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Fantastic Mister Anderson Dans la lignee de Tim Burton

Fantastic Mister Anderson Dans la lignee de Tim Burton

Changement de style pour Wes Anderson qui a décidé de réaliser son sixième film en stop-motion, procédé méticuleux qui consiste à concevoir les plans image par image.

“Fantastic Mr. Fox” est la première adaptation littéraire de Wes Anderson, transposition modernisée de “Fantastique Maître Renard”, bijou du célèbre auteur pour enfants Roald Dahl (“Charlie et la chocolaterie”, “Matilda”, “James et la pêche géante”). Mais si la technique change, la pâte du réalisateur, elle, demeure toujours bel et bien présente.

Idées et système D

Cinéaste perfectionniste à l’allure invariablement impeccable, Wes Anderson a toujours refusé de se fondre dans le moule des réalisateurs standardisés. Il a ainsi soigneusement évité d’intégrer une école de cinéma, préférant apprendre l’art filmique en autodidacte à travers des courts-métrages super 8. Et c’est à force de persévérance et d’ingéniosité que l’apprenti cinéaste, épaulé par ses acolytes Owen, Luke et Andrew Wilson, sera révélé sur la scène du cinéma “indé” avec “Bottle Rocket”, ancien court-métrage transposé en long.

De cet anticonformisme résulte un univers cinématographique immédiatement identifiable : personnages déjantés, décors kitchs et chatoyants, longs plans-séquence en travelling latéral, bande son explosive…etc.

Famille, je vous aime

Si les “acteurs” de Fantastic Mr. Fox sont des figurines “Tom pouce”, Wes Anderson n’en oublie pas pour autant sa famille de cinéma pour le casting vocal. A côté des petits nouveaux George Clooney et Meryl Streep, on retrouve des vieux de la vieille : l’inénarrable Bill Muray, les cousins Coppola (Roman Coppola et Jason Schwartzman), Willem Dafoe et Michael Gambon (vus dans “La vie Aquatique”), Brian Cox (“Rushmore”), Adrien Brody (à bord depuis l’aventure du “Darjeeling Limited”) mais surtout Owen Wilson, complices de tous les films de Wes, ici sans ses deux frangins Luke et Andrew.

Une fois n’est pas coutume, Wes Anderson a travaillé entièrement seul à l’écriture du scénario. Jusqu’alors toujours accompagné, que ce soit par Owen Wilson (“Bottle Rocket”, “Rushmore”, “La Famille Tenenbaum”) ou par les cousins Coppola (“A bord du Darjeeling Limited”), Wes Anderson s’est cette fois-ci isolé. Seul ? Pas tout à fait puisque c’est dans la maison de Gispy House de feu Roal Dahl que Wes Anderson a cherché l’inspiration. « Liccy (la veuve de Roal Dahl) m’a montré la célèbre cabane où son mari écrivait. […] J’avais le sentiment qu’il était avec moi, et qu’il regardait par-dessus mon épaule » confie le réalisateur.

Un maniaque du détail

Dès ses débuts, Wes Anderson fit du décor et des costumes des personnages à part entière de son univers. Une mise en valeur du détail qui transparaissait déjà dans les pièces de théâtre qu’il mettait en scène au lycée (à l’image de Jason Schwarzman dans “Rushmore”). Plus porté sur le bon vieux système D que sur les effets numériques, Wes Anderson fit déjà appel à Henry Selick (L’étrange Noël de M. Jack) pour animer les poissons de “La Vie aquatique”.

C’est donc en toute logique qu’il passa du décor grandeur nature aux maquettes de “Fantastic Mr. Fox”, cette fois en collaboration avec Mark Gustafson (Selick était malheureusement accaparé par le tournage de son film “Coraline”). « Par le passé j’ai tourné des plans qui prenaient toute une journée de travail. Avec ce film, un plan compliqué pouvait prendre sept semaines, voire deux mois ! » explique le cinéaste. La conception du film a en effet nécessité 4000 accessoires, 500 marionnettes et 150 décors pour un total de 5229 plans.

Véritable marque de fabrique de Wes Anderson, le travelling latéral, enchaînement de cadres au milieu desquels les personnages vaquent à leurs occupations, s’intègre une fois encore dans “Fantastic Mr. Fox” lors des séquences tournées dans le réseau souterrain. Déjà relativement difficile à mettre en scène en prises de vue réelles, le travelling a cette fois-ci demandé trois mois de préparation !

Un profond attachement à la France

Le natif de Houston (Texas), qui réside plusieurs mois par an dans notre capitale (souvent en compagnie de Roman Coppola, né à l’hôpital américain de Neuilly), prouve régulièrement son attachement à la France. Très inspiré par les grands noms de la culture hexagonale (il cite régulièrement Cocteau, Louis Malle, Jean Renoir), il égrène les clins d’œil dans sa filmographie. “La vie aquatique”, par exemple, rend un hommage amusé à l’explorateur Jean-Jacques Cousteau, et “A bord du Darjeeling Limited” s’ouvre sur un court métrage intitulé “Hotel Chevalier” tourné en 2005 dans l’hôtel parisien.

“Fantastic Mr. Fox” n’échappe pas à la règle. On retrouve par exemple dans le film l’insigne désuète “Duluc détective” de la rue du Louvre dans le 1er arrondissement, les immeubles de la ville semblent directement inspirés du style haussmannien et l’on peut entendre George Clooney baragouiner quelques mots en français dans la version originale.

Un répertoire musical très rythmé

Ultime élément représentatif du cinéma de Wes Anderson, la musique pop-rock-folk souvent entremêlée de musiques du monde (le brésilien Seu Jorge dans “La Vie aquatique”, musique hindi dans ” A bord du Darjeeling Limited”). Outre les refrains tirés du roman, la BO (orchestrée par les français Alexandre Desplat et Georges Delerue) est agrémentée de titres endiablés signés par The Wellingtons, The Rolling Stones, The Beach Boys, Burl Ives ou encore Jarvis Cocker qui apparaît dans le film sous les traits de Petey.

Si, en apparence, Wes Anderson opère un virage à 360°C avec ce nouveau projet, “Fantastic Mr. Fox” ressemble à bien des égards à ses prédécesseurs et s’intègre à part entière à la filmographie de Wes Anderson.

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