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Greves et manifestations le point sur le jeudi 23 septembre

Greves et manifestations le point sur le jeudi 23 septembre

Le 23 septembre, il faut s’attendre à une grande journée de grèves et de manifestations contre la réforme des retraites. Voire à des «grèves reconductibles»

La journée du 23 septembre a été dure pour les usagers des services publics, qu’ils soient solidaires ou pas avec l’intersyndicale. Après les concessions sur la réforme des retraites (pénibilité, carrières longues) Eric Woerth, le ministre du Travail a annoncé mardi 21 septembre dans Le Parisien qu’il allait déposer des amendements devant le Sénat, en faveur des travailleurs handicapés, des chômeurs âgés et des femmes. Mais il a refusé de céder aux syndicats qui ne veulent pas de l’âge légal de départ à 62 ans ni de celui de la pension à taux plein à 67 ans. Un casus belli pour les centrales qui rêvaient de mobiliser davantage encore que le 7 septembre dernier.

20 manifestations de plus

Ce jour-là, des foules immenses avaient défilé dans les rues des principales villes de France (1,2 million de personnes selon la police et 2,7 millions selon les syndicats). De même, la plupart des services publics avaient été paralysés tandis que de nombreuses entreprises privées avaient connu des perturbations.

Les syndicats ont-ils réussi à mobiliser encore plus le 23 septembre? 231 manifestations étaient prévues dans toute la France, soit une vingtaine de plus que le 7, et des voix s’élevaient pour appeler à des «grèves reconductibles». Cependant, malgré une météo clémente, il semblait, vers 17 heures, que la mobilisation du 23, très forte, n’excéderait pas celle du 7 septembre. Les grévistes paraissaient à peu près aussi nombreux que le 7 dans les services publics ainsi que les manifestants. Vers 18h, la CGT annonçait 3 millions de manifestants dans les rues tandis que la police n’en avait dénombré que 997 000.

A la SNCF

La fédération CFTC des Cheminots avait déposé des préavis de grève reconductible à compter du 23 septembre à la SNCF. Les fédérations FO-Cheminots et Sud-Rail appellaient à un mouvement également reconductible à compter du 22 septembre au soir, tandis que les syndicats majoritaires demandaient une grève de 24 heures pour le 23 septembre. Dès le 22, les trains de nuit avaient été supprimés à partir de 20h et la SNCF prévoyait pour le lendemain 50% seulement des TGV en circulation, 25% des Corail, 50% des TER et 40% des Transiliens. A l’international, seuls les Thalys et Eurostar devaient être faiblement perturbés. Avant de prendre le train, il était conseillé de consulter le site de la SNCF.

A la RATP

Les syndicats CGT, UNSA, CFDT, Indépendants, CGC et CFTC ont mobilisé pour 24 heures, le 23 septembre. Mais il semble que le trafic a été moins perturbé que prévu.

La RATP envisageait un trafic difficile sur l’ensemble des lignes du métro parisien, ainsi que le RER A et B en zones RATP. Elle prévoyait un RER B sur cinq aux heures de pointe et un RER A sur deux en moyenne. Deux RER sur cinq étaient annoncés sur les lignes C,D et E. Sur les lignes K et P, il fallait compter 1 train sur 2. Sur les lignes J,L,N,R, on prévoyait 2 trains sur 5. Enfin sur les lignes H (Paris-Nord ouest) et U (La Verrière – La Défense) il devait circuler 1 train sur 3. Le trafic a finalerment été peu perturbé sur les lignes de métro, où quatre rames sur cinq étaient en circulation.Le réseau bus et tram a été légèrement perturbé (3 sur 4). Là encore, les usagers devaient se rendre sur le site de la RATP pour de plus amples informations. Un numéro vert avait aussi été mis à la disposition des voyageurs : le 0 800 15 11 11.

Dans les aéroports

Comme le 7 septembre dernier, on annonçait de fortes perturbations sur les vols d’Air France. Les contrôleurs aériens étaient en grève. 50% des vols domestiques étaient annulés à Orly et 40% à Roissy. Il était recommandé de consulter le site de la compagnie française avant de prendre l’avion. On attendait également des difficultés dans les aéroports de Nice, Marseille, Lyon, Bordeaux et Nantes.

Dans les transports routiers

Les fédérations CGT, CFDT, CFTC et CFE-CGC des transports routier avaient appelé les salariés du privé à la grève le 23 septembre. Ces quatre fédérations soulignaient dans un communiqué commun que «tous les salariés du transport étaient concernés, y compris ceux qui bénéficient de régimes spéciaux ou de dispositions particulières en matière de retraite». Le syndicat Sud appellait à la grève les chauffeurs routiers, mais également les conducteurs de bus et de tramways dans les grandes villes . Sud souhaitait un mouvement reconductible.

Dans les écoles et les crèches

L’intersyndicale avait appelé à une journée de grève générale dans les écoles et les crèches. Le mouvement a été plus particulièrement suivi dans les maternelles et le primaire,davantage que dans les collèges et les lycées. «Plus d’un enseignant du primaire sur deux sera en grève jeudi», annonçait le SNUIPP-FSU, principal syndicat du primaire. Il prévoyait 75 % de grévistes en Ardèche, 70 % dans les Bouches-du-Rhône, dans l’Eure, la Haute-Garonne, le Lot-et-Garonne, la Sarthe, les Deux-Sèvres, le Vaucluse. La section syndicale parisienne annonçait 55 % de grévistes dans la capitale.

Un service d’accueil a été assuré dans certains établissements ou par les mairies. L’Union syndicale Solidaires « Fonction publique » a de son côté déposé un préavis de grève illimitée à compter du 23 septembre, à 00h01. Les cantines scolaires, en grève, ne servaient pas les repas.

A la Poste et à France Télécom

Jeudi 16, la fédération Sud-PTT avait indiqué dans un communiqué avoir déposé des préavis de grève illimitée à La Poste et à France Télécom à compter du 23 septembre. «Ensemble, c’est possible de gagner, si nous préparons les conditions d’une grève générale reconductible pour le retrait de la réforme des retraites».

Dans les hôpitaux

Cette fois encore, les médecins urgentistes et les infirmières ont appelé à la grève le 23 septembre. Ils se battent pour obtenir des avancées notamment dans le domaine de la pénibilité. Mais les patients ont pu être accueillis aux urgences.

Dans le secteur de l’énergie

La puissante CGT-chimie ainsi que la CGT de Total voulaient dès jeudi une grève reconductible. Déjà au soir du 7 septembre, la grève avait été prolongée de 24 heures dans deux raffineries. Six raffineries ont été entièrement bloquées et il y a eu des baisses de tension dans les entreprises servies par EDF.

A France Télévision et à Radio France

Les syndicats CGT, FO, CFTC avaient annoncé un préavis de grève chez France Télévisions ce 23 septembre. Les journaux télévisés étaient assurés par les personnels non grévistes et les programmes enregistrés ont étét diffusés normalement. Cette grève était annoncée comme reconductible. Mêmes programmation minimum sur France Inter, France Culture et France Musique.

Chez Pôle emploi et à la Sécurité sociale

Les bureaux de la Sécurité sociale, mais aussi des services fiscaux devaient être fermés pour la plupart toute la journée du 23, répondant ainsi à l’appel de l’intersyndicale. Les agences de Pôle Emploi sont, quant à elles, restées ouvertes, une manifestation étant prévue par les personnels en novembre.

Dans les collectivités locales

Les personnels des collectivités locales, mairies, conseils généraux et régionaux, préfectures et sous-préfectures étaient en grève pour une part, et demander le renouvellement des papiers ou une fiche d’Etat civil n’a pas toujours été possible.

Chez Renault et Peugeot

L’intersyndicale avait appellé à la grève le 23 et les salariés devaient décider en assemblée générale le 24 s’ils allaient la reconduire. «La prochaine action ne peut être dans 2-3 semaines, les grèves saute-moutons ça commence à bien faire», affirmait vendredi 17 Gilles Cazin (CGT) de l’usine de Cléon (Seine-Maritime). Les usines Peugeot devaient aussi connaître des perturbations.

Dans la presse et les banques

Des mouvement de grèves perlée (deux heures d’arrêt) ont perturbé la sortie des journaux datés du 24, à l’appel du syndicat du Livre CGT. Les syndicats de journalistes appellaient aussi à un débrayage. Des agences bancaires devraient également être fermées.

231 manifestations

Les organisations syndicales avaient demandé aux «salariés du privé, salariés du public, demandeurs d’emploi, jeunes et retraités à venir massivement exprimer leur opposition à ce projet de loi» en manifestant jeudi, dans toutes les villes de France. Pas moins de 231 cortèges ont défilé dans toute la France. Comme le 7 septembre, les syndicats et la police se sont opposés sur les chiffres, mais il semblait, jeudi soir, que la mobilisation n’avait guère dépassé de beaucoup la précédente.

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