Blog

El Sueno del Celta de Mario Vargas Llosa

El Sueno del Celta de Mario Vargas Llosa

Le prochain roman du Prix Nobel de Littérature 2010 paraît dans quelques semaines. Un livre à l’image de cet homme engagé politiquement, à travers le monde.

Quel chance pour le monde hispanophone ! Il bénéficiera, dès début novembre 2010 selon l’Express, de la primeur d’El Sueno Del Celta, dernier livre de Mario Vargas Llosa, auteur tout juste primé par l’académie suédoise du Nobel, . Les francophones devront attendre 2011 et la parution chez Gallimard – maison d’édition en France depuis quarante ans de l’auteur d’origine péruvienne, de ce qui s’appellera probablement Le Songe du Celte.

Le livre à paraître du Nobel de Littérature 2010

Vargas Llosa s’attaque dans El Sueno del Celta à Roger Casement, diplomate irlandais et révolutionnaire nationaliste. Au gré de ses affectations, le sujet britannique s’est opposé aux mauvais traitements réservés aux esclaves dans le Congo de Léopold II ou aux indiens Putamayos exploités dans l’industrie du caoutchouc au début du 20ème siècle au Pérou. Avant que ce héros controversé, à la vie aventureuse et au caractère orgueilleux, ne se consacre à la cause irlandaise qui le conduira tout droit à l’échafaud.

Icône incontournable de la littérature sud-américaine depuis le début des années soixante, Vargas Llosa a démarré sa carrière, prolifique, par des œuvres de fiction inspirées de sa vie ou de faits réels, qui donnaient naissance à de truculents personnages péruviens. Enfants dans un lycée militaire de Lima (La Ville et les Chiens, 1963), pègre liménienne issue de la haute (Conversation à la Cathédrale, 1969) ou encore officiers perdus dans les Andes en butte aux guérilleros maoïstes du Sentier Lumineux (Lituma dans les Andes, 1996).

Loin de se limiter aux romans, Vargas Llosa est à l’origine de nombreux essais politiques, littéraires ou pièces de théâtre. Ici, dans un genre intermédiaire, entre fiction fidèle et biographie légèrement romancée, le Nobel 2010 de Littérature met sa plume – fort belle, et sa narration – bien particulière, au service d’un personnage hors norme transcendé par ses idées et dont l’histoire traverse les frontières.

Les romans de Vargas Llosa et leurs personnages hauts en couleur

Déjà, dans Le Paradis – un peu plus loin (2003), le romancier sud-américain retraçait les vies croisées de Flora Tristan et de Paul Gauguin, grand-mère et petit-fils. La militante franco-péruvienne fut tour à tour ouvrière et écrivain, vivant entre Paris et Lima. Considérée par beaucoup comme l’une des toutes premières féministes, réclamant le droit de divorcer et s’insurgeant contre les mauvais traitements réservés aux femmes, elle s’engagea également dans le mouvement socialiste naissant du 19ème siècle.

L’intérêt de Vargas Llosa pour les personnages de Roger Casement ou de Flora Tristan ne doit rien au hasard. Leurs voyages incessants et leurs engagements politiques et idéologiques trouvent un écho dans le parcours même de celui qui retrace leurs vies. L’écrivain, né en 1936 à Arequipa au Pérou, a connu dans sa jeunesse la Bolivie avant de débarquer à la fin des années 50 pour ses études à Madrid, puis Paris, Barcelone, Londres…

Une vie marquée par les voyages et l’engagement militant

Une fois le pied posé en Europe, l’écrivain ne quittera le Vieux Continent que pour s’engager politiquement au Pérou. En 1990, il se présente, sous l’étiquette droite-libérale, contre Alberto Fujimori qui remportera finalement l’élection présidentielle. Suite à son échec, Vargas Llosa quitte son pays natal et regagne l’Espagne, dont il porte aujourd’hui la nationalité.

Il laissera derrière lui la péninsule ibérique pour, fin 2009, prendre la direction de la commission péruvienne « Vérité et réconciliation » chargée de la mémoire des disparus et victimes à la fois des membres du Sentier Lumineux, des révolutionnaires du mouvement Tupac Amaru ou encore des forces de sécurité à la répression forcenée.

Démissionnaire depuis le lundi 13 septembre 2010 – comme l’annonçait le Monde le 16 septembre dernier, à la suite d’un décret péruvien qui accordait de fait l’amnistie à nombre de soldats et policiers impliqués dans assassinats et tortures, Vargas Llosa a obtenu que le projet soit finalement enterré. L’écrivain rejoint ainsi les personnages de ses livres sur un point au moins. Celui de la révolte.

Related Articles

Close