Philippe et de sa famille, Paris, Hachette, 1992, .p. 303

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