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Chantal Jouanno ministre et parisienne portrait de A a Z

Chantal Jouanno ministre et parisienne portrait de A a Z

La ministre des Sports a évoqué «un ticket avec François Fillon» pour reprendre Paris en 2014. Portrait d’une battante à travers son abécédaire.

  • A comme «Annecy ».

Chantal Jouanno, ministre des Sports, a apporté fin décembre «le soutien sous condition» à la candidature d’Annecy aux Jeux Olympiques d’hiver 2018. Les membres du CIO doivent se décider le 6 juillet 2011, à Durban, entre les villes d’Annecy, Pyeongchang (Corée du sud) et Munich (Allemagne). Mais la station de ski française est mal placée. Alors qu’en juin 2010, le CIO a donné à Munich et Pyeongchang une première évaluation de 8 à 9 sur une échelle de 10, Annecy n’a obtenu qu’une fourchette de 4 à 7 et été sommée de revoir sa copie. Parmi les reproches, des sites trop dispersés et un budget trop modeste. Le président de la candidature savoyarde, le champion de ski bosses Edgard Grospiron a démissionné et le dossier revu. Depuis, Chantal Jouanno a promis une aide financière de l’État et le canton de Genève, en Suisse, fait du lobbying en faveur de la France.

  • B comme «Bleus».

Nicolas Anelka et Thierry Henry «sont en train de renoncer» à leurs primes liées à la Coupe du Monde 2010, selon la ministre des Sports, Chantal Jouanno. «C’est réglé, ils sont en train de le faire», a affirmé Chantal Jouanno, mercredi 21 décembre, à la sortie du Conseil des ministres. Pourtant, Nicolas Anelka avait déclaré la veille ne pas renoncer à ces primes afin de les reverser lui-même au football amateur et à des oeuvres.

  • C comme «Cartonnerie familiale».

Chantal Jouanno est née le 12 juillet 1969, à Vernon (Eure) de parents entrepreneurs en cartonnerie, précise Wikipedia. Titulaire d’un BTS en commerce international obtenu à Paris, elle a fait des stages en entreprises en Afrique et en Amérique latine avant de passer une maîtrise d’administration économique et sociale. Une mission au ministère du Travail en 1992 avec Martine Aubry, un emploi à EDF et la voilà qui intègre Sciences Po (1994) puis l’Ena (1997). Mariée et mère de trois enfants, elle devient sous-préfet de la Vienne, puis du Poitou-Charente, puis entre au ministère de l’Intérieur comme conseillère du directeur central de la sécurité publique.

  • D comme «Droite».

Yannick Jadot, ex-Greenpeace, député Europe-Écologie-Les Verts à Strasbourg, la décrit comme une écologiste de droite: «Elle a des convictions, mais elle est plus loyale qu’écolo. Si Sarkozy lui demande de défendre la construction de 50 centrales nucléaires, elle le fera.» Challenges confirme ce double engagement : «Chargée de rédiger une note stratégique sur l’écologie version UMP, dont elle n’a la carte que depuis janvier (2007), Chantal Jouanno assure qu’elle ne changera pas «d’un iota»:«Les associations et Les Verts savent très bien que je suis écolo-sarkozyste, pour la croissance verte, la liberté individuelle et le progrès technique. Quant aux conservateurs de l’UMP, je leur expliquerai sans relâche que le changement climatique va toucher leurs enfants, ou que l’épuisement des énergies fossiles est bien plus rapide que prévu. Je serais prête à abandonner mon poste si on me demandait de porter le projet d’installer dix centrales au charbon.» Hypothèse peu probable», conclut le magazine.

  • E comme «Écologie».

Le 21 janvier 2009, elle est nommée secrétaire d’État chargée de l’Écologie du gouvernement Fillon II, en remplacement de Nathalie Kosciusko-Morizet qui, brouillée avec Jean-Louis Borloo à cause d’un amendement qu’elle a laissé passer sur la limitation des cultures OGM, se retrouve au ministère de l’Économie numérique. En tant que secrétaire d’État chargée de l’Écologie, elle doit porter devant le Parlement l’examen des lois dites « Grenelle I » et « Grenelle II » issues du Grenelle de l’Environnement qu’elle a suivi pour l’Élysée et à l’Ademe, et souhaite défendre « la biodiversité, la santé environnementale et la conso durable».

  • F comme François Fillon.

Reprendre la mairie de Paris à la gauche en 2014, c’est l’obsession de l’UMP qui prend, fin décembre 2010, des allures de pugilat verbal entre Chantal Jouanno et Rachida Dati. La première brigue un siège de sénateur dans la capitale en 2011 tandis que la seconde vise pour 2012 le poste de député de la 2e circoncription (Ve, VIe et VIIe arrondissements) imperdable par la droite. Seulement voilà, François Fillon se verrait bien reconquérir Paris en 2014 en se faisant élire dans cette circonscription… Chantal Jouanno, qui roule pour le Premier ministre, a déclaré: «Rachida est maire du VIIe et députée européenne. C’est déjà très bien, ajoutant selon l’Agence France-Presse du 26 décembre qu’«une élection à Paris, ce n’est pas du casting et il ne faut pas considérer qu’on est là pour faire des coups». «Je suis surprise de cette agression», a répliqué Rachida Dati, en revendiquant, auprès de l’AFP, «son bilan en tant que maire du VIIe, ex-ministre de la Justice ou encore conseillère politique de l’UMP»: Sans doute, Mme Jouanno, qui n’a ni bilan ni idées souhaite se faire une notoriété en m’agressant! Le président de la République n’a pas apprécié et l’a fait recadrer», a-t-elle affirmé. Le patron de l’UMP à Paris tente de ramener le calme.

  • H comme «Hauts-de-Seine».

Quand en 2004, Nicolas Sarkozy quitte le ministère de l’Intérieur (où elle travaille comme conseillère, voir la lettre I), elle devient jusqu’en 2006 sa directrice de cabinet et de communication au Conseil général des Hauts-de-Seine où elle est notamment chargée d’organiser la concertation publique pour élaborer le programme sur cinq ans du Conseil général. Elle y installe le premier conseil départemental du développement durable.

  • I comme «Intérieur».

Conseillère du directeur central de la sécurité publique en 2001 (voir la lettre C), elle retourne place Beauvau pour rédiger les discours du nouveau ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy. Le Parisien raconte que Chantal Jouanno partage avec lui la passion de la course à pied, mais cette dernière précise qu’elle n’a pas été embauchée pour cette raison : ««Ah non, rigole-t-elle! Lorsqu’il m’a recruté, en 2002, pour écrire ses discours, alors qu’il était ministre de l’Intérieur, c’était uniquement pour mes qualités rédactionnelles. Il n’a su que bien plus tard, alors qu’il était déjà président, que j’étais championne de karaté… Le sport, je n’en ai jamais fait un argument de vente.»

  • K comme «Karate»

Car elle est sportive depuis la petite enfance. «Bardée de diplômes, Chantal Jouanno l’est encore plus de médailles, poursuit Le Parisien: treize titres de championne de France de karaté, dont le dernier, par équipe, a été conquis début mars dernier, à l’âge de 40 ans, alors qu’elle ne pratiquait plus depuis douze ans. «Le sport, dans ma famille, faisait partie intégrante de la vie quotidienne. J’ai fait de la danse, de la natation, de la gym, de l’équitation puis du karaté.»

  • M comme «Métro».

Parfois, la sportive commet des faux-pas. Ainsi en janvier 2010. La secrétaire d’État à l’Écologie, qui est tête de liste aux régionales de mars, fait campagne. Interviewée sur son programme en matière de Transports par 20minutes, elle déclare: «Il faut automatiser les lignes 1, 4 et 14, qui seront ouvertes toute la nuit le week-end. A terme, il faudra aussi le faire sur la 13. » Le hic, c’est que la ligne 14 est déjà automatisée. Ce qui fait écrire à Rue89:«Aussitôt, elle devient un vedette de la toile, notamment sur Twitter où un grand concours est organisé «avec Chantal Jouanno, toi aussi invente ce qui existe déjà». L’intéressée a beau essayer de rattraper le coup, c’est trop tard, il est parti. »

  • O comme «Ours».

En janvier 2010, la secrétaire d’État à l’Écologie provoque la colère des éleveurs de moutons en annonçant de «nouvelles réintroductions» d’ours dans les Pyrénées. En juillet, elle précise, selon le Nouvel Observateur, que «la population ne sera pas renforcée mais que les ours seront remplacés en cas de disparition». En 2010, l’ours a tué 167 moutons dans les Pyrénées et 146 en 2009, rapporte l’AFP, ce qui est peu au regard du cheptel de 600 000 têtes et des 20 000 à 30 000 morts annuelles. Un ours devrait rapidement remplacer l’animal tué dans un accident de voiture.

  • S comme «Sports».

Elle est nommée le 14 novembre 2010, ministre des Sports, ce qui fait écrire à Wikipedia:«Le sport retrouve par conséquent en France un ministère à part entière après que la charge ait été conjointement assurée depuis 2007 par la ministre de la Santé et des Sports (Roselyne Bachelot) et par le secrétariat d’Etat aux Sports (Bernard Laporte puis Rama Yade).

  • T comme Jean Tibéri.

Dans la bataille de Paris pour 2014, Jean Tibéri est un allié de Chantal Jouanno, comme l’explique l’AFP: «Le décryptage, c’est un élu UMP qui le fait, sous couvert d’anonymat: «les adversaires à l’UMP de Dati, qui sont nombreux» lui barrent la route des législatives pour l’empêcher d’être en position de force pour la mairie de Paris deux ans plus tard. Jean «Tibéri (député-maire du Ve) est prêt à laisser sa place à Fillon, surtout pas à Dati», affirme-t-il».

«Au contraire, poursuit l’AFP, pour le président du groupe UMP à l’Assemblée, Christian Jacob, un proche du patron du parti, Jean-François Copé, Rachida Dati a «toute la légitimité, en tant que maire du VIIe, de se présenter à Paris».

  • U comme UMP.

Membre récente de l’UMP (janvier 2007), elle se dit plus sarkoziste que militante. En mars 2010, pour les élections régionales, Chantal Jouanno était tête de liste pour Paris sur la liste UMP-Valérie Pécresse. Elle n’a obtenu que 42,95% des voix face à Anne Hidalgo (57,95%) de la liste PS-Jean-Paul Huchon. Pour expliquer son échec, la secrétaire d’État a évoqué la «rumeur ignoble» qui faisait état, sur Internet, sur Twitter et dans la presse anglaise, d’une relation entre elle et le président de la République.

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