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EDF et Henri Proglio au coeur de la strategie nucleaire francaise

EDF et Henri Proglio au coeur de la strategie nucleaire francaise

De façon informelle, le patron d’EDF a été désigné par le gouvernement pour prendre les rênes de “l’équipe de France du nucléaire”.

D’ici 2030, plus de 250 centrales nucléaires devraient être construites à travers le monde. Après des années de défiance, le nucléaire connaît ces derniers temps un retour en grâce en raison de la disparition annoncée des énergies fossiles mais aussi du réchauffement climatique.

La France a longtemps été pionnière en matière de construction et d’entretien des centrales nucléaires, forte de plus de 50 ans d’expérience… mais la compétition internationale pour décrocher les nouveaux contrats est de plus en plus féroce et la désorganisation de la filière française a déjà coûté plusieurs méga-contrats aux entreprises tricolores (notamment aux Emirats Arabes Unis où un contrat de 20 milliards d’euros a échappé à Areva, EDF et Alstom fin 2009 en raison des tensions et du manque de dialogue entre les deux entreprises).

EDF, le choix de l’expérience globale

C’est pourquoi le gouvernement, après avoir commandité un rapport sur la filière, a décidé de réorganiser ce secteur (essentiellement composé des trois géants EDF, Areva et Alstom) pour une meilleure coordination lors des appels d’offre internationaux.

A la demande de l’Elysée, c’est EDF et son PDG Henri Proglio qui piloteront cette nouvelle organisation du nucléaire : les atermoiements autour de la récente augmentation de capital d’Areva est la parfaite illustration de cette nouvelle donne. Le veto gouvernemental (suite à une requête d’Alstom) à la prise de capital du japonais Mitsubishi, perçu comme un concurrent pour la filière française, est significatif d’un nouveau patriotisme économique nucléaire. Comme l’est l’arrivée annoncée (et importante ?) d’EDF et Alstom dans le capital au printemps.

Pourquoi l’Elysée a fait le choix d’EDF ? En raison de son expérience globale, de la construction à l’exploitation des centrales, et de son statut de premier électricien nucléaire mondial. Le savoir-faire d’Areva notamment se limitant à l’extraction des matières fissibles et à la construction de centrales.

En clair, les appels d’offre seront désormais gérés conjointement par EDF et le gouvernement, marquant à la fois la position de force de l’électricien public, mais aussi et surtout la reprise en main par l’Etat de ce secteur ô combien stratégique.

Le nucléaire, un enjeu stratégique

Il faut dire que tous les gouvernements de pays exportateurs de nucléaire agissent de la sorte, notamment les Américains et les Coréens, qui chapeautent de très près les offres de leurs industriels.

Les enjeux de cette compétition internationale sont monumentaux. Le contrat d’Abu Dhabi, soufflé en 2009 par la Corée, représentait en effet plus de 20 milliards d’euros… Le tout piloté par le ministre de l’Energie sud-coréen.

Le rapport Roussely, commandité début 2010 par l’Elysée, qui a défini cette réorganisation, affirme que pas moins de 200.000 emplois seront liés directement ou indirectement aux contrats de construction et de maintenance des centrales dans les 20 ans à venir.

Un enjeu pour l’emploi qui explique aussi l’activisme du gouvernement à défendre la filière nationale, notamment face à la concurrence des pays émergents qui investissent à fonds perdus pour rattraper leur retard technologique.

Si elle semble enterinée, cette nouvelle donne du nucléaire français fait toutefois grincer quelques dents parmi les concurrents-partenaires d’EDF, en particulier du côté de la patronne d’Areva Anne Lauvergeon qui ambitionnait de devenir la chef de file de l’équipe de France du nucléaire.

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