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Fadela Amara inspectrice generale a lIgas portrait de A a Z

Fadela Amara inspectrice generale a lIgas portrait de A a Z

L’ex-secrétaire d’État à la Ville a été «recasée» inspectrice générale aux affaires sociales (Igas) en conseil des ministres. Portrait.

Après Rama Yade, l’ex-secrétaire d’État aux Sports, «recasée» par Nicolas Sarkozy comme ambassadrice à l’Unesco, c’est au tour de Fadela Amara, l’ex-secrétaire d’État à la Ville de bénéficier d’un poste privilégié: elle a été nommée, «au tour extérieur», sur proposition du ministre du Travail, Xavier Bertrand, et de la ministre des Solidarités et de la cohésion sociale, Roselyne Bachelot, inspectrice générale des affaires sociales. Invitée mercredi 9 janvier 2011 du 22h de Public Sénat, l’ex-secrétaire d’Etat à la Politique de la ville a déclaré qu’elle avait «accepté la proposition du chef de l’État de rejoindre l’Inspection générale des affaires sociales» (Igas). Un moyen pour elle de continuer son «combat pour les valeurs de la République».

  • A comme « Affaires sociales».

L’Inspection générale des affaires sociales (Igas) assure depuis 1967 «le contrôle des politiques publiques de la sécurité sociale et de la prévoyance sociale, de la protection sanitaire et sociale, du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle». Ce grand corps de l’État mis à la disposition de huit ministres du Gouvernement, chargé de contrôler les institutions et les administrations, mène à bien plus de 200 missions par an.

C’est par exemple l’Igas qui a enquêté en 1993 et 1994 sur l’Arc, au moment du scandale de la gestion de cette association de lutte contre le cancer. C’est aussi elle qui a préparé la fusion entre l’ANPE et l’Assedic. C’est son enquête qui a également permis, en 2006, l’interdiction, par la ministre de la Santé, de fumer dans les lieux publics, ou qui a entraîné la dissolution, en 2007, de l’Ordre des Médecins de Paris.C’est l’Igas enfin qui a mené l’enquête en janvier 2011 sur le Mediator.

  • B comme «plan Banlieues».

Le 19 juin 2007, Fadela Amara est nommée secrétaire d’État à la Ville sous la tutelle du ministre du Logement et de la Ville Christine Boutin. Le 22 janvier 2008, le président Sarkozy présente à Vaulx-en-Velin le plan qu’elle a préparé «Espoir Banlieues-Une dynamique pour la France». Ce «plan Marshall» prend en compte l’éducation (internats d’excellence, écoles de la 2e chance), l’emploi (100 000 contrats autonomie), le désenclavement (500 millions d’euros pour les cités sensibles) et la sécurité (4000 policiers supplémentaires). Seul problème, Le Canard Enchaîné révèle, le 27 mai 2009, que «le Parlement a sucré une bonne partie des aides accordées aux entreprises installées en zones franches urbaines […] l’un des seuls dispositifs dont tout le monde s’accordait à dire qu’il fonctionnait vraiment !»

Grande gueule, de gauche (voir la lettre G), Fadela Amara ne s’entend pas avec Christine Boutin, son ministre de tutelle. Dès janvier 2009, elle va dépendre du ministre du Travail et de la Solidarité, Brice Hortefeux puis Éric Woerth.

Elle dénonce le voile islamique de «Diam’s»

  • C comme «Confédération des centres».

Après son éviction du gouvernement et celle de son ministre, Fadela Amara participe le jeudi 9 décembre 2010 au dîner républicain organisé par «son pote» Jean-Louis Borloo (voir la lettre F). Elle n’entend pas adhérer au Parti radical comme Rame Yade mais Le Point écrit : «En secret, elle rêve même – pourquoi pas – de devenir l’une des porte-parole de la confédération des centres à laquelle travaillent Jean-Louis Borloo et le patron du Nouveau Centre Hervé Morin. «Si cette confédération voit le jour, elle aimerait assurer cette fonction», murmure l’un de ses proches».

  • D comme «Diam’s»

«Tu me fais peur Fadela, tu ressembles à une sorcière». La chanteuse de rap, «Diam’s», change les paroles de sa chanson Peter Pan lors de la remise des NRJ Music Awards en janvier 2010, au Midem de Cannes. «C’est une femme qui a explosé en vol face à la réussite», lui répond Fadela Amara en faisant allusion à la dépression de la rappeuse qui, internée en hôpital psychiatrique, s’est finalement convertie à l’islam. Lors d’un concert à la maison d’arrêt d’Aix-en-Provence, elle a expliqué qu’elle portait le voile et posé avec dans Paris-Match. La secrétaire d’État déclare dans Le Journal du Dimanche: «Je trouve que là, pour le coup, elle devient un vrai danger pour les jeunes filles des quartiers populaires, parce qu’elle donne une image de la femme qui est une image négative».

  • E comme «Expulsion des Roms».

Après le discours de Grenoble du président de la République, alors que la polémique bat son plein, Fadela Amara marque sa différence, tout comme Hervé Morin et Bernard Kouchner. Dans Le Point du 31 août 2010, on peut lire: «La secrétaire d’État chargée de la Politique de la ville s’est dite «contre les expulsions de Roms», mardi matin, sur RTL. «J’ai toujours milité contre les expulsions», a-t-elle indiqué. «Je suis contre l’élargissement de la déchéance de nationalité à toutes les autres formes de crimes», a prévenu la secrétaire d’État. L’ex-associative ne croit pas non plus, comme Frédéric Lefebvre l’avait affirmé au début du mois d’août, qu’il y a «des liens entre délinquance et immigration». «L’insécurité n’a pas de couleur de peau», lui a-t-elle répondu, assumant ses désaccords avec l’exécutif sur cette question (…) «Faire un amalgame, ça peut amener à des dérives. Je ne suis pas convaincue qu’il y ait ce lien si formel» entre délinquance et immigration, a-t-elle martelé».

  • F comme François Fillon.

Une parole de trop. En pleine bagarre pour la conquête de Matignon, Fadela Amara déclare dans Le Parisien du 23 octobre 2010 à propos de François Fillon: «Je l’apprécie en tant qu’homme et républicain. Je le respecte et j’aime son côté droite sociale. Mais en même temps, il est clair qu’entre le notable bourgeois de la Sarthe et la banlieue, il y a une grande différence (…) Nicolas Sarkozy décidera. Mais moi je suis cash : pour mes sujets, le meilleur, c’est Borloo. Il est fédérateur, intelligent et très besogneux, contrairement à la réputation qu’on lui donne. Et surtout, il a une humanité plantée dans le cœur».

  • G comme «Gauche».

Militante à SOS Racisme dès 1986, à l’âge de 22 ans, elle est élue en 2001 sur la liste du Parti socialiste aux municipales de Clermont-Ferrand. Elle démissionne le lendemain. Elle s’explique dans Le Point du 3 janvier 2008: «Je figurais sur sa liste en place éligible, et le PS me confiait la responsabilité de la politique de la ville. Et puis, dès l’élection passée, tous les élus socialistes se sont réunis pour se répartir le pouvoir, sans rien pour moi. Clermont est à l’image du PS : un cercle de notables qui se partagent un gâteau».

Elle prête à ses frères son logement de fonction

  • H comme «légion d’Honneur».

Dans la liste des promus du 1er janvier 2011, on peut lire dans Le Monde: «Plusieurs membres de précédents gouvernements font partie de cette promotion : Christine Boutin, ancienne ministre du logement et de la ville, ainsi que Michel Charasse (…) sont élevés au grade de chevalier, au titre du ministère de l’intérieur(…) Fadela Amara, ancienne secrétaire d’Etat à la ville et ancienne présidente de l’association «Ni putes ni soumises» devient également chevalier, dans le contingent du travail, de l’emploi et de la santé.

  • I comme «Intégrisme musulman»

«Il existe actuellement des extrémismes de tous bords qui testent nos institutions. C’est particulièrement flagrant avec l’intégrisme musulman. En tant que laïque, mais aussi que croyante, je me dois de dénoncer ce que j’appelle le fascisme vert», affirme-t-elle fin décembre 2010 dans Gala.

  • K comme «Kabylie».

Fadela Amara est née le 25 avril 1964, à Clermont-Ferrand, dans une famille nombreuse algérienne de Kabylie. Ses parents étaient sympathisants du FLN. Un père ouvrier du bâtiment, une mère qui élève au foyer onze enfants. Deux drames bouleversent sa vie: elle a 14 ans quand un de ses petits frères est tué par un chauffard ivre; 20 quand un autre de ses frères devient meurtrier en commettant un hold-up dans une bijouterie. Employée de comptabilité, elle s’endette alors pour lui payer un avocat. Il sera condamné à 16 ans de prison.

  • L comme «Logement de fonction».

«L’ex-présidente de «Ni putes ni soumises» héberge depuis un mois un de ses frères» dans son appartement de fonction, révèle en juin 2010 Le Canard enchaîné, en précisant qu’il devrait y rester «au moins jusque début juillet». L’an dernier, c’est un autre frère de Fadela Amara qui «avait élu domicile dans cet appartement», poursuit le journal. Avant d’ajouter qu’«à l’occasion, ces heureux sous-locataires ont le droit de profiter des talents du cuistot mis à la disposition de la sous-ministre et d’un maître d’hôtel». Fadela Amara reconnaît qu’elle n’occupe pas le logement de 120 m2 avec vue sur la Tour Eiffel mis à sa disposition: elle préfère son deux-pièces de 50 m2 dans le XIIIe loué 700 euros par mois.

  • N comme «Ni putes ni soumises».

En 2002, Sohane Benziane, 17 ans, meurt brûlée vive par son ex-petit ami dans un local à poubelles de la cité Balzac de Vitry-sur-Seine. Une marche est alors organisé, «la marche des femmes des quartiers contre les ghettos et pour l’égalité», autour d’un slogan provocateur: «Ni putes ni soumises». 20 000 personnes exigent la fin de la loi du silence et la liberté de parole de toutes les femmes et filles de la République. Fadela Amara devient la présidente de ce mouvement qui lutte pour l’émancipation des femmes, l’égalité des sexes et la laïcité dans les banlieues.

  • P comme «Prières dans la rue».

Fadela Amara déclare sur RMC, le 19 décembre 2010, qu’elle n’a pas attendu Marine Le Pen et le front national pour parler de ces musulmans qui priaient dans les rues.

  • S comme Nicolas Sarkozy.

Elle «rend hommage au président de la République» le 28 décembre 2010, peut-on lire dans une dépêche de l’Agence France-Presse: «A sa manière, et même si je ne partage pas toutes ses idées, Nicolas Sarkozy est un iconoclaste. Contrairement aux conservateurs de gauche et de droite, il a osé jouer la carte de l’ouverture et de la diversité. C’est la preuve d’un vrai courage politique». Cette admiration ne l’empêche pas de déclarer dans Le Point, le 3 décembre 2008, qu’«elle ne votera pas pour Nicolas Sarkozy à la prochaine présidentielle».

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