Blog

Decouvrir The Cloisters Museum de New York des joyaux de lart medieval europeen au coeur de Manhattan

Decouvrir The Cloisters Museum de New York des joyaux de lart medieval europeen au coeur de Manhattan

Quel dépaysement, après avoir traversé Harlem, d’entrer dans Fort Tryon Park et d’y découvrir une abbaye d’un style médiéval proche de celui du Midi de la France

Au XIXe siècle, la protection du patrimoine architectural français n’en est qu’à ses débuts. Beaucoup de monuments sont alors pillés, malgré la mise en place de la commission des Monuments Historiques. Au début du XXe siècle, les premières lois sur le patrimoine ne suffisent pas encore à maintenir les ouvrages en France. Ainsi, le sculpteur et collectionneur Georges Grey Barnard achète et fait transporter des sculptures de cinq cloîtres médiévaux français à New York.

1913-1938 : la génèse du musée des cloîtres

L’achat, en 1913, des sculptures du cloître de Saint-Michel de Cuxa (Roussillon) marque le début d’une longue aventure. Il est à l’origine de l’ouverture du premier musée des cloîtres, dès 1914. Jusqu’en 1922, Grey Barnard achète, transporte et reconstitue les cloîtres de Saint-Guilhem-le-Désert (Languedoc), Bonnefont-en-Comminges (Midi-Pyrénées), Trie-en-Bigorre (Pyrénées) et Froville (Lorraine). L’ensemble des collections de ce passionné d’art médiéval alimente ce musée hétéroclite, installé sur Fort Washington avenue.

En 1925, le Metropolitan Museum achète l’essentiel de cette collection, grâce au mécénat de John D. Rockefeller Jr., et entreprend de construire un nouveau musée, celui qui domine encore aujourd’hui Fort Tryon Park, près des rives de l’Hudson. Construit dans un style néo-médiéval, il rappelle l’architecture des abbayes d’où proviennent les cloîtres. Les objets de la collection Rockefeller viennent alors s’adjoindre aux sculptures rassemblées par Grey Barnard. L’inauguration a lieu le 10 mai 1938, quelques jours seulement après le décès brutal de Georges Grey Barnard.

Des collections qui ne cessent de s’enrichir

Le mécénat de John D. Rockefeller Jr. a aussi permis de créer des fonds pour l’achat d’autres oeuvres destinées à rejoindre les collections médiévales du Metropolitan Museum et, a fortiori, celles du Cloisters Museum. Des dons et legs postérieurs, de riches mécènes, ont aussi aidé à enrichir encore une collection qui appartenait déjà aux plus prestigieuses du monde.

Outres les sculptures romanes et gothiques, qui constituent l’immense majorité des oeuvres conservées dans les murs du musée des Cloîtres, les objets d’orfèvrerie, les émaux et ivoires y sont aussi très nombreux : reliquaires, tabernacles, tablettes, valves de miroirs, bijoux, etc. La collection de manuscrits est aussi très riche et le Livre d’Heures de Jeanne d’Evreux, chef d’oeuvre peint à la grisaille par Jean Pucelle au début du XIVe siècle, en constitue l’un des principaux joyaux.

Les fenêtres du musée sont le lieu d’exposition des très nombreux vitraux. Ils forment une “mosaïque” très éclectique, avec des oeuvres d’origines et de périodes diverses. De nombreuses peintures et tapisseries attirent aussi le regard du visiteur. Parmi elles se trouvent Le Triptyque de l’Annonciation (v. 1373-1444) de Robert Campin ou bien encore La tapisserie de la Licorne à la Fontaine (v. 1500).

Enfin, quel plaisir de terminer la visite par le cloître de Bonnefont qui offre une vue magnifique sur l’Hudson depuis le jardin des simples. En effet, en plus de présenter une magnifique collection d’oeuvres d’art, les cloîtres sont le prétexte pour présenter trois jardins médiévaux qui conservent plusieurs centaines d’espèces de plantes cultivées au Moyen Age.

Rejoindre The Cloisters Museum, à l’extrême nord de Manhattan, s’apparente à une sorte de pèlerinage. Personne n’y arrive par hasard et l’effort fourni est bien peu de choses face aux trésors dont il est l’écrin.

Related Articles

Close