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Dalailama la difficile succession Linstitution des dalailamas vatelle seteindre

Dalailama la difficile succession Linstitution des dalailamas vatelle seteindre

Alors que la Chine oeuvre pour désigner le prochain chef spirituel tibétain, l’actuel dalaï-lama tente de trouver une solution pour éviter cette menace.

Le dalaï-lama est la première autorité, tant religieuse que politique, des Tibétains, lesquels le reconnaissent comme le plus haut chef spirituel du Tibet. Il est également connu pour être une émanation du bodhisattva de la Compassion, Avalokiteshvara. Il fut aussi, jusqu’au milieu du 20e siècle, le chef politique du gouvernement du Tibet.

La lignée des dalaï-lamas a commencé au 14e siècle et se perpétue depuis par le cycle des réincarnations. A cet effet, le panchen-lama, reconnu par le peuple tibétain comme deuxième plus haute autorité spirituelle, est chargé de rechercher la réincarnation du dalaï-lama après la mort de celui-ci. Ainsi le panchen-lama tient-il l’avenir de tout un peuple entre ses mains.

Tenzin Gyatso est aujourd’hui le 14e dalaï-lama. Il fut intronisé le 17 novembre 1950. Né le 6 Juillet 1935, il fut reconnu comme la réincarnation du 13e dalaï-lama en 1937. Son éducation monastique commença à l’âge de six ans.

En 1959, à 23 ans, il obtient avec mention son examen final et reçoit le lharampa (maîtrise de philosophie et de pratique rituelle bouddhiste). Cette même année, l’occupation du Tibet par la Chine finit par donner lieu à un soulèvement du peuple et Tenzin Gyatso traverse alors l’Himalaya pour rejoindre l’Inde, où il réside toujours.

En effet, il a mis en place à Dharamsala, un Parlement, un gouvernement et un Premier ministre, invitant ainsi les Tibétains exilés à plus d’ouverture et de démocratie. Lui-même n’est alors que le conseiller de ce gouvernement.

Tenzin Gyatso a reçu le prix Nobel de la paix en 1989, le comité Nobel voulant ainsi saluer sa lutte pour la libération du Tibet et ses efforts pour une résolution pacifique du conflit avec la Chine.

Le régime communiste chinois en lutte contre la succession du dalaï-lamaLe 6 juillet prochain, le dalaï-lama fêtera ses soixante-quinze ans. Aussi, bien qu’en bonne santé, il se préoccupe de sa succession car, compte tenu des manoeuvres menées par le gouvernement chinois contre l’institution qu’il représente, il est effectivement possible que Tenzin Gyatso ne connaisse pas de successeur.

Pour le gouvernement chinois, le dalaï-lama est un “séparatiste” dont l’objectif est d’obtenir une nation tibétaine séparée qui, selon eux, ruinerait le concept d'”une seule Chine”.

Aussi la disparition de l’institution des dalaï-lamas serait-elle pour eux chose favorable.

Le 14 Mai 1995, le dalaï-lama désigne Gendhun Choekyi Nyima comme 11e réincarnation du panchen-lama. Il a alors six ans. C’est lui qui, théoriquement, aurait dû rechercher la réincarnation du 14e dalaï-lama lorsque celui-ci s’éteindra, mais trois jours plus tard l’enfant a été enlevé par le gouvernement chinois avec ses parents. Il est devenu dès lors le plus jeune prisonnier politique.

Le 25 novembre de cette même année, un tirage au sort – dont l’honnêteté est mise en doute – a été organisé par les autorités chinoises. A son issue, Gyaltsen Norbu a été choisi pour être le futur panchen-lama. Il avait alors le même âge que Gendhun et venait du même village. Par ce tirage au sort, les autorités chinoises ont clairement condamné la proclamation du dalaï-lama et ignoré les conventions historiques concernant la reconnaissance des réincarnations.

Depuis lors, le gouvernement tibétain épaulé par d’autres gouvernements et des organisations internationales, n’a eu de cesse de faire des appels à la Chine mais cette dernière s’est toujours refusé de fournir une quelconque information sur le lieu de détention de Gendhun; elle a également refusé la venue d’un observateur indépendant auprès de l’enfant.

Force est de constater que la Chine dont le régime est athée et qui, en conséquence, a toujours décrié le système des réincarnations, semblait cette fois désireuse d’abandonner son positionnement concernant le panchen-lama.

De plus, en 2007, la Chine a érigé un règlement imposant que toute réincarnation d’un “Bouddha vivant” tibétain doit obtenir une autorisation officielle du gouvernement communiste. Par cette loi, les Chinois obtiennent le pouvoir d’installer, à la mort du leader tibétain, une réincarnation sous leur entière domination.

Les différentes solutions envisagées

Craignant que la Chine nomme elle-même un nouveau dalaï-lama, les dirigeants tibétains examinent des idées qui rompent avec plusieurs siècles de traditions religieuses bouddhiques.

A commencer par le fait que le successeur de Tenzin Gyatso pourrait être désigné avant son décès. Ainsi, l’actuel dalaï-lama le choisirait lui-même, n’écartant pas la possibilité de le choisir en dehors du Tibet. Le prochain dalaï-lama pourrait donc être né en exil.

Il semblerait cependant que le 14e dalaï-lama songe plus particulièrement à l’actuel karmapa pour occuper sa place. Le karmapa est la troisième plus haute autorité reconnue par les Tibétains dans la religion bouddhiste et le mot, en sanskrit, signifie “la manifestation de l’activité de tous les Bouddhas”. C’est le titre du chef de l’école Karma Kagyu du Tibet, l’une des quatre écoles majeures du bouddhisme tibétain.

L’actuel karmapa est la réincarnation du 16e karmapa. Il se nomme Orgyen Trinley Dorjé et est né le 26 juin 1985. Il vit actuellement à Dharamsala, où il a fui à l’âge de quatorze ans pour rejoindre le dalaï-lama.

Ainsi le 17e karmapa pourrait-il à l’avenir remplacer le 14e dalaï-lama s’il prenait sa retraite en tant que chef du gouvernement tibétain en exil.

Une autre solution envisagée par le dalaï-lama serait l’organisation d’élections avant sa mort, par un collège de grands lamas qui désignerait alors le futur leader tibétain. A ce titre, Tenzin Gyatso n’écarte pas la possibilité que ce soit une femme. Autre bouleversement.

Autre solution, peut-être plus radicale mais non dénuée de sens : l’extinction de l’institution des dalaï-lamas. Le 22 février 2010, le dalaï-lama a en effet déclaré qu’il était prêt à mettre fin à l’institution qu’il représente si les Tibétains en décidaient ainsi, de peur que les autorités chinoises ne mettent un successeur à leur solde.

Il est vrai aussi que l’institution du dalaï-lama n’est pas sans inconvénients car à chaque réincarnation s’ouvre une période de vacance d’environ vingt ans durant laquelle le Tibet est dirigé par un régent. Ainsi, durant cette période, le pouvoir du Tibet est affaibli.

La grande majorité du peuple tibétain est contre l’extinction du système des dalaï-lamas mais plusieurs observateurs semblent penser que les dirigeants bouddhistes pourraient être acculés à cette solution.

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